‹ Études sur le beau dans les artsChapitre 40 sur 47 · ÉTUDES SDR LE BEAU · texte numérisé non relu

ÉTUDES SDR LE BEAU

nie, des sons très élevés succéder brusquement à des sons très doux. Ce contraste qui , peutêtre, causait une surprise agréable, n'avait rien de sublime. Qu'il ajoute à l'expression d'un sentiment , d'une idée , il pourra bouleverser notre âme. Gluck, au cinquième acte d'Armide, donne à ses chants une voluptueuse langueur. Le duo, Artnide^ vous m allez quitter] respire la molle ivresse , la tendre inquiétude qu'éprouvent deux amans près de se séparer pour la première fois. Entraîné par la magie des sons et doucement ému, on se croit aux rives enchantées par la jeune souveraine qui désarme Renaud. Des guerriers paraissent; tout-à-coup un d'eux, interrompant les chants d'amour, fait retentir ces mots qu'accompagne le fracas des trompettes et des timballes : Notre général vous rappelle! Ce contraste fait tressaillir, on entend la voix de la gloire dissipant les songes de la volupté. C'est ainsi que l'art musical peut communiquer au langage une puissance nouvelle, et produire les effets du sublime.

La musique, unissant une foule d'impressions

vagues à l'impression positive qui naît des paroles, est féconde en moyens d'exciter le trouble et la rêverie. Les émotions les plus délicieuses , comme aussi les plus effrayantes, sont celles dont nous ne pouvons qu'imparfaitement nous rendre compte.

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