‹ Études sur la tuberculoseChapitre 37 sur 52 · DE LA SPONTANÉITÉ DES MALADIES VIRULENTES · texte numérisé non relu

DE LA SPONTANÉITÉ DES MALADIES VIRULENTES

avaient été rares pendant de longues périodes. Il y a des années fécondes en champignons, et il y en a de remarquables par l’absence de ces végétations. L’oïdium de la vigne n’exerce pas ses ravages avec la même continuité d’énergie. Pour tout ce qui naît, croît et meurt' il y a toujours deux facteurs dont il faut tenir compte : le germe d’une part, et les conditions infinies des milieux qui favorisent ou gênent son développement, dans des mesures excessivement variables. Une épidémie de variole, de typhus, de choléra, etc., dans une agglomération humaine, ne m’étonne pas plus que la multiplication des champignons sur un fumier, des mousses sur un tronc d’arbre, des rats dans une meule de blé.

Abordons de plus près la spontanéité des maladies virulentes. En prenant ce mot dans le sens que beaucoup lui donnent , il faut donc admettre que l’organisme peut de lui-même, proprio motu , faire du virus , nu plutôt faire des virus: tantôt du virus varioleux, tantôt du virus rabique, tantôt du virus tuberculeux, etc. Mais nous avons surabondamment insisté làdessus; aucun tissu , aucun élément n’entre en activité sans une sollicitation extérieure , même pour les actes physiologiques les plus ordinaires ; et quand, sous une incitation quelconque, les parties élémentaires réagissent, c’est toujours en manifestant leur propriété biologique essentielle. Il

COROLLAIRES

est aussi impossible à une partie quelconque de 110s tissus de faire un virus, qu’à un muscle de faire de la salive, à une glande sébacée de faire de la bile, à une fibre nerveuse de se contracter, à un os de transmettre des ondes lumineuses, etc. etc. Nous l’avons déjà dit, si un virus se multiplie dans l’économie, ce n’est pas par une action procréatrice des tissus vivants; le virus naît de lui-même. L’économie n’est pour lui [qu’un milieu ; elle lui est, toutes différences réservées, ce que les substances fermentescibles sont aux ferments, ce que nos tissus sont aux parasites de toutes sortes. Le produit morbide qui se forme par l’introduction d un virus dans l’éeonomie, n’est pas le virus : c’en est un effet. Tout virus qu on retrouve dans un organisme a fatalement dû y être introduit à un moment donné.

Si 1 organisme ne joue qu’un rôle accessoire dans la multiplication des contages, à plus forte raison ne peut-il les créer de toute pièce. La spontanéité exclut donc d’une manière absolue, au nom de la physiologie et des analogies les plus nombreuses, la création d’une substance virulente quelconque. Il est i)ien entendu que nous ne comprenons pas ici les matières septiques, qui peuvent résulter d un produit morbide que la vie a abandonné, comme une collection purulente, la sanie d’un ulcère, d’une caverne, etc.

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