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Purification de Vair. — Le docteur Reid* recommande

1° D’empêcher l’introduction de la suie, que répand dans

l’atmosphère des villes anglaises l’usage du charbon de terre, en obligeant l’air à traverser des toiles à larges mailles ou un canevas ;

2° De mouiller l’air, en le forçant à passer dans une sorte de poussière d’eau.

Ces deux conditions sont encore remplies au parlement, comme je l’indiquerai plus loin.

8. Volume d' air extrait . — Suivantle docteur Reid, le volume d’air qu’il convient d’admettre varie non-seulement avec le nombre des personnes, avec les saisons, avec l’état de l’atmosphère, mais encore avec les heures de la journée. Dans les séances avant les repas, il faut moins d’air que pour celles qui ont lieu après le dîner.

Le plus grand volume nécessaire à la Chambre des communes correspondrait, à Londres, à la saison d’automme, où l’air est chaud et humide, le vent peu sensible, venant généralement de l’est, le baromètre bas, le sol humide et la marée élevée. A ce moment, 50 000 pieds cubes par minute, ce qui revient à peu près à 84 000 mètres cubes à l’heure, sont à peine suffisants si la Chambre des communes est pleine.

Or, d’après des relevés rapportés par le docteur Reid, le nombre des personnes présentes s’est élevé au plus à 800. Le volume ci-dessus correspondrait donc à 105 mètres cubes par heure et par individu, ce qui excède les évaluations que fai données dans un travail précédent, et que quelques personnes sont tentées de trouver exagérées.

Malgré ce chiffre élevé, la ventilation, même avec les amé-

Page 210.

liorations qu’elle a reçues, ne paraît pas satisfaisante. Le mode d’introduction à travers des tapis que l’on a adopté et que j’indiquerai plus loin, doit apporter très-probablement, à l’arrivée de l’air nouveau par les orifices disposés à cet effet, un obstacle qui empêche son volume d’atteindre celui de l’évacuation et déterminer, comme j’ai eu l’occasion de le constater, des courants d’air très-considérables, entrant par les portes et par les ouvertures accidentelles.

9. Dispositions proposées pour la Chambre des communes. — M. le docteur Reid* donne la description d’un projet qu’il avait proposé pour la ventilation de la Chambre des communes et dans lequel l’admission de l’air devait avoir lieu par le plafond et l’extraction par le plancher. Les dispositions déjà

Fig. i.

existantes et que l’on ne voulut ou que l’on ne put sans doute pas changer, dans un bâtiment construit, empêchèrent l’adoption de ce système rationnel et obligèrent l’auteur à laisser produire à l’inverse l’entrée par le sol et l’échappement par le haut, ce qui ne lui a pas réussi, non plus qu’à ses successeurs. A l’appui de la disposition qu’il proposait, le docteur Reid

4 N° 682, page 302.

INTRODUCTION

a fourni l’exemple d’une grande salle de réunion qu’il avait fait construire à Edimbourg et dont il donne la coupe que nous reproduisons dans la figure 1.

L’on voit de suite le mode d’introduction et de sortie proposé par l’auteur et qui consistait dans l’évacuation et l’introduction de l’air par appel.

10. Disposition pour éviter les inconvénients de remploi du gaz d'éclairage à l’intérieur. — Une autre question, qui lui était aussi soumise, était celle de l’emploi du gaz d’éclairage à l’intérieur des salles et des moyens à employer pour en éviter les inconvénients.

Il en indique les solutions suivantes que l’on comprendra

Fig. 2.

Fig. 3.

de suite à l’examen des figures. Pour le cas d’un éclairage à

l’aide de lustres placés au-dessous d’un pendentif, il propose ou de conduire les gaz brûlés par un tuyau traversant le pendentif et les évacuant directement à l’extérieur (fig. 2), ou de les verser dans des conduils, qui, après avoir longé les longs pans de la toiture, redescendraient aux conduits inférieurs généraux de l’appel (fig. 3). Dans ce dernier cas, la chaleur résultant de la combustion du gaz pourrait être en partie utilisée pour élever l’hiver la température des locaux éclairés. Il indique que la même disposition peut être appli-

Fig. 4.

quée au cas où il y a des lustres ou un éclairage à travers des panneaux horizontaux ou inclinés. La figure 4 fait comprendre la disposition exécutée pour éclairer tout le pourtour d’un plafond par une corniche en panneaux transparents.

Le gaz afflue par deux tubes, l’un c destiné à alimenter les becs permanents, l’autre b qui ne sert qu’à l’allumage. Le premier porte environ 60 becs et le second est percé d’une infinité de trous. En allumant celui-ci en un seul point, la flamme se communique, de proche en proche, sur toute sa longueur et allume tous les becs permanents du tuyau c. Gela fait, on ferme le robinet du tuyau d’allumage b et les becs permanents restent seuls lumineux.

Par ce dispositif, une seule ouverture est nécessaire pour l’allumage général, et le léger échappement de gaz qui se produit ne présente pas d’inconvénients, parce que la cor-

INTRODUCTION

niche creuse est toujours soumise à l’action de l’appel général de ventilation.

L’auteur indique enfin, par une sorte de plan général qu’il est inutile de reproduire, que, pour la Chambre des communes, les lustres principaux placés au plafond devaient avoir leurs conduits spéciaux d’évacuation des gaz brûlés, et que ces conduits recevaient par des branchements particuliers les gaz de tous les autres appareils. Des vannes régulatrices étaient d’ailleurs disposées de manière à modérer le tirage particulier de chacun des appareils.

11. Enquête de 1854. — En 1854, la Chambre des lords a fait une enquête très-détaillée sur les résultats obtenus avec les différents appareils de chauffage, de ventilation et d’éclairage employés ou à employer dans le nouveau palais du parlement. Les questions relatives à ces parties du service sont traitées et décidées séparément par chacune des deux Chambres, quoique les lieux de leurs séances et toutes leurs dépendances soient situés dans le même bâtiment et trèsrapprochés les uns des autres.

Déjà, à cette époque, la salle de la Chambre des communes était chauffée et ventilée par les appareils que nous décrirons plus loin, mais la Chambre des lords l’était encore au moyen de ceux que le docteur Reid avait établis, et au nombre desquels étaient des ventilateurs.

Dans cette enquête, M. Goldsworthy Gurney, à qui la Chambre des lords a définitivement confié la direction des travaux et du service du chauffage et de la ventilation des parties du palais qui lui sont affectées et qui avaient déjà reçu les mêmes attributions de la Chambre des communes, a exprimé des opinions que nous allons chercher à résumer ainsi qu’il suit :

Les émanations de la transpiration cutanée altèrent davantage la pureté de l’air que les effets de la respiration.

L’extraction de ces émanations au niveau et au travers du plancher les entraîne avant qu’elles n’aient pu s’élever et se

mêler à l’air qui doit être respiré, et plus tôt elles peuvent être enlevées mieux cela vaut. Il insiste pour montrer qu’une grande partie de l’air vicié tend naturellement à se maintenir près du sol, tandis que l’air provenant de la respiration et de la chaleur développée par le contact des corps tendrait à faire monter l’azote, à moins qu’une cause contraire ne s’y opposât.

Son opinion définitive est qu'il est désirable que l'air nouveau arrive par le haut et que V air vicié soit extrait par le bas *.

Il ajoute ** que, dans les lieux où il a établi une ventilation, l’air entre par le plafond et sort par le plancher, mais que dans certains cas on peut renverser le mouvement avec une grande facilité, par l’action d’un petit foyer, tandis que l’emploi d’une machine de vingt chevaux, alors en usage au parlement, cause une sujétion dont on peut se dispenser.

11 assure que les courants descendants ont été trouvés plus agréables et plus efficaces que les courants ascendants.

Relativement à l’influence relative de la température, de la vitesse et du degré d’hygrométricité de l’air, il s’exprime en ces termes *** :

« Des courants partiels à la surface du corps sont incommodes, parce qu’ils lui enlèvent la chaleur par l’effet de l’évaporation. Il y a en outre une autre cause de la sensation du froid, c’est l’état hygrométrique de l’atmosphère. J’ai entendu, dit-il, des personnes se plaindre du froid dans des lieux où le thermomètre marquait 21 degrés, et j’en ai également vu d’autres qui avaient trop chaud, quand la température n’était que de 15°, 5. La cause n’était pas, dans le premier cas, l’évaporation produite par les courants d’air, mais l’état de sécheresse de l’air qui produit exactement le même effet. Lorsque l’hygromètre marque 8 à 9 degrés (mesure anglaise), l’air est sec, il dessèche la peau comme un courant et produit la

* N° 432, page 41 de l’enquête de la Chambre des lords.

** Nos 469 , 470 , 471, 472.

*** N° 694 , page 67.

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même sensation. Le terme le plus convenable d’hygromélricité est à 4 ou 5 degrés. »

M. Ch. Barry, architecte du palais, déclare qu’il est tout à fait impossible d’éviter le désagrément de courants partiels, quand l’air est admis par le plancher et près des personnes * *.

M. Ed. Pleydell Bouverie, membre du parlement, interrogé dans l’enquête, dit** que le projet de M. G. Gurney, dans sa perfection, était de faire arriver l’air par le haut, mais qu’il n’a eu ni le temps, ni les moyens de le faire à la Chambre des communes et qu’il a été obligé de le faire affluer par le bas.

Lord Ch. Fox Russell*** déclare que la ventilation a été très-améliorée par M. G. Gurney, et il pense que sous ce rapport le plus grand perfectionnement consiste en ce que l’on a obtenu l’effet si désirable de la fraîcheur de l’air chaud, ce qui n’avait jamais existé dans cette Chambre. L’air chaud semblait toujours auparavant torride, brûlé, tandis que maintenant l’on a de l’air chaud ei en même temps rafraîchissant. (Cela tient évidemment au procédé employé pour donner en tout temps à l’air le degré d’humidité convenable.)

A côté de ces déclarations favorables aux dispositions que M. G. Gurney a été obligé d’adopter, contrairement à son opinion, il y a certaines objections assez graves contre l’introduction de l’air par le plancher, et qu’il importe de prendre en considération.

M. R. Vernon-Sinilh, membre de la Chambre des communes, reconnaît que les dispositions adoptées par M. G. Gurney ont apporté un grand perfectionnement au système précédent, que l’on n’éprouve plus dans la chambre cette sensation oppressive que l’on ressentait toujours avec le précédent dispositif, et qu’il est sensible pour chacun que l’air paraît plus frais et plus léger.

Mais qu’il s’élève beaucoup de poussière au-dessous des

; N° 505 , page 47 de l’enquête de la Chambre des lords.

* N° 766, page 75.

'** N° 839, page 83.

personnes ; que quand on arrive dans la chambre, quoique les tapis posés sur le grillage en fonte soient, à ce que l’on assure, battus tous les matins, l’on aperçoit encore une grande quantité de poussière qui s’élève ; quand on frappe quelque peu avec les pieds, il s’en dégage encore davantage.

Get inconvénient existait avec l’ancien dispositif^ et il n’a pas disparu avec le nouveau, où l’on a été obligé de conserver l’admission de l’air par le plancher.

M. Ed. Slilling-Flut-Cayley, membre du parlement, reproche à l’introduction de l’air par le plancher, que cet air est souvent trop froid, ce qu’il attribue à l’emploi de la fonte, malgré la double épaisseur du tapis. Cette explication est probablement erronée, et la sensation éprouvée tient uniquement à ce que l’air affluent est toujours un peu plus frais que l’air intérieur, et surtout à une température inférieure à celle du corps.

De ce résumé de l’enquête de la Chambre des lords l’on peut conclure que les opinions ont été unanimes pour reconnaître la supériorité des dispositions adoptées par M. G. Gurney, qui a procédé par aspiration, sur celles de M. Reid, mais que M, G. Gurney, s’il avait été complètement libre, aurait préféré, comme M. Reid lui-même, l’introduction de l’air par le haut et l’appel par le plancher, à la disposition contraire qu’il a dû conserver, et que, malgré les précautions qu’il a prises, il n’a pu éviter les inconvénients de l’élévation de la poussière et du refroidissement des pieds par l’effet de l’air affluent à travers le plancher.

D’une autre part, les effets favorables des moyens employés pour conserver à l’air le degré convenable d’hygrométricitê et pour le rafraîchir en été, paraissent avoir eu l’approbation générale et mériter une sérieuse attention.

12. Chauffage et ventilation des salles des séances du parlement. — D’après ce qui précède, on voit que l’on a essayé, pour assurer le chauffage et la ventilation de ces salles et des bureaux qui en dépendent, divers procédés avant d’arriver à

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celui qui est aujourd’hui en usage depuis trois ans et dont on se dit satisfait.

Yers 1845 à 1847, on a essayé le système de l’insufflation à l’aide de deux ventilateurs qui existent encore, mais qui ne fonctionnent plus depuis longtemps. L’un se composait de deux roues à aubes planes, de 6 mètres de diamètre sur 1 mètre environ de largeur chacune ; l’autre de 6 mètres de diamètre, à aubes courbes, entourés de deux enveloppes tronconiques, offrant à la circonférence extérieure une largeur de 0m,75. L’air que ces ventilateurs devaient refouler était, au préalable, chauffé par des jeux de tuyaux à vapeur verticaux en très-grand nombre et de 0m,10 à 0m,12 de diamètre.

Tous ces appareils sont complètement abandonnés. On a également renoncé à l’emploi de l’eau chaude, auquel on reprochait, dit-on, la lenteur de réchauffement.

Le système qui fonctionne aujourd’hui d’une manière qui paraît assez satisfaisante, au moins quant à la température, est uniquement basé sur l’aspiration.

Sous chacune des salles d’assemblée des lords ou des communes se trouve, au rez-de-chaussée, une salle de même dimension et d’environ 5m,50 de hauteur, partagée par un

Fig. 5.

pe.fh «a

plancher intermédiaire, dont la plus grande partie est formée par des grilles. Sur le sol inférieur régnent quatre rangées

parallèles de tuyaux chauffés à la vapeur et qui n’ont que 0m,025 diamètre intérieur. Ces tuyaux sont, de distance en distance, renflés et entourés de plaques de tôle carrées destinées à absorber par conductibilité (fig. 5) et à transmettre à l’air la chaleur abandonnée par la vapeur condensée, que des tuyaux de retour ramènent aux chaudières.

Les tuyaux principaux d’arrivée de la vapeur ont environ 0™,025 de diamètre intérieur. Ils sont soigneusement enveloppés. Ceux de retour d’eau ont à peu près 0m,014 de diamètre.

L’air nouveau, que l’on veut faire pénétrer dans les salles, entre dans ces chambres inférieures par de très-larges ouvertures, égales en surface au moins à la moitié de chacun des grands côtés, et devant lesquelles sont étendues verticalement des espèces de rideaux en canevas à grandes mailles, que l’air est obligé de traverser avant d’entrer dans les salles et contre lesquelles il se débarrasse de la poussière. Cet air est pris au rez-de-chaussée et au niveau des cours.

Afin qu’il ne devienne pas trop sec, même l’hiver, par suite de réchauffement qu’il éprouve, on a placé les tuyaux de retour de vapeur dans une auge où il y a de l’eau, qui, échauffée par celle qui provient de la condensation, se transforme en partie en vapeur. L’été, pour rafraîchir l’air, on a disposé devant chaque orifice d’entrée de l’air un petit tuyau percé d’un orifice capillaire et qui, au moyen d’un robinet, permet de répandre en avant du canevas et en dehors de la salle une sorte de poussière aqueuse qui, en se vaporisant, refroidit très- notablement cet air au moment où il arrive.

Cette évaporation de l’eau produit un effet très-remarquable : car, d’après ce que l’on m’a assuré, quand la température extérieure était de 26° environ, l’on a pu abaisser celle de l’air dans les chambres à air à 18° et même à 12°. Si ce résultat, que je chercherai à faire constater, est exact, il y aurait là un moyen assuré de rafraîchir l’air à introduire pendant l’été dans les lieux à ventiler. Il convient d’ailleurs de remarquer que le volume d’eau ainsi répandu dans l’air

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est excessivement faible, qu’il est divisé en poussière aqueuse à peine perceptible, et qu’il en arrive très-peu sur le sol, qui est dallé et pourrait être bitumé.

L’air qui est entré ainsi par appel dans la chambre inférieure pénètre dans la salle d’assemblée, située immédiatement au-dessus, à travers des grillages en fonte qui régnent sur toute son étendue et qui laissent libre pour son passage au moins le tiers de leur surface totale. Cet air débouche sous tous les gradins latéraux et sous tous les bancs et passages. Sur les marches et dans une partie des couloirs, les grilles sont simplement recouvertes d’une sorte de filet ou tapis de sparterie à larges mailles, laissant des ouvertures à peu près égales en surface à celles des orifices des grilles. Mais, aux places des membres des assemblées, il y a sur les grilles un premier tapis aussi en sparterie, à tissu très-ouvert, que l’on recouvre d’un vrai tapis, assez mince et perméable à l’air.

Cette disposition, qui a pour but d’éviter aux personnes l’inconvénient de l’arrivée de l’air frais vers les jambes, apporte un obstacle sensible à l’introduction de l’air, et il paraît même que, pour certaines «personnes, elle n’est pas encore suffisante, attendu que j’ai vu, à quelques places, qu’entre les deux tapis on en a inséré un troisième en toile peinte et tout à fait imperméable.

Un autre inconvénient du passage de l’air à travers les tapis, c’est de donner lieu à l’élévation d’une grande quantité de poussière dès qu’on marche dessus. C’est ce qui a été déclaré dans l’enquête de 1854, comme on l’a dit plus haut.

Outre ces orifices d’accès de l’air, on en a ménagé d’autres plus libres dans certains endroits, soit par des conduits verticaux, qui débouchent à 2 mètres environ au-dessus du sol, soit dans quelques parois verticales des passages de circulation.

D’une autre part, la température à laquelle on élève l’air dans la chambre à air est, à très-peu près, celle que l’on veut conserver dans la salle pendant l’hiver. Ainsi, quand l’air est

à zéro à l’extérieur, on peut l’échauffer dans la chambre à air à 16 ou 17°, et la température de la salle ne dépasse pas, assure-t-on, 18 à 20°. On a vu que l’été, par l’évaporation de l’eau, on peut aussi ramener l’air extérieur à 18° environ.

Il résulte de là que, dans toutes les saisons, l’air introduit est à une température très-peu différente de celle que l’on veut maintenir dans les salles d’assemblée. Ce résultat mérite confirmation ; mais on comprend de suite qu’il ne peut être obtenu que par l’admission et par l’extraction d’une quantité d’air assez considérable, à moins que l’étendue des surfaces refroidissantes des murs et des fenêtres ne compense l’effet de 1’échauffement produit par la présence des membres et du public.

L’extraction de l’air vicié se fait par l’aspiration énergique que produit une cheminée qui est ménagée dans une des hautes tours du palais. Cette cheminée a environ 1 15 mètres de hauteur sur lm,80 de diamètre intérieur à la base ; on la chauffe à l’aide du coke.

L’air vicié sort des salles de deux façons différentes. Dans la partie assez restreinte qui est occupée par le public, il est appelé à travers les grilles qui ne sont recouvertes d’aucun tapis et à travers les contre-marches de quelques gradins voisins. Dans les autres parties de la salle, l’air nouveau arrivant au contraire par les planchers, l’air vicié s’échappe par les caissons du plafond, dans lesquels de nombreux passages sont ouverts. Dans les deux cas, cet air vicié descend vers des conduits inférieurs, qui le mènent à la base de la grande cheminée d’appel.

Ainsi l’évacuation se fait par appel par en bas, comme dans les anciennes chambres du parlement.

En résumé, le système de la ventilation par insufflation a été abandonné, après des essais infructueux, et remplacé par l’introduction et l’extraction par appel.

La Chambre des communes a 22m,27 de longueur, 1 3m,72 de largeur, et 12m,50 de hauteur au centre du plafond, ce qui correspond à une capacité de 33 819 mètres cubes environ. vent. i. 2

INTRODUCTION

La chambre à air ayant 5m,50 de hauteur et la même superficie , on voit que la capacité de cette chambre est d’environ 5 55 1

= — de celle de la salle d’assemblée. Cette large pro-

portion facilite beaucoup l’arrivée de l’air et l’uniformité de sa température.

Le nombre des membres de cette Chambre est de 373. En tenant compte des absents et de la présence du public, il n’y a au plus que 800 personnes dans la salle, et le rapport de sa capacité à celui des personnes présentes est d’environ 70 à 80 mètres cubes par personne.

Aucune expérience n’a été faite pour déterminer les volumes d’air entrés, et je n’ai pu me procurer d’autres résultats que ceux que j’ai rapportés précédemment. Quelques pairs que j’ai consultés se plaignent que l’air intérieur des salles est lourd et porte au sommeil. Ils assurent qu’ils sont parfois obligés de réclamer l’ouverture des fenêtres; mais il faut observer que les séances ont lieu le soir, après le dîner, et se prolongent souvent assez tard.

i5. Salle des ingénieurs civils à Londres . — Cette salle peut contenir 200 personnes. Elle est éclairée par deux lustres relevés à fleur du plafond et presque logés dans sa surface, qui est, à cet endroit, garnie d’une plaque de fonte percée d’un grand nombre de trous et communiquant avec un tuyau d’échappement de l’air. C’est par ces deux tuyaux que se fait l’évacuation de l’air vicié fortement échauffé et appelé par les lustres.

L’air nouveau arrive par un grand nombre de trous de 1 pouce ou 0m,025 environ de diamètre, percés sous les bancs, presque en arrière et le plus loin possible des jambes des assistants. L’arrivée de cet air est très-sensible.

Le dessous de l’amphithéâtre peut communiquer avec l’air extérieur, qui n’est pas chauffé.

Le 1 3 mai 1862, à la séance à laquelle nous avons assisté, il faisait très-chaud dans cette salle, et il y avait une certaine

odeur de gaz. Il nous a été assuré que l’été il y faisait excessivement chaud.

Le nombre d’orifices percés dans le plancher, quoique déjà considérable et pouvant, dans certain cas, donner lieu à une introduction d’air assez gênante, n’est cependant pas suffisant pour alimenter l’appel que détermine la chaleur développée par la combustion du gaz. Il en résulte qu’il s’établit par la porte supérieure d’admission, dans l’amphithéâtre, un courant d’air rapide et incommode.

14. Maison particulière a Londres. — L’intérieur de cette maison est éclairé au gaz. Il y a au rez-de-chaussée, dans la salle à manger, deux lustres de trois becs chacun, et autant au premier étage, dans les deux salons. Au-dessus de chaque lustre, au plafond, est une rosace offrant à l’air chaud et aux produits de la combustion des passages d’évacuation.

Dans l’épaisseur du plafond on a ménagé un canal de 0m,20 environ de hauteur sur 0m,30 de large, qui conduit l’air vicié dans une cheminée située dans le mur mitoyen et qui contient un poêle annulaire à eau chaude, destiné à activer l’appel.

Dans la salle à manger, où le buffet est placé dans une sorte d’alcôve, il y a en outre, à l’un des angles, vers le plafond, une large ouverture, tout à fait libre, de 0m,30 de diamètre environ, formant l’origine d’un tuyau qui se rend dans la cheminée de l’usine contiguë. Enfin la cheminée, -chauffée au charbon, contribue aussi à l’évacuation. On obtient ainsi l’évacuation de l’air vicié par un appel activé par la chaleur.

L’introduction de l’air nouveau est déterminée à l’aide d’un ventilateur dont la vitesse est réglée par divers appareils ingénieux qu’il est inutile de décrire. Elle se fait 1° par les joints du plancher, qui est composé de madriers d’environ 0m,15 à 0m,16 de largeur, laissant entre eux des ouvertures de 0ni,006 à 0nî,008 à peu près; 2° par un intervalle de même dimension qui règne à peu près tout autour des pièces, sous la plinthe, qui est au bas du lambris. Les planchers sont, à

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cet effet, établis, à une distance convenable du plafond de l’étage inférieur.

Mais, comme cette introduction d’air, relativement frais, serait parfois très-gênante, le plancher est, selon l’usage anglais, recouvert d’un tapis qui repose sur une sorte de thi baude végétale. C’est à travers ces deux tissus, dont le supérieur est en moquette assez épaisse, que l’air doit passer pour entrer dans les appartements. On conçoit facilement qu’il éprouve au passage une résistance très-sensible, qui, pour être vaincue, exige que l’air acquière, par l’action du ventilateur, une certaine pression. Cet effet se manifeste d’une manière très-notable dès que l’on ouvre la communication, qui permet à l’air d’affluer sous le plancher. Le tapis se soulève alors sur la plus grande partie de son étendue et jusque vers les extrémités de la pièce, en se bombant de 0m,10 à 0m,12 au moins dans les endroits où il n’y a ni meubles ni personnes. Le passage de l’air à travers ces tapis est cependant assez sensible, car en posant une bougie allumée à sa surface, la flamme de cette bougie est légèrement agitée. Quant aux orifices ménagés sous la plinthe du lambris, on y sent très-bien à la main l’arrivée de l’air, et elle doit y être naturellement d’autant plus rapide, qu’il y a sur le tapis plus de meubles et de personnes qui gênent l’arrivée de l’air à travers son tissu. Cette dernière circonstance doit avoir pour résultat de restreindre d’autant plus l’arrivée de l’air à travers le tapis, qu’il y a plus de monde dans les appartements, ce qui montre l’un des inconvénients d’une semblable disposition pour des appartements de réception.

Des ventelles mobiles, de l’intérieur de l’appartement permettent de régler, de modérer ou de suspendre, à volonté et selon les circonstances, l’arrivée et l’évacuation de l’air.

Cette maison renferme une foule de dispositions ingénieuses pour assurer l’ouverture et la fermeture des portes dès qu’on s’en approche, pour éclairer l’intérieur par des becs de gaz placés au dehors, pour fermer les volets sans y toucher, etc.

ld. Palais de Sydenham. — Ce bâtiment est établi sur un terrain en pente assez prononcée pour que d’un côté l’on arrive de plain-piedau rez-de-chaussée, tandis que de l’autre cet étage est à plus de 4 mètres au-dessus du sol. Cette circonstance a permis de réserver sous toute l’étendue du rezde-chaussée un vaste espace vide, dont on a tiré parti pour la ventilation et pour le chauffage.

La température qu’il est nécessaire d’entretenir dans l’espace destiné aux plantes tropicales, que l’on nomme le Tropical department, étant bien supérieure à celle dont on peut se contenter pour le reste de l’édifice, on a été obligé d’établir une séparation à peu près complète dans toute la hauteur du bâtiment. Elle est formée par un immense panneau vitré, qui, par l’effet de sa transparence, interrompt le moins possible la continuité de l’aspect général. Dans le même but, on a placé sous cette partie un nombre proportionnellement beaucoup plus considérable de chaudières et de tuyaux de chauffage.

Le plancher du rez-de-chaussée est formé de madriers de 0m,22 de largeur moyenne, séparés les uns des autres à peu près uniformément de 0m,015 à 0n\018, de sorte que l’espace vide qui permet, comme on va le voir, le passage de l’air, est d’environ 1/12 de la surface totale, ou de 1/15 en tenant compte des parties recouvertes par différents objets.

C’est sous ce plancher, et du côté de la pente générale du terrain, que sont établies les chaudières, au nombre de vingtcinq, destinées à procurer partout la température convenable, qui est d’environ 16 à 18 degrés dans l’ensemble, et de 30 à 35 degrés pour la partie réservée aux plantes tropicales.

Toutes ces chaudières sont semblables, et ont la forme d’un demi-cylindre annulaire de lm,30 environ de diamètre intérieur, de 0m,45 d’épaisseur, et de 5m,50 de longueur. Au sommet de ce cylindre s’élèvent deux tuyaux de départ de l’eau chaude, de 0m,20 de diamètre, et vers le fond pénètrent deux tuyaux de retour du même diamètre, qui sont en com-

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munication avec les précédents, comme dans le chauffage par circulation d’eau par les tuyaux généraux d’aller et de retour. Dans ce système, analogue à celui des serres, il n’y a pas de récipient supérieur, et les chaudières étant d’ailleurs à basse pression, cela a permis d’employer des tuyaux de fonte d’assez grands diamètres, que l’on s’est contenté de réunir par un emboîtement, comme les conduites d’eau ordinaires. Tout le système des tuyaux d’aller et de retour étant sous le plancher du rez-de-chaussée et au-dessus d’un sol non utilisé, les fuites d’eau, assez faibles d’ailleurs, qui se produisent, n’ont pas d’inconvénient, mais il n’en serait pas de même dans d’autres conditions.

Chaque chaudière alimente .à peu près en moyenne 3200 mètres de tuyaux de circulation (aller et retour compris), et la totalité du développement de tous ces tuyaux est d’environ 75 à 80 kilomètres, c’est-à-dire à peu près la distance de Londres à Douvres.

L’air nouveau qui doit être admis dans l’intérieur est introduit sous les planchers par de larges et nombreuses ouvertures ménagées dans les soubassements du bâtiment. Il s’y trouve en contact avec les tuyaux de circulation de l’eau, et est ainsi naturellement appelé dans l’intérieur. Si l’on se rappelle que l’espace libre laissé dans le plancher est d’environ 1/15 de sa surface, et par conséquent de 0mq,066 par mètre carré, l’on voit qu’en supposant seulement à l’air une vitesse d’admission de 0m,20 par seconde, à peine sensible aux organes les plus délicats, l’on peut, par ce dispositif, introduire, par heure et par mètre carré de plancher, 0mq,066 X 0ni,20 X 3600 = 47mc,52 d’air; et comme il n’y a jamais une personne par mètre carré de superficie du plancher, il s’ensuit que, par ces dispositions très-simples, l’on obtient une ventilation très-abondante et en même temps très-peu sensible.

Il est cependant probable que, dans les emplacements destinés au public qui assiste à des concerts, à des lectures, la chaleur développée par les personnes venant en aide à

l’élévation de la température inférieure, la vitesse de l’air doit être plus grande que nous ne l’avons supposé; mais elle ne doit sans doute jamais atteindre une intensité gênante.

Quant au département tropical, où l’on ne fait que circuler, et où la température est élevée, la vitesse d’arrivée de l’air est insensible pour les promeneurs.

Ce système d’admission de l’air conviendrait parfaitement aux édifices qui ont une destination analogue, tels, que les musées, les lieux d’exposition, de promenade, etc. Nous l’avions indiqué en 1855 pour l’Exposition universelle; et pour n’avoir pas voulu l’adopter et avoir eu recours à une simple et unique galerie souterraine, on a éprouvé de graves inconvénients et des difficultés que l’on n’a pu surmonter.

Une disposition analogue, mais que je crois incomplète faute d’espace et surtout d’orifices suffisants d’admission de l’air, existait à l’Exposition universelle de 1862 à Londres.

Au palais de Sydenham l’évacuation de l’air est assurée à l’étage des galeries au moyen d’ouvertures garnies de personnes mobiles à volonté, et dans les parties supérieures par des moyens analogues. Les joints nombreux et inévitables qu’offrent toujours les panneaux vitrés assurent d’ailleurs des surfaces d’écoulement plus que suffisantes. En été, réchauffement des vitrages par le soleil est encore un auxiliaire puissant pour cette ventilation, qui se fait ainsi exclusivement par voie d’appel naturel, dû aux seules différences de température et sans moyens auxiliaires d’échauffement.

16. Ventilation des vaisseaux. — Le docteur Reid, après avoir cité l’exemple d’un accident très-grave arrivé au vaisseau de la marine royale le Minden , en 1819-20, dans lequel un maître d’équipage et cinq hommes furent presque complètement asphyxiés en descendant dans la cale, indique diverses dispositions propres à assurer la ventilation de toutes les parties d’un navire.

INTRODUCTION

La plus générale est représentée dans la figure 6 ci-contre. L’air nouveau entrerait par deux conduits adaptés aux écoutilles a a , qui , par des ouvertures convenablement réglées, le répartiraient à tous les étages supérieurs à la cale. Des conduits verticaux ayant leurs bouches supérieures près du plafond et distribués sur toute la longueur du bâtiment à tribord et à bâbord, conduiraient, séparément et sans communication entre eux, l’air vicié des entreponts dans la cale, au milieu de laquelle un conduit d’évacuation vertical, placé au-dessous de l’écoutille centrale, déterminerait l’appel général de l’air vicié. Des registres convenablement placés permettraient de régler l’évacuation selon les besoins particuliers des diverses parties du bâtiment.

L’appel d’air vicié pourrait être, selon les cas, activé par un foyer spécial, par la chaleur surabondante des fourneaux de cuisine ou de distillation de l’eau, et enfin par des ventilateurs aspirants.

Les cheminées d’introduction

et d’évacuation pourraient être terminées par des chapeaux mobiles qui permettraient de profiter de l’action du vent ou de la vitesse de marche du navire, pour activer l’entrée et la sortie de l’air.

Sur les bateaux à vapeur, l’action centrifuge des roues pourrait être mise directement à profit, ou bien l’on pourrait avoir recours à la puissance motrice de la machine pour faire agir des ventilateurs, ou à celle d’une petite machine auxiliaire en tours de stationnement.

Les dispositions peuvent être très-variées, selon la nature de la construction et la destination des bâtiments, mais on conçoit qu’il n’y a pas de difficulté sérieuse qui s’oppose à l’introduction d’une amélioration si importante pour l’état sanitaire des marins.

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