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ÉVOLUTION DU PROCESSUS TUBERCULEUX

jonctifs, dont ils ne diffèrent, dans les parties les plus éloignées du centre du nodule, que par des dimensions plus grandes. D’une manière schématique, on peut représenter la nodosité tuberculeuse par trois zones concentriques, correspondant à trois degrés différents dans Dévolution des éléments qui concourent à sa formation : une zone externe, où l’on voit des cellules déjà plus volumineuses que celles du tissu normal et dans lesquelles apparaissent plusieurs noyaux; une zone moyenne, représentée par des éléments de diverses dimensions, plus ou moins serrés tes uns contre les autres, et renfermant un nombre variable de noyaux, c’est la zone proliférante; enfin, une zone interne, centrale, où se trouvent accumulés les noyaux et tes petites cellules qui semblent être, comme les globules de pus dans l’inflammation, le produit final de la multiplication des éléments. Cependant il est bien rare de ne pas retrouver parmi ces petits éléments, déjà variables eux-mêmes, des cellules de dimensions plus grandes.

Le mécanisme de la formation des tumeurs tuberculeuses est facile à saisir. En un point donné, les cellules plasmatiques, impressionnées par la cause morbide, réagissent en augmentant de volume et en proliférant. Le premier phénomène par lequel se traduit cette prolifération, c’est la scission des noyaux et leur multiplication. Les

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grosses d’un nombre de noyaux variant de x|4 dix, à quinze même, se distendent et se ^aùpîelhent les unes des autres. 11 arrive un mo- #i lient /où leur enveloppe disparaît en mettant en Ifffi'té leur contenu. Cette nouvelle génération enigendre à son tour et par le même procédé d’autres générations, jusqu’à ce quela prolifération s’éteigne dans la création de petits éléments qui subissent la transformation graisseuse ; mais comme nous le verrons plus loin, il arrive bien souvent que cette métamorphose survient avant que le travail de prolifération ne soit achevé, qu’elle s’étend dans la zone moyenne en s’emparant des éléments en voie de multiplication.

L’hypertrophie des corpuscules normaux des tissus et la multiplication de leurs noyaux débutent d’abord par un point de peu d’étendue, puis elles s’étendent progressivement aux cellules avoisinantes, par une sorte d’impulsion centrifuge décroissante. Généralement la tubérosité n’acquiert pas des dimensions considérables ; lorsque la cause est énergique et étendue, elle marque son action par la multiplicité dqs foyers, et alors de nombreuses granulations, formées en même temps, confinent et se mêlent en donnant des masses souvent considérables, des plaques, des îlots étendus; c’est ce qu’on appelle l 'infiltration tuberculeuse.

Si 1 on dissocie à l’aide d’aiguilles une granu-

ÉVOLUTION DU PROCESSUS TUBERCULEUX. |01 lation tuberculeuse pour en étudier lès éléments, on trouve des petits noyaux brillants ou granulés à contours foncés, puis des petites cellules dont l’enveloppe est très-rapprochée du noyau ; celuici a ies mêmes apparences que ceux qui sont libres; enfin, on remarque aussi des cellules plus ou moins volumineuses et contenant un nombre variable de noyaux. Tous ces éléments ont la plus grande analogie avec ceux de la lymphe et des tissus lymphatiques (ganglions, follicules clos, etc.).

Ce que nous venons de décrire ne s’observe que sur des granulations à la période de crudité ; quand la dégénérescence régressive survient, il se fait des changements importants : au lieu de rencontrer, au centre de la tubérosité, les éléments tels que nous venons de les signaler, il n’y a plus que des petits corps foncés, brillants, anguleux; ou bien même, on n’en trouve que quelques débris, mêlés à des granulations moléculaires graisseuses, brillantes ou noires. La transformation graisseuse commençant par le centre des nodosités s’étend vers les parties périphériques, et au bout d’un certain temps toute la tumeur n’est plus qu’une masse caséeuse amorphe. C’est pour avoir étudié le processus à cette période de son évolution qu?on a dit qu’il était exclusivement formé d’une matière granuleuse sans organisation. Plus tard surviennent d’autres changements qui donnent

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à ce produit les consistances plâtreuse et crétacée.

La métamorphose régressive des tubercules ne se présente pas toujours sous le même aspect. Dans certains cas, il se forme des granulations graisseuses très-petites et relativement rares. Les éléments prennent un reflet brillant, se ratatinent et se déforment comme s’ils étaient desséchés. C’est une sorte de momification , comme l’a si judicieusement dit M. Kiiss. D’autres fois les globules graisseux sont plus volumineux et plus nombreux, la matière grasse semble exister en plus grande abondance. Nous pensons que ces deux formes de la transformation régressive convergent vers deux terminaisons différentes : la première nous semble aboutir plus facilement à la crétification, et la seconde au ramollissement.

En résumé, la granulation tuberculeuse se forme par le moyen de la prolifération des éléments cellulaires conjonctifs, dont la multiplication aboutit à la création d’un nombre variable de petits éléments, accumulés au centre du nodule et emprisonnes dans une substance intercellulaire granuleuse, solide et rare. C’est un processus qui s’opère parle même mécanisme qu’un petit foyer de suppuration ; seulement dans ce dernier cas la multiplication cellulaire donne des globules un peu plus volumineux que ceux du tubercule; mais surtout,

ÉVOLUTION DU PROCESSUS TUBERCULEUX. 103 ce qui est plus facile à apprécier, la substance intercellulaire est liquide. .

Les processus que l’on rencontre chez les tuberculeux ne reproduisent pas toujours exactement la granulation-type que nous venons de décrire, même lorsqu’ils ont la forme et les dimensions de petites nodosités. Ainsi l’on observe des granulations qui renferment à peine quelques éléments de petites dimensions à leur centre ; elles se composent, en majeure partie, de cellules de grandeur variable et en voie de multiplication active, qui se détruisent par la métamorphose rétrograde, avant que la prolifération ne soit arrivée à son dernier terme. Une coupe, pratiquée dans une nodosité dé cette espèce, paraît constituée, presque dans tout son ensemble, par des éléments semblables à ceux qu’on trouve dans la zone moyenne. 11 y a prédominance des cellules volumineuses sur les noyaux et les petites cellules, tandis que, au contraire, dans la granulation-type, les éléments de grandes dimensions sont exceptionnels dans les parties centrales et même rares dans la zone moyenne. Cependant il arrive que la transformation nécrobiotique s’empare quand même des nodosités ainsi constituées et dont l’évolution semble inachevée. Mais ce n’est là que l’exagération d’un fait que l’on observe souvent dans une granulation-type. Lorsque la métamorphose régressive survient dans celle-

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ci, la dégénérescence graisseuse ne se borne pas à la zone centrale, aux petits éléments, elle atteint aussi, dans la zone moyenne, les cellules volumineuses, dont les unes sont remplies de noyaux et en pleine activité de multiplication. Il y a là une nécrobiose prématurée qui pourrait peut-être s’expliquer par les circonstances suivantes :

Ce qu’il y a de remarquable, dans le processus tuberculeux, c’est l’absence plus ou moins complète de vaisseaux perméables dans son intérieur, et leur oblitération, même en dehors du nodule, par des coagulums fibrineux. Ce phénomène se produit dans les petites granulations isolées aussi bien que dans les masses d’infiltration d’une grande étendue.

Des coupes pratiquées dans de vastes portions de tissu atteintes de tuberculisation ne laissent point écouler de sang, les vaisseaux semblent avoir disparu, il y a une anémie presque complète. Les parties qui deviennent le siège du travail morbide pâlissent dès le début, il y a stase sanguine à la périphérie des tubercules en formation, qui s’accuse souvent par une aréole congestive. L’excès de pression qui a lieu en arrière des points obstrués amène souvent des ruptures vasculaires, d’où les hémoptysies dans la tuberculisation pulmonaire. C est probablement à Cette interception du liquide sanguin que sont dues l’absence de sucs et la sécheresse du tissu tuberculeux.

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