II. — FONTENELLE
Les débuts de Cydias. Erreur sur le « coup » que Molière et Boileau auraient porté à la préciosité. Ils ont fait rire aux dépens de Cathos et de Madelon, mais ils n'ont rien détruit, et Fontenelle en est un bon exemple. (Cf. Dialogues^ Entretiens sur la pluralité des inondes. Lettres du Chevalier d'Her**, de 1680 à 1686.) Citations des Lettres du chevalier d^Her **.
Mais quelque chose de nouveau s'est passé, et on s'en aperçoit à l'ironie dont se nuance la préciosité de Fontenelle. Voyez ses Dialogues (éd. Behn en 3 vol., p. 183, 190, 196, 204, 212, 224, 231, 240, 243, 248), et comparez les plaisanteries d'Ernest Renan et d'Anatole France.
254 ÉTUDES SUR LE XYIIf SIÈCLE.
Changement de manière ^ La réorganisation de l'Académie des sciences. Fontenelle secrétaire perpétuel. Son cartésianisme se déclare ; il prend ouvertement parti contre les anciens (I, 13); il attaque sans détour la « méthode d'autorité (1, 1); il exprime de « longs espoirs », et déjà, dans l'expression de ses espérances, se dessine l'idée du progrès, car il ne doute point de la réalité du progrès scientifique, et il entrevoit la solidarité de toutes les sciences entre elles et avec les autres branches du savoir humain.
C'est ce qu'on voit bien dans son œuvre capitale : les Eloges des- savants (1699-1727), qu'il faut lire dans l'ordre chronologique, et en insistant de préférence sur quelques-uns, comme BernouiUiy Cassini^ Leibniz^ Newton. Caractère combatif des premiers, apaisement et satisfaction de la victoire presque gagnée dans les seconds, réapparition du scepticisme initial dans les derniers.