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ETUDES SUR LE EEAU

Le peintre fidèle aux principes de son art, n'emploiera jamais la laidem^ sans la modifier. Je m'exprime avec exactitude en disant que le pin-

les tableaux et les poèmes. Il est facile d'<5tendre nos observations à d'autres genres de sujets.

La poésie a bien plus de vérité que le dessin , lorsqu'il s'agit de peindre le mouvement. La course d'Atalante peut fournir au poète un tableau charmant; le peintre, en copiant cette scène , nous fatigue par l'immobilité de ses coureurs.

Telle image, sublime en poésie, devient ridicule en peinture Essayez d'exprimer sur la toile , Dieu dit que la lumière soit. Vous ne me ferez voir qu'un liomine , et rien n'annoncera le prodige qui s'opère. Raphaël lui - même échoue , lorsqu'il tente une pareille entreprise ; elle excède immensément les bornes de son arfc j f ,

Mais , quand la poésie veut représenter la beauté des formes , ses tableaux sont faibles près des chefs - d'œuvrc de la peinture et de la sculpture. Pour lutter avec succès, l'habile poète est obligé d'user d'adresse. Qui ne se souvient de la manière ingénieuse dont le chantre de l'Iliade nous donne la plus haute idée de la beauté d'Hélène ? Il ne fait point une description ; il excite notre imagination par un trait de sentiment , et nous oblige à nous peindre la beauté la plus parfaite que nous puissions concevoir.

ceau doit donner , à la laideur même, un genre de beauté.

Les objets qu'on ne peut embellir, qui révoltent le cœur eji offensant la vue, doivent être bannis des arts du dessin. Quand je vois un peintre de batailles s'exercer à rendre curieusement de hideuses blessures, je me demande pourquoi cet homme prend tant de peine à s'éloigner du but de son art, et s'il craint que son talent ait trop d'éclat et de charmes. *

Il faut saisir les passions vives à ce point où nos traits les expriment, sans en être défigurés. C'est peu que d'éviter cette expression exagérée , ces grimaces et ces convulsions qui produisent la laideur; il faut découvrir l'expression qui s'allie avec la beauté, et la rend plus enchante-

* Les batailles sont le plus mauvais genre de sujets que puissent traiter les peintres. Des chevaux qui galopent sans avancer, des sabres éternellement levés , des blessés qui devraient tomber , «t qui restent en l'air, tout cela est fort ridicule. La raison demande à l'artiste de choisir une situation oh, naturellement , ses modèles ont dû rester au moins quelques instans.

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