‹ Etudes sur le calendrier égyptienChapitre 14 sur 30 · Leilschr. fur tvgyifl. Spr., 1882, l.Vj U · texte numérisé non relu

Leilschr. fur tvgyifl. Spr., 1882, l.Vj U

\NN.VLES UU MUSEE GUIMET

lanl plus vraisemblable cpie chez les Égyptiens, même a[)rès l’introduction de l’année solaire, le calcul lunaire t'ontinua d’être en usage. En particulier, pour l’ordre et le compte des dons faits aux temples, les prêtres semblent les avoir déterminés d’après la lune et non d’après un calendrier solaire. (]ela ressort de papyrus trouvés il y a {juelques années à Kahoùn^ et datés de Usertesen III. Ici’, à propos des revenus semestriels du scribe du temple, llr-m-saf dates mensuelles citées

sont celles-ci :

Année XXX, Payni 26 -

— Epiphi

» » Mesori 25 -

— Thoth

» XXXI, Paoplii 2ü -

- Athyr

» » Cboiak 19 -

~ l’yiii

» » Mechir 18 -

— Phamcnolh 17

» n Pliarmutlii 17 -

— Pacbon

Les intervalles entre les dates

particulières des

sont :

Payni 26 — Epiphi 25

j ours.

Epipbi 25 — Mesori 25

Mesori 25 — Thoth 20

Thotli 20 — Paophi 20

Paoplii 20 — Athyr 19

Atliyr 19 — Cboiak 19

Cboiak 19 — lybi 18

Tybi 18 — Mechir 18

Mechir 18 — Pbamenolb 17 = 29

Pbamenotb 17 — Pharmutbi

Pharmutbi 17 — Pacbon 16

Pacbon 16 — Payni 16

Toi

tal — 355

jours.

1. Voyez Borchui'dt, üer zweile l’apijrusfund von Kahan (ZcUschr. /'. ægi/i)!.

Ainsi les intervalles qui se trouvent entre les dates mensuelles sont tour à tour de 29 et de 30 jours. Ce sont des dates d’un calcul lunaire, et l’année lunaire avait 355 jours, par conséquent juste autant qu’en avait une année surnuméraire commune dans le calendrier des Israélites .

Donc, ainsi qu’il résulte certainement des tables qui précèdent, les revenus des prêtres ont été comptés d’après les mois lunaires.

Et maintenant on s’explique pourquoi les jours pré-

cédant les jours de fête portent le signe

ffi

(chez

les Hébreux any). Dans le calendrier lunaire ou dans le calcul lunaire, le jour civil commence toujours et partout avec le soir. Le soir est donc aussi le moment oii commencent les fêtes en relation avec la lune : « nr mua aanatr inairn aai? », c’est-à-dire : « Dès le soir (du neuvième jour), jusqu’au soir suivant, vous célébrerez votre Sabbat. » {Lévitique, ch. XXIII, 32.)

On devait donc donner une attention particulière au soir, où un jour de fête devait commencer. De même, le jour entier i[ui |irécédait le jour de fête prenait une grande importance dans le calendrier; on devait se bien rappeler que le jour de fête commençait avec le soir, aussi désignait-on toute la journée précédant la fête par un mot qui à lui seul signifiait déjà que le soir est la veille du jour de fête qui suivait. Ainsi se forma chez les Egyptiens, à côté de yTy = nouvelle année, le nom ‘

pour désigner la veille de la fête du jour de l’an, (iomme le 18 Thoth on céh'hrait la fête Ouao- jO ® , sa

veille, c’est-à-dire le 17 Thoth, s’appelait ^ ® . Et

cette désignation était si caractéristique (pi’elle passa des Egyptiens aux Israélites chez qui elle est encore en

Sprai-he , p. ‘.CI), et Mutiler, Dus milH. Hcich dcr n'piipl. Cesrhiclitf

[ibUL, XL Rd., p. 1).

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

usage aujourd’hui ; et des Israélites elle a passé à d’autres peuples, de sorte que chez les Allemands elle est devenue Sonnabend, Feierabend^ etc. Ce sont des usages, qui en Egypte, déjà 30 siècles avant J.-C., étaient dans les mœurs. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner, et même il est très compréhensible que les Israélites cherchèrent et réussirent à fondre le culte égyptien d’Aten avec leur monothéisme.

Et c’est ainsi qu’au.x trois fêtes : Passah^ Sabuolk et SaccoUi, qui par suite de leur caractère lunaire se célèbrent au temps d’un Saballu de la lune, c’est-à-dire d’un cycle lunaire déterminé par la phase écoulée de la lune, Israël devait se souvenir aussi du caractère solaire de son Dieu Jahve, confondu avec « Aten = Adon ». Aussi ces fêtes ont-elles un caractère luni-solaire (pi’oii ne peut méconnaître; cela résulte d’ailleurs de ceci, que les fêtes de Passah et de Succoth ne sont pas célébrées seulement au temps de la pleine lune, mais aussi au temps des Équinoxes. Le mois Nisan, dans lequel Israël sortit de l’Egypte, est appelé dans la Bible s'asn ünn, c’est-àdire « le mois de l’équinoxe du printemps ». Nous savons déjà par d’autres recherches’ cpie la fin du XV® siècle avant J.-C. (1403 avant J. -G.) vit l’avènement d’Amenhotep IV et que l’Exode eut lieu le 15 Nisan (= année julienne : 27 mars de l’an 1335 avant J.-C.). Au 2 avril de l’année julienne se produisit alors l’équinoxe du printemps. Le jour de la pleine lune qui eut lieu le 27 mars, date à laquelle Israël quitta Gosen, était donc le plus près de l’équinoxe du printemps. Le 7® jour de fête, selon la tradition, ils traversèrent le f]iD n’, et quittèrent la terre d’Egypte ; c’était donc le 33 mars = 2 avril, jour de l’équinoxe du printemps, au soir du(|uel la nouvelle

1. Mahlcr : The Exudns, ap. Transact. of Ihe /loyal .Is. .Soc., l'.tOl . — Matcrialieri :ur Chionoloffic (1er alten l'.gyplcr, ap. ’/.eihch. f. legyp. Sprache, XXXIl, U» fT.

phase de la lune (le dernier quartier) était visible. Il va de soi que, six mois plus tard, la fête de Succoth devait coi’respondre à l’équinoxe d’automne, et, en effet, la Bible le dit expressément. Elle appelle la fête de Succotb nsipn Pi’Dsn jn = « une fête de la récolte au temps de la Thekuphah » [Exod., xxxiv, 22). On sait qu’il y a 4 Thekuphah semblables ou points de l’année : Thekuphatb Nisan := le point du printemps, Tbekupbath Thamuz = le point d’été, Tbekupbath Tisri = point d’automne, et Thekuphatb Tebeth = le point d’hiver. La fêle de Succoth qui commence au 15 Tisri est ainsi la fête de V équinoxe d' automne.

Dès les temps les plus reculés, une solennité du nouvel an se rattachait avec la fête de Succoth qui avait lieu au temps de la njwn nspn. Ce n’est pas sans raison (|ue l’Ecriture sainte nomme ailleurs {Exod.^ xxiii. 16) la fête de Succoth une fête « à la fin de l’année ».

Il semble donc qu’à côté de l’année religieuse, (|ui, comme chez les Babyloniens, commençait à l’équinoxe du printemps, c'est-à-dire au 1“*' ÎVisan, il y avait aussi une année naturelle qui commençait à l’équinoxe d’automne, au temps de la récolte. Et cela d’ailleurs a sa raison d’être : nous avons déjà mentionné (page 16) l’analogie entre les deux cycles de temps naturels, celui de l’année et celui du jour, et la correspondance entre le matin et le printemps, entre le soir et l’automne. Dans les temps |)riniitils, alors (pj’on faisait commencer le jour civil, ou jour naturel, avec le lever du soleil, il était tout à lait raisonnable de commencer aussi l’année avec le printemps. .Mais, (piand plus tard on étudia le cours de la lune pour en faire la base du calcul du temps, alors, non seulement les mois furent déterminés par la l’orme et le cours de la lune, mais encore, comme consé({uence du calcul lunaire, le jour civil commença avec le soir. Puis, l’automne correspondant au soir, l’année dut commencer avec rautomne.

Le l®"" Nisan resta cependant le jour du nouvel an dans le calendrier religieux ; en partant de ce mois de printemps, on comptait les mois un à un pour fixer les fêtes ; mais à l’écjuinoxe d’automne, commença Tannée naturelle.

A l’appui de ces faits, rappelons que dans le Tractat lios-hasanah, on cite 4 jours de nouvel an différents :

1 . Le 1®’’ Nisan : Jour de nouvel an d’après le calcul des ans de règne des rois et d’après la fixation des fêtes.

2. Le l®‘ Elul : Jour du nouvel an pour le mesurage de la dîme.

.'L Le 1®'' Tisri : Jour du noiivel an des années ordinaires et aussi des années de Sabbat et des années de Jubilé, et aussi par rapport à la rentrée des fruits de la terre (année naturelle).

4. Le 1®’’ Sebat (selon d’autres : le 15 Sebat) : nouvel an par rapport à l’abattage des arbres.

Donc, même à l’époque plus récente de l’histoire d’Israël, l’équinoxe d’automne passe pour le commencement de « Vannée naturelle ». D’abord ce fut le Sj’DKn an, qui commençait avec le 15 Tisri; plus tard, on avança le jour du nouvel an au commencement du mois, c’est-à-dire au 1®'' Tisri. C’est ainsi qu’aujourd’hui encore, dans le calendrier chrétien, Tannée ne commence pas avec le jour du solstice d’hiver, mais avec le premier jour du mois suivant sur le calendrier.

Cependant le commencement d’une année naturelle n’est pas forcément attaché à la rentrée des fruits des champs ; elle peut commencer aussi avec tout autre événement d’ordre naturel. Les Egyptiens, par ex., parmi d’autres formes d’année, avaient une année naturelle, qui prenait son commencement avec la maturité des premiers fruits et dont le jour du nouvel an tombait à peu près sur le jour que plus tard les Israélites désignèrent par le DniMn an.

Parmi les dix conventions du Moyen Empire, dont il a

LE CALENÜItlLK EGYPTIEN

été parlé plus haut (page 45), la II® convention concerne certains dons que les prêtres de l’heure du temple de l’Apouat de Siout doivent apporterai! chef prophète du nouvel an. De son côté, celui-ci s’engage à donner une part déterminée (une Haqt) « de chaque champ des biens de fondation, (une part) des prémices de la moisson des biens du prince, comme le fait chaque sujet de Siout avec les prémices de sa moisson ». Le texte ajoute: « Allons! vous savez que lorsqu’un prince ou un sujet a donné (pielque chose à un temple (provenant) des prémices de sa moisson, il ne lui est pas agréable que (juehjue chose en soit enlevé, ni ((u’un prince futur diminue aux prêtres futurs ce qu’un prince leur avait conventionnellement assuré. »

Tl V avait donc chez les Egyptiens une forme d’année dans laquelle le jour du nouvel an correspondait à la maturité des prémices de la moisson.

Cette année naturelle était (cela se comprend) une année fixe, et c’est pourquoi son premier jour de l’an était désigné par l’hiéroglyphe

Les Egyptiens avaient diverses formes d’année. Dans les temps primitifs et avant d’être établis sur leur sol historique, ils avaient une année lunaire. Vraisemblablement, ils possédaient cette forme d’année avant de traverser l’isthme de Suez pour pénétrei- dans leur nouvelle patrie, et avant la grande migration des peuples d’Asie en Afrique ; c’est seulement dans leur nouvelle patrie, quand ils devinrent tout à fait des agriculteurs, (|u’ils adoptèrent l’année solaire. Cette année solaire passa par différentes modifications. D’abord on ('rut satisfaire à tous les besoins de l’année en la partageant en l‘i mois, et chaque mois en 50 jours; l’année avait donc une durée de 560 jours. (^)uand on vit (jue cela ne sullisait pas, on ajouta cinq joui'S à l'année. De cette façon, on coiisei-va à cha(|ue mois une durée de 50 jours, mais on ajouta un

ANNALES DU MUSEE GUIMET

espace de o jours à la (in de l’année, et cet espace de 5 jours trahit encore aujourd’hui son origine dans son appellation. Ces cinq « jours intercalaires », comme on les désigne habituellement, portent dans les textes égyp-

par dessus », ou, comme on avait coutume de l’écrire

d’ailleurs : j , c’est-à-dire les cinq jours supnlé

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