‹ Etudes sur le calendrier égyptienChapitre 13 sur 30 · Geschichte des Alterllnans, I · texte numérisé non relu

Geschichte des Alterllnans, I

ne dut y avoir dieu, un être, un très-haut, figuré

sans doute par le disque du soleil, mais vénéré comme créateur tout-puissant et parfaitement bon. Or, la vénération de ce Dieu qui n’est ([ii’un^ c’est par excellence la conception monothéiste. Un monothéisme semblable existait en Israël déjà au temps d’Abraham, et depuis le monothéisme s’épurait de plus en plus. Dès les temps les plus reculés, Israël avait apporté avec lui le culte d’un être très haut, très bon et regardé depuis toujours comme créateur; la religion de .fahve n’était pas autre chose que la continuation, la transmission et l’élévation la plus haute de ce culte originel’.

Et maintenant, les Israélites voyaient s’en former un semblable dans cette Egypte oii, depuis longtemps, ils étaient traités en peuple étranger, et réduits en esclavage. Il leur parut que les choses allaient s’améliorer; Arnenhotep III élevait à la dignité d’épouse et de compagne de sa vie, non pas une Egyptienne, mais une étrangère, à laquelle il donna les preuves de la plus tendre affection. Cette étrangère était d’une race haïe en Egypte, d’une race condamnée aux rudes travaux de corvée, et la reine eut sa part de cette haine. Elle n’en montra qu’avec d’autant plus d’énergie sa sympathie et son attachement à ceux de sa race. Elle inspira à ses enfants la haine et le mépris des idées de la religion égyptienne et fit élever dans la doctrine monothéiste son fils, ((ue son influence devait faire monter sur le trône.

C’est sa fille' qui trouva l’enfant juif couché dans un berceau et le sauva du milieu des roseaux qui croissaient au bord du Ail. L’enfant, étant fils d’étrano-er reçut le nom de H I « Mas — l’enfant » d’oiï la forme gi'ecque

1. Scliro'dfir, U'eseii iirtd Urspruriff der ne/iffion, [>. .111.

2. Mahlor, The E.ro(tits. af). Journat of thc Hoyat Asialic Socie/i/, HIiII. p. 11, on particulier p. (i.â.

1, Ihid., p, GG.

ANNALES nu MUSÉE GUIMET

Mosis, en hébreu : nwia. Tout cela et les soins afFectueux que Moïse reçut à la cour égyptienne devaient éveiller chez les Israélites la douce espérance que, sous le règne d’Amenhotep IV, ils auraient un meilleur sort en partage; cette espérance s’accrut, lorsque le roi balaya toutes les vieilles coutumes religieuses et introduisit une religion qui, par son caractère monothéiste, se rapprochait de la croyance d’Israël.

Pendant son séjour en Egypte, Israël avait déjà emprunté maint usage ; il adopta de môme la croyance monothéiste des Egyptiens telle qu’elle s’exprimait dans « Aten », et certes, ce ne fut pas chose facile de s’en débarrasser plus tard .

Aten, comme Jahve, le dieu national d’Israël, était aussi le Tout-Puissant, qui gouverne tout ; Aten était aussi le créateur, celui qui dirige et règle le monde entier. Mais le culte que l’on rendait extérieurement à Aten était auti’e que celui quTsi’aël rendait à son Jahve. Il est donc naturel que, avec d’autres éléments de civilisation et d’autres coutumes religieuses, Israël ait pris aussi le culte d’Aten.

Tant d’autres coutumes égyptiennes semblables se sont conservées jusqu’à nos jours en Israël ! Je ne fais pas allusion à la circoncision qui est certainement d’origine égyptienne’, mais à ces dates calendéviques étroitement connexes à la religion juive, comme par ex. les veilles et des jours de fêtes désignés par anu, et ainsi par ex. naty air, anr, .utyn îrs“i anu, etc. (de môme en allemand

nous appelons encore aujourd’hui le samedi : Sonnahend). Il est clair aujourd’hui que toutes ces désignations sont le fruit d’une tradition millénaire, et que c’est en Egy[)te qu’il faut chercher son point de départ. Dès le temps du Moyen Empire (par conséquent au XX® siècle avant J.-C.), il était d’un usage universel de désigner le jour qui précédait immédiatement celui de la fête en faisant précéder le nom

1. Voyez aussi Ed. Meyer, Gesch. d. Attert., I, p. 72 et p. 250.

de cette fête par le mot qui signifiait : « soir » ou « nuit ». M. Erman a publié, sous le titre ; « Zehn Vertrage ans dem mittlern Reich’ », dix conventions qui avaient pour but d'assurer au grand prêtre Hapizefa la

célébration régulière du culte des morts à certains jours de fête. Nous voyons ici le jour de la nouvelle année désigné par le hiéroglyphe et le Séjour intercalaire, c’est-à-dire le dernier jour de l’année égyptienne, la veille du jour de l’an, indiqué par le groupe :

1 I I I AAAAAA \r-'

ce qui signifie « 5® jour de supplément, nuit du jour de l’an ». De même, ici encore, le 18 Thot est appelé

(« Ouag-fète ») et le 17 Thot s’appelle f lÆI n Z —

Z- ffl 8‘Tr

^ « Mois de Thot, jour 17, nuit de la fête Oua»; »,

Pourquoi ne peut-on traduire ici « la nuit du jour de l’an » ni « la nuit du 18 Thot » ? C’est parce que chez les Egyptiens le jour civil commençait avec le commencement du jour naturel, c’est-à-dire avec le lever du soleil. Il est donc impossible que la nuit du 5® jour intercalaire soit la nuit du nouvel an et que la nuit du 17 Thot soit la nuit de la fête Ouag.

Il est aussi partout question de présents faits au temple, (|ue l’on apportait en plein jour et non pas dans la nuit (voyez là-dessus la dixième convention). Gela ne peut s’expliquer que par les analogies suivantes. Encore aujourd’hui, chez les Israélites, le jour qui précède celui de la fête est désigné par ce jour de fête et par le mot mt? « soir », placé avant (par exemple : nac? et nau? a-iu; Wün et anu, etc.) ; de même ici, le jour

(jui précède celui de la fête est aussi désigné [lar le jour de la fête précédé de « nuit » ou « soir ». Ceci est d’au-

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