‹ Etudes sur la vie de SénèqueChapitre 26 sur 50 · nn., XIV · texte numérisé non relu

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230 SÉNÈQUE ET LA MOUT D'AGItlPPINE.

discernement dans ce qu'il nous a rapporté au sujet de ce mystérieux événement, on ne saurait être étonné, croyonsnous, de son infidélité dans l'analyse du message.

On pourrait, il est vrai, dire en faveur de sa véracité-: qu'il y avait nécessité pour le prince d'énumérer tous les actes antérieurs réels ou exagérés qu'on attribuait à Agrippine, pour d'une part établir la possibilité qu'une mère ait pu tenter de faire assassiner son fils, et d'autre part ennpôcher que sa mort ne fiH considérée comme un malheur public, comme la disparition d'un des appuis du gouvernement, sinon peut-être de sa foi-ce; (ju'en conséquence, si cette énuméi*ation des actes et des tentatives criminelles d' Agrippine était une arme à deux tranchants qui pouvait également blesser Néron et Sénèque, c'était cependant la seule dont ils aient pu se •servir pour leui* défense, et qu'ils ne pouvaient se soustraire à la fatalité de leur situation.

C'eût été chose possible, on en doit convenir. Mais si telle avait été la Hgne de conduite qui lui était fatalement imposée, Néron, après avoir ainsi dénoncé sa mère à la haine et au mépris du peuple romain, après avoir déclaré qu'on devait considérer sa mort comme un bonheur pour la république, était tenu de ne lui donner aucune marque de regi-et; il ne le devait, il ne le pouvait pas. Pleurer un événement qu*on proclamait un bien pour TÉtat! quel Romain aurait compris une telle action, de tels senthnents?

Or, écoutons Tacite :

" Les centurions et les tribuns, dit-il, sur l'ordre de " Buri'hus, furent les premiers à rassurer Néron par leura "flatteries; ils lui bîiisèrent les mains, et le félicitèrent " d'avoir échappé à un danger qu'on n'aurait pu prévoir, au " crime d'une mère, tandis que Néron, en recevant les '' députations, affectait Vhypocrisie de la tristesse, se plaU

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