‹ Etudes sur la vie de SénèqueChapitre 9 sur 50 · CHAP. III. — L HOMME D'ÉTAT STOÏCIEN · texte numérisé non relu

CHAP. III. — L HOMME D'ÉTAT STOÏCIEN

peuvent être par elles-mêmes une chose déshonorante ; il ne pouvait y avoir de déshonneur que dans la bassesse des prières ou dans celle des personnes auxquelles elles s'adressaient. Cherchons à connaître quels ont été ses agissements en cette circonstance.

Il faut d'abord remarquer que Sénèque, en sa qualité de sénateur, n'avait pu être frappé d'exil que par un arrêt de la Curie, et après avoir été entendu dans sa défense; il n'avait pu l'être par un simple arrêt de Claude. Il est bien entendu que nous ne parlons ici que d'une question de forme; Claude et ses conseillers, disposant de la majorité sénatoriale, pouvaient faire exiler qui ils voulaient. D'autre part, pas plus qu'il ne pouvait bannir, le prince, de sa seule autorité privée, ne pouvait gracier un sénateur, et jamais Claude, en pareil cas, n'empiéta sur les droits du Sénat».

Ainsi, Sénèque ne pouvait que solliciter ou faille solliciter le dépôt à la Curie de la proposition de son rappel. Nous devons croire, cependant, qu'en l'état des choses alors, une telle proposition venue du Prince eût été accueillie favorablement, et que, sans son consentement, aucun Père ne l'aurait faite et surtout n'aurait pu la faire adopter. En ce sens, on peut dire que le sort de Sénèque était entre les mains de Claude. Or, Claude, on le sait, était mené par ses affranchis*, et c'était à eux qu'il fallait s'adresser. Si donc le stoïcien exilé avait eu à faire parvenir une communication au César, il était tout naturel qu'il se servît de leur intermédiaire.

Parmi eux, un des plus influents était Polybe. Or, non

^ Suétone, Claude, 12 : ^Neminem exsulum nisi ex Senatus autoritate restituit. " 2 Id., ibid., 3», 21>.

plus que Pallas, Polybe n'a probablement point été un vil et infâme personnage. 11 parait avoir gagné la faveur de Claude par son érudition et sa participation aux études du prince*, par les travaux littéraires qu'il faisait pour lui. Aussi dironsnous que rien, selon nous, n'autorise à blâmer Sénèque d'avoir été en relation avec lui.

Mais, (juoi (ju'il en soit, Sénùque lui a-t-il écrit, s'est-il servi de son influence? Aucun annaliste contemporain, du moins à notre connaissance, no l'a dit formellement. Dion seul parle de lettres que Sénùque, dans son exil, aurait adressées aux affranchis de Claude, et il n'en désigne aucun. Cependant, admettons que Sénèque se soit adressé à Polybe. On nous accordera bien qu'il ne suflit pas qu'un homme politique exilé ait écrit au bibliotliécaire de Claude pour mériter la flétrissure. 11 nous faudrait savoir ce qu'il lui a dit.

Or, Dion, (jui avait longtemps vécu à Rome, fouillé les bibliothèques et les archives, n'a trouvé aucune trace des lettres de Sénù(iue aux familiers du Palatin, pas plus à Polybe qu'à d'autres. Les historiens n'en parlaient même pas. Il en conclut alors et affirme (fue, durant sa puissance, Sénùque piit soin de faire rechercher et détruire les originaux et les copies qui en auraient été faites*. A l'entendre nous devrions nous en rapporter à lui pour être convaincus que le chef de TÉcole romaine avait manqué de caractère, avait bassement sollicité sa grâce, et renoncer toutefois à savoir les termes exacts dont il s'ébiit servi.

Mais, si Dion n'a trouvé aucune trace de cette correspondance de Sénùque, que nous faut-il penser de l'écrit qui nous est parvenu sous le nom de Consolation d Polybe? Kst-ce la lettre authentique de Sénùque?

ï Suétone, Claude, 40, 41, 4t>.

* Hist. ro//i.. LXl, 10.

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En une telle situation, un sentiment inévitable de doute s'empare dès l'abord de notre esprit et rend indispensable l'examen attentif de ce document.

Pour Diderot — et il en donne de nombreuses et assez bonnes raisons — ces fragments qualiiiés de Consolation à Polybe ne sont qu'une " rabutinade " et ne peuvent pas être du philosophe*. Avant lui, Juste Lipse avait formulé les mêmes conclusions. Ruhkopf a fait en outre voir que différents passages de cet ouvrage établissent qu'il est censé avoir été écrit au commencement du principat de Claude, c'est à dire dus les premiers temps de l'exil de Sénèque, et qu'à la fin il est parlé de la longue durée de son mallieur. Une telle contradiction ne peut éti'e le fait de Sénèque. M. Douillet, enfin, qui a fait les commentaires de Sénèque dans l'édition des Classiques latins de Lemaire, déclare également qu'à son avis nous nous trouvons en présence de l'œuvre d'un faussaire.

A ce qu'ont dit ces éminents critiques, nous nous peraiettrons d'ajouter deux observations : 1° l\ est écrit dans ces fragments* : " Claude a intercédé en ma faveur auprès du " Sénat; il a fait plus que me donner la vie, il l'a demandée " pour moi. " Ainsi, d'après ce document, Sénèque n'aurait point été frappé par le Sénat sur les instances de Claude, et il se serait au contraire déclaré reconnaissant de l'intervention du prince dans cette circonstance ; cela ne saurait se concilier avec les sentiments de rancune que lui prête Tacite^, infensus Claudio dolore injurias credebatur, et qui semblent avoir tant influencé sa conduite dans les événements ultérieurs. 2^ Il n'est fait aucune allusion aux motifs

* Essai sur les règnes de Claude cl de Néron, liv. II, 89, 90, ÎM ; liv. I, 29, 31), 31, et les notes de Naigoon.

> Consolation àiPobjbe, 32.

» J»m.,XIl, 8.

de son exil. Or, est-il admissible que Sénèque, sollicitant son rappel, ait pu se dispenser d'en parler, de se justifier? Ce silence absolu prouve, croyons-nous, que Tauteur de la Consolation n'aurait pas su dire plus que nous à ce sujet.

Nous ne savons donc pas en quels termes Sénèque aurait ' écrit à Polybe, et rien par suite ne nous autorise à Taccuser d'avoir fait preuve en cette occasion de bassesse de caractère.

Tout au contraire on peut observer que, si Sénèque adressa quelque requête aux conseillers de Claude, ceux-ci n'y auraient pas reconnu les indices suffisants pour leur faire penser qu'ils trouveraient dorénavant dans le philosophe un homme malléable à leur gré; ceci semble certain, puisqu'ils ont continué à le craindre comme un des chefs redoutables de l'opposition et qu'ils ont fait maintenir son exil. C'est d'autant moins discutable, que c'est pour avoir un appui contre eux, qu'Agrippine usa de son influence pour obtenir le rappel de Sénèque.

Ce qu'on ne saurait d'ailleurs se refuser à constater, c'est que ni les actes qui avaient amené son expulsion de Rome, ni sa conduite dans l'île sauvage et malsaine où il avait été relégué, ni sa correspondance avec ses amis et les hommes politiques, ne lui avaient fait perdre l'estime qu'on avait pour lui. Il semble, au contraire, que cette sorte de pei^sécution l'ait entouré d'une plus brillante auréole. Juvénal nous montre * comment les mesures de rigueur infligées aux devins les grandissaient dans l'opinion du peuple; or, il n'en était sans doute pas autrement dans les hautes classes à l'égard des philosophes stoïciens, qui avaient eu à subir les vexations du pouvoir. N'oublions pas, en effet, que c'est de

» Sat. VL

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lui-même et à l'occasion de son bannissement que Sénèque a dit* : Res est sacra miser.

S'il en eût été autrement, si Sénèque avait perdu une partie de son influence et de sa considération dans le parti stoïcien, pourrait-on supposer que l'habile Agrippine eût songé à se donner le mérite de l'avoir fait rappeler, et à lui confier la tutelle de ce fils pour lequel elle rêvait de si hautes destinées?

En un tel état de choses, pourquoi et à quel titre serionsnous en droit de nous montrer plus exigeants que ses contemporains?

Laissons d'ailleurs parler les faits; cela vaut mieux que toutes les déductions possibles. Ils montrent d'une façon indéniable que l'auteur de la Consolation à Helvia avait montré du courage et de la dignité dans l'exil, qu'il n'avait pas écrit de plates flatteries, ne s'était pas fait humble et repentant pour obtenir sa grâce. En entrant dans la vie publique, Sénèque n'ignorait pas les dangers qu'il aurait à courir, mais il pensait que ^ celui qui fuit les hommes et les affaires, semble un animal timide qui se cache par peur*^. " Aussi, à son retour à Rome, loin de redouter de nouveUes épreuves, loin de se retirer de la vie publique pour ne se livi'er qu'aux spéculations scientifiques, loin de se borner à composer des ti'aités de grammaire, comme le fera Pline par prudence aux mauvais jours sous Néron, il reparaît aussitôt dans l'arène politique, et reprend la direction du parti stoïcien.

Mais quelle que fût la force de ce parti, comment Agrippine crut-elle pouvoir s'appuyer sur lui? Comment son chef fut-il amené à faire alliance avec elle?

* Épig., 4.

« Lettre 55.

Si Sénèque a pu se rapprocher d'Agrippine, c'est qu'il ne partageait pas les idées génémlement admises par les philosophes romains au sujet de là forme du gouvernement. " Brutus, disait-iP, qui se distingue même parmi les grands " hommes, me semble avoir commis une erreur et n'avoir " pas agi suivant les vraies doctrines stoïciennes, quand il " prit la résolution de tuer César le dictateur. Il avait tort " de redouter le nom de roi, car le meilleur gouvernement "est celui d'un roi juste. Gomment d'ailleurs pouvait- il " s'imaginer qu'il eut été possible de rétablir l'ancienne cons- " titution, quand des milliers d'hommes ne combattaient que "pour le choix de celui auquel on devait obéir, quand les " anciennes mœurs n'existaient plus? "

Dans l'appréciation qu'il fait des idées de Sénèque à ce sujet, Montaigne dit* : "Il paraist en Sénèque qu'il preste un peu à la tyrannie des empereurs de son temps; car je tiens pour certain que c'est d'un jugement forcé qu'il condamne la cause de ces généreux meurtriers de César. " Nous ne partageons pas ce sentiment. Nous croyons que Sénèque a exprimé librement et sincèrement ce qu'il pensait; car il ne se contredit nulle part en ce point.

Mais quelles que fussent ses opinions personnelles, pour grouper autour de lui le parti philosophique, il fallait avant tout lui faire consentir à accepter l'ordre nouveau de choses.

A notre avis, Diderot se trompe quand il dit du traité de la Clémence^ : " C'est la plus adroite et la plus forte leçon qu'il fût possible de donner à un jeune prince dont on avait piessenti le penchant à la cruauté. " Ces deux livres ne furent pas de sévères et courageuses leçons que Sénèque osa

* De Bencficiis, H, 2().

» Essais, liv. Il, ch. 10.

■^ Eftsai sur lea règnes de Claude et de Néron, liv. Il, Ti).

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donner au jeune César; ils constituaient, croyons-nous, des manifestes politiques.

Le premier fut une profession de doctrine pour rallier les stoïciens au principat. Nous y lisons, en effet : " Le peuple " romain, ô César, s'était soumis à une redoutable épreuve ''quand il ignorait quelles seraient vos qualités... Aujour- "d'hui les vœux publics sont accomplis, on n'en saurait " douter. . . Vos concitoyens sont forcés d'en convenir ; mais " c'est un aveu qui leur est pénible et qu'on n'obtient d'eux "qu'avec peine, car jamais les passions ne désarment... Je " parais rnêtre éloigné de mon sujet, mais par Hercule il " n'en est rien. J'ai voulu établir que vous étiez Vâme de la " République, dont les autres citoyens et vous vous ne faites " qu'un corps, " Dans son plaidoyer en faveur du principat, de la concentration des pouvoirs, il invoque la loi de la Nature; et pour cela il présente l'exemple des autres créatures qui, comme l'homme, doivent vivre en société. " C'est " la Nature, dit -il, qui a établi la royauté. On peut s'en " convaincre en observant les moeurs de plusieurs espèces ''d'animaux, entre autres celles des abeilles K'' L'analogie n'est pas admissible, et par suite l'argument n'a pas de valeur; mais présenté en cette forme, il paraissait susceptible d'être agréé par l'École romaine.

Sénèque, on le voit, n'avait pu obtenir qu'avec peine l'adhésion du parti stoïcien ; et il le reconnaît.

Il avait une autre tache certainement aussi difficile, c'était celle de conjurer les attaques des autres sectes jalouses, et les méfiances de ceux, en grand nombre, qui restaient attachés

* De Clementia, 1, 1, 5, 19. 20. II revient sur cette question lettre 90. — Virgile, Géorg., IV, 220 :

His quidam signis atque haec excmpla secuti.

Esse apibus partetn divinae mentis et liaustus Aetherios dixere.

aux anciennes mœurs, aux anciennes croyances, moins par conviction que par crainte instinctive de tout changement.

Ces adversaires de toutes nuances publiaient que les stoïciens étaient des hommes dm's, inflexibles, qui n'admettaient aucune distinction entre les fautes et qui déclaraient dignes des mêmes rigueurs le parricide et le vol d'une pomme. Il y avait, il faut le reconnaître, un certain fonds de vérité dans ces allégations. En établissant, en effet, avec une rigueur remarquable que le devoir était absolument obligatoire, l'école du Portique n'avait point fait la distinction nécessaire entre le principe même de l'obligation et les difficultés de l'accomplissement; par suite, elle ne reconnaissait guère de degrés dans le mérite ou dans le démérite.

Le second livre de la Clémence constitua alors un nouveau manifeste politique où la question du principat n'est plus qu'au second plan, tandis que l'objet principal est la défense personnelle de l'auteur et celle de son paiti. " LHgnorance, je le sais, dit-il, décrie la secte des stoïciens comme trop dure et comme incapable de donner au prince de bons "conseils; on lui reproche d'interdire au sage la pitié et le "pardon,... lorsque au contraire il n'y a pas de secte plus "bienveillante, plus douce, plus amie de Fhumanité, plus " occupée du soin du public, etc. ^ "

Il se déclarait ainsi en droit de maintenir le programme politique qu'il se proposait de réaliser. " C'est aujourd'hui, " avait-il dit*, qu'il faut voir renaître la piété et la droiture, " et avec elles la pitié et la modération ; c'est aujourd'hui " que les vices, après avoir exercé trop longtemps leur " funeste empire, devi'ont faire place à un siècle de bonheur

^ De Clément ia, U, 5.

yy

ij

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" et de prospérité. Cet avenir, César, je crois qu'il est permis " de l'espérer. "

Pour arriver à vaincre d'une part les résistances de ses amis et d'autre part celles de ses ennemis, quelle habileté n'a-t-il pas fallu à Sénéque? ou plutôt, car l'habileté n'aurait certainement pas suffi, quelle considération ne devait-on pas avoir pour son talent et son caractère?

A la mort de Claude, Sénèque, par l'influence qu'il avait à Rome, et Burrhus, en sa qualité de commandant de la force armée, se trouvaient les plus puissants personnages de l'empire. Ils marchaient alors d'accord avec Agrippine; ce sont eux qui prennent en conséquence Néron sous leur protection et se chargent d'assurer son élection au principat*. Burrhus le présente au camp, le fait acclamer par les prétoriens; Sénèque l'introduit dans la Curie, se porte garant de son administration, et obtient en sa faveur les votes de l'assemblée.

La confiance en Sénèque n'aurait pourtant pas suffi à décider les barbes blanches du Sénat à donner leurs suf-

f rages pour l'élection de Néron. Ils espérèrent en cette occasion reconquérir sans coup d'État l'indépendance ou l'omnipotence du Grand Corps, en remettant la charge redoutable de Prince aux mains d'un enfant sous la tutelle d'une femme et d'illustres conseillers, Sénèque et Burrhus, qui avaient manifesté le respect de leurs droits. Aussi, tout d'abord, et comme condition de l'élection, les sénateurs apportèrent-ils des restrictions, dictées d'ailleurs par la jeunesse du candidat, aux délégations dont avaient été investis les princes antérieurs.

* Dion^ LXI, 3 : *0 TC Sevèxa; xa\ 6 BoO^^oc 9povi(Aa>taTOt te £(&« xcà duvatctlkatot

Tûv irep\ tbv Népova ovtec

En prenant donc possession de son siège, Néron, dans un discours qu'avait composé Sénèque*, remercia les Pères et reconnut qu'il tenait son pouvoir de leur autorité souveraine et du consentement de l'armée : De auctoritate Patrum et consensii militum praefatus; il ajouta qu'il respecterait les antiques droits du Sénat et les attributions des consuls*.

Le Sénat prit acte de ses déclarations, ordonna qu'elles seraient gravées sur des tables d'airain et lues publiquement au renouvellement de chaque année*.

Il nous semble que Lucain, dont le poème reflète les idées et les préoccupations politiques de l'époque, prête à Lentulus au sujet de Ptolémée* les sentiments que l'on nourissait alors à Rome au sujet de l'élection de Néron et de la situation de Sénèque :

Sccptra puer Ptolentoeus hahet tibi débita. Magne, Tutelae commissa tuae; quis nominis umbram Horreat? Innocua est aetas.

Le Sénat se trompa. Il se trompa comme fit en France le parti monarchique en 4848. " Nommons Cavaignac, en attendant les circonstances favorables à nos desseins de restauration, disaient les hommes vraiment politiques; il descendra loyalement du pouvoir au terme fixé ; pour Louis Bonaparte, il faudra le renverser. Le pourrons-nous? — Le héros de Boulogne est un écervelé, leur répondait-on ; nous en ferons ce que nous voudrons. " Ce calcul perfide n'a jamais réussi à ceux qui l'ont fait. Mieux eût valu au Sénat romain élire un homme droit et capable, que compter sur la

* Tacito, Ann., XIII, 4 : "Tiiin formam futuri principatus praescripsit... Teneret antiqua inunia Senalus, etc. "

« Tacite, Ann., XIII, 3. — Dion, LXI, 3.

» Dion, LXI, 5.

♦ Pharsale, VIII.

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