‹ Études sur le beau dans les artsChapitre 19 sur 47 · I I O ETUDES SUR LE BEAU · texte numérisé non relu

I I O ETUDES SUR LE BEAU

Observons la nature, consultons ce modèle qui s'offre aux regards des générations successives. Les œuvres de TEternel, en déployant à nos yeux leur grandeur, leur simplicité et leur variété , auraient pu ne causer que l'admiration ; c'est l'empreinte d'un pouvoir bienfaisant et sage qui les rend attendrissantes. Leur beauté physique excita l'étonnement des premiers hommes; mais leur beauté morale inspira les hymnes de reconnaissance et d'amour.

Dans l'ordre physique, le chef-d'œuvre de la nature est la figure virginale d'une jeune fille, dont les traits réguliers sont embellis par la fraîcheur de son âge. Mais, pour qu'elle soit un modèle de perfection idéale, il faut encore qu'un sentiment plein d'innocence et de charme, tel que la piété, la pudeur ou l'amour, anime sa physionomie et lui donne une expression céleste.

Je regarde , sans en connaître le sujet,- une gravure qui représente le Testament d'Eudainidas. Quelle simplicité dans cette composition ! Quelle vérité dans toutes les figures ! Cet homme est mourant , il dicte ses dernières volontés,

Celui qui les reçoit, habitué à de tristes spectacles, écrit avec indifférence. Le médecin pose sa main sur le cœur du malade; un mouvement de sa tête et son regard annoncent qu'il n'y a plus d'espoir. La douleur de ces deux femmes placées au pied du lit , la différence de leur âges , indiquent assez que l'une est la mère, l'autre la fille de l'infortuné qui touche à ses derniers momens : elles l'entendent parler de leur sort, et gémissent sur ellesmêmes et sur lui. Tout est clair dans ce tableau. La chambre où sont les personnages annonce la pauvreté ; un bouclier , un sabre , appendus au mur, m'apprennent que le mourant a servi sa patrie ; et je puis juger qu'il a moins à léguer des richesses que des exemples de vertu. Déjà cette scène m'intéresse ; mais on me dit quel en est le sujet, ou je lis au bas de la gravure : Je lègue ma mère à Arétée pour la nourrir et en avoir soin dans sa vieillesse. Je lègue ma fille à Charixène^pour la marier avec une aussi grande dot qu'il pourra lui donner-^ et si cependant Vun ou Vautre -vient à mourir, j'entends que le legs

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