Zeilgcisl, N” l(i voiii 1H Aj)!»! IDO'i
ANNALES DU MUSEE GUIMET
son tableau de phases, afin de pouvoir éclairer la terre de sa face complète. « nair » est donc d’après sa signification : (( achever, finir, fermer, conclure », dans le sens propre :« être à la fin », « avoir fini »; — ensuite avec la forme causative : « faire une fin », et aussi « enlever », « expédier », « se débarrasser de », etc. C’est pourquoi le 15“ jour de la lune babylonienne s’appelait « sapattu » ou « sabattu », c’est-à-dire, jour de V achèvement, de la terminaison, de la fin, à savoir de la terminaison, de la fin d’un cercle de temps, d’un orbe ou cycle. De même que le point de la course du soleil, oii il est le plus haut dans l’année, s’ap[)elle « point de station du soleil » (solstice), de même le moment oii la lune apparaît en son plein se nomme nniy = le moment où elle achève son déve-
loppement, où elle cesse de se développer davantage.
C’est dans ce sens aussi que le mot nau? est usité dans la Bible. La Genèse [ch. i, 16) fait ressortir, dans la légende de la création, que la lune fut créée nb''*:',"! nblyûttb pour régner toute la nuit au firmament (ut præesset nocti), en opposition au soleil qui était appelé à régner tout le jour nvn (ut præesset cliei). Comme le soleil ne brille
pas la nuit, il ne peut être question que de la pleine lune ; celle-ci, qui se lève le soir à l’orient et ne se recouche que le matin à l’occident, brille par conséquent toute la nuit; elle est par opposition au soleil nb'bn nbira»'? ptapn nsa la lumière plus faible (luminare minus) destinée à briller toute la nuit.
plus loin nous lisons (ch. ii, 1-3) :
nxax 8=1 psm
ntru -iti’K inaxpa •'U'arn ara a’nbs ‘:>a*'i >>) n^i’r inasba 8aa 'r'att^n ava natr’i <■; ms mmirn av ns a'nbs pan .mîi’ub ambx xia nrs mas5a 8aa nat:? ia m c)
fl) Igiluf iicrfcrti suni, nrli cl Icn'ü cl umiiis oriuiUis coruiii, f>) Coniplo.vit(|uc Dcus die scplimo opus siium qiiud feccral ; c) lit rc(iuicvil die scplimo ab iiiiivcrso opcrc quod feccrul ;
ly
d) Et benedixit diei scplimo et sanctificavit ilium,
c) Quia in ipso cessaverat ab omni opère quod creaverat ut faceret.
La phrase a nous apprend que le ciel, la terre et tout l’univers étaient achevés; suit, aux phrases b etc un parallélisme basé sur les mots et naît?'! ; ces deux termes doivent donc être regardés comme synonymes, soit :
ba’i = il acheva.
naiT’i = il avait fini, il était a la lin (il était prêt).
De sorte que nous avons le sens littéral suivant :
b) Il avait achevé, au septième jour, son œuvre, qu’il avait faite.
c) Il avait fini (ou il était à la fin), au septième jour, de toute son œuvre, qu’il avait faite.
La preuve qu’il en est ainsi et que natr'i ne veut pas dire « il se reposa », nous la trouvons dans les deux phrases suivantes, d et e, oii la ligne e contient la raison de d. Si nous prenons nsü dans la signification usuelle « se reposer’ », on a :
d) « Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, »
e) « car en ce jour Dieu se reposa de toute son œuvre qu’il avait créée et faite. »
Avec ce sens, la signification du septième jour est motivée par le repos. Ne serait-il pas plus logique d’eVe/blir le repos en ce jour comme une suite de la sainteté et de motiver le repos par la sainteté? Toute la phrase c, si l’on prend natP dans le sens de « se reposer », parait superilue, car la phrase b nous raconte cpie Dieu, au septième jour, avait achevé l’œuvre de la création; c, (|ue Dieu, après l’achèvement de cette œuvre, s'était reposé,
1. c est le sens que ÜC-aeA a donné à ce mot. (Kurzgefassler Kommenlar zu den lu’it!"cn Sctirif'ten, Erste .\bllieilun(^, p. 't.) Slrack traduit ainsi ec passaj^e de la Bible : « Et Elohiiii acheva au se[)tièine jour son travail qu'il avait fait et SC reposa au septième jour de tout son travail «pi'il avait (ait. Et Eloliim bénit le septième jour et le sanctifia; rar en rc jour il s’était reposé de tout son travail, (pi'il avait fait en créant. » Strack ajoute celte rcmar(|ue : « de ce rc|ios le nom du jour ; n nair ».
ANNaLES dû musée guimet
et d, (|iie le seplièiiie jour avait été sanetifié comme tel. La phrase e est donc complètement superflue. Tout autre apparaît la suite des idées, si nous prenons dans le sens que je propose, c’est-à-dire nai:?, synonyme de nba = achever, terminer, conclure, avoir fini, être à la fin, cesser, ou toute autre expression semblable; car, alors, il y a une raison, un motif, de regarder la phrase e comme la justification de (l :
(!) « Dieu bénit le septième jour et le sanclilie », e) « car en ce jour « il avait terminé » (ou « fini ») l’œuvre de création à exécuter.
La logique de cette interprétation apparaît plus encore dans ce texte : psi c'ist:' nri’îa “üfb “r'arn ar nx nnp nns « Tu sanctifieras le septième jour à ton nom, comme temps de l’achèvement de la création du ciel et de la terre. »
Pour établir plus solidement le sens proposé de na^ (= être prêt, être à la fin, puis, dans le mode actif, mener à fin, faire fin, discontinuer, renvoyer un travail, etc.), voici une suite d’exemples que nous empruntons à la Bible :
1. Dans la Genèse, vu et viii, il est question du déluge (|ui détruisit tout et qui agit aussi sur le retour périodique des divers phénomènes du temps, tels que le jour et la nuit, l’été et l’hiver, les troublant et les interrompant. Jnhve dit {Gen., viii, 22) ; ppi am “ipi "l'Spi ant jnxn 'a' *?a ni' matr'' avi pm. Ici, maty' est la troisième personne
plurielle de l’impératif du verbe nata = « être à la fin », d’oii inar’ = qu’ils soient à la fin, ou : ils iloivent être à fin ((pi’ils se terminent). Avec la négative cela veut dire :
« (ju’ils soient sans fin », ou ; « ils doivent continuer sans fin ». jNous pouvons donc traduire ainsi ;
« Désormais les semailles et la moisson, la froidure et la chaleur, l’été et l’hiver, le jour et la nuit devront durer sans fin. »