‹ Études sur le 18e siècleChapitre 28 sur 44 · III. — UNE CONSEQUENCE DE LA DOCTRINE · texte numérisé non relu

III. — UNE CONSEQUENCE DE LA DOCTRINE

Le caractère antichrétien est assez évident et se conclut tout seul de la manière dont s'est formée la doctrine, qui peut-être, en quelquesuns de ses représentants, n'a pas vu d'abord où elle tendait et s'est dégagée de la rencontre de certaines circonstances autant que d'un <( dessein formé ». Il n'y a eu d'abord qu'intention de « réagir », sans qu'on mesurât la portée de la réaction, et, en effet, la doctrine ne prendra pleinement conscience de soi qu'aux environs de 1750. Mais elle est responsable,- dès à présent, d'un « abaissement» de la pensée, solidaire de son « élargissement » même. (Cf. sur cet élargissement la précédente leçon.)

Les grandes questions, les questions capitales, vont en quelque sorte s'évanouir à l'horizon intellectuel; on se donnera pour excuse que « la recherche n'en est pas scientifique » ni la discussion susceptible d'aboutir à des conclusions qui répondent au type de la certitude « cartésienne ». (( Allons-nous nous désoler de n'avoir que cinq sens, dira Voltaire, et de ne pas connaître le secret de l'univers ? »

Il est permis de voir dans cette indifférence une des raisons de l'infériorité générale de la littérature du xviii^ siècle, et notamment du

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manque absolu d' «éloquence)) et de «poésie)), qui vont la caractériser, au moins jusqu'à Rousseau. (Cf. une belle page de Montégut, en ses Soui^enirs de Bourgogne, sur Buffon.) Mais d'autres causes y ont contribué, dont nous allons reconnaître quelques-unes en étudiant la jeunesse de Voltaire.

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