CHAP. VI. — SKNÈQUE A DIT VRAI
autre frère, Caïus, à la folie du pouvoir se joignit celle du meurtre*.
Le dépit de sa disgrâce, la soif de dominer, la vanité féminine, n'ont-ils pas pu achever d'altérer une raison si maladive chez tous les enfants de Germanicus? Agrippine s'était toujours montrée implacable dans ses haines, nous dit Tacite*. Elle ne pardonna pas à Lollia de lui avoir disputé la main de Claude, ni à Calpurnia d'avoir été louée par lui pour sa beauté; toutes deux, par de perfides accusations, furent mises à mort. On ne peut donc pa5 la croire femme à reculer devant le meurtre d'un fils coupable à ses yeux de la plus noire ingratitude, d'un fils qu'elle n'avait fait élever au principat que pour exercer sous son nom la puissance qui ne pouvait être dévolue à une femme. Aussi Tacite regarde comme très possible qu'elle ait voulu réellement tuer Néron lors de la dénonciation qui fut faite; et il exprime plus tard son propre sentiment et celui de ses contemporains quand il pense que Sénèque et Burrhus eurent droit de craindre que les jours du prince fussent en danger par l'exaspération de i?a mère : Credebant ut nisi praeveniretur Agrippina pereundiim Neroni esset, dit-iP.
En un tel état de choses, qui oserait se porter caution de la terrible sœur de Caligula ?