‹ Études sur le beau dans les artsChapitre 21 sur 47 · KTUDF.S SUR LE BEAU · texte numérisé non relu

KTUDF.S SUR LE BEAU

qui laissent froid le spectateur, c'est qu'ils ont ignoré ce qui forme le complément du beau. Vous dessinez avec correction, vous donnez de l'éclat à votre coloris; c'est beaucoup sans doute; mais ne concevez-vous rien au delà? Vous possédez les moyens d'exprimer la pensée , mais ne pensez-vous point ? Ce n'est pas seulement pour dessiner des muscles qu'on est peintre; c'est pour émouvoir les âmes, pour leur communiquer des sentimens et des idées. On sait quelles vives impressions produisent sur la multitude assemblée un morceau de musique ravissant, une scène de tragédie pathétique : de pareils triomphes seraient-ils refusés à la peinture seule? Cet art parle aux yeux; son éloquence est plus intelligible que celle de la musique, plus universelle que celle de la poésie.Silesjeunesartistess'enricliissaient d'idées, s'ils passaient des musées dans les bibliothèques , s'ils vivaient avec les po^s, et que leur imagination s'animât, que leur raison s'agrandit, ils porteraient au plus haut degré nos jouissances et leur gloire.

Souvent, il est vrai, le génie des peintres fut

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asservi, souvent il fut contraint de s'épuiser suf des sujets peu propres à causer de vives et nobles émotions. Je ne crois pas cependant que cette observation suffise pour justifier les artistes. Il est peu de sujets qu'une imagination poétique ne puisse féconder. On demande à Tiarini un tableau qui représente saint Dominique faisant un miracle. Ce sujet est vague, ingrat, comme des milliers d'autres; mais Tiarini possède le génie de l'invention. Le miracle qu'il choisit est la résurrection d'un enfant. Il n'emploie que sept figures : l'enfant couché sur une table à peu près au milieu du tableau ; d'un côté, saint Dominique et un moine qui l'accompagne ; de l'autre , le père , la mère , et un étranger attiré sans doute par la curiosité. Voici maintenant le parti qu'il sait tirer de ces personnages. Saint Dominique lève les yeux au ciel , étend la main sur l'enfant qui se ranime et sourit. L'autre moine, accoutumé à voir de pareils prodiges, reste calme; l'étranger, au contraire, recule épouvanté. La mère, éperdue, hors d'elle-même, se précipite vers son enfant; et le père exprime

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