Ibid., 181-199 et
sur leur pays par le. Grand Roi. Hérodote, lecteur assidu des Perses, n'a fait que reprendre ces vues en les développant, et son Xerxès, comme l'Atossa du poète, est incapable de comprendre qu'il n'est pas besoin de craindre le fouet du maître pour tenir ferme en face de l'ennemi *.
D'un autre côté, Eschyle ne s'arrête guère aux causes prochaines des événements. Il procède à la façon des prophètes. Au milieu d'un festin, une main invisible inscrit sur les parois de la salle des paroles fatidiques : le roi a été pesé et trouvé trop léger. Dans la même nuit, Balthasar est tué par ses serviteurs, et le Mède entre dans Babylone. Comment le vainqueur prit-il la ville? après quelle bataille? au moyen de quels stratagèmes, de quelles intelligences? L'écrivain biblique ne daigne pas nous l'apprendre, et il ne nous en émeut que plus fortement. Nous avons une autre tournure d'esprit; devenus raisonneurs, une méthode aussi simple et large nous étonne, surtout dans un ouvrage dramatique. Il faut cependant l'accepter et savoir s'y plaire, si on veut être équitable pour le vieil Eschyle. M. Richter s'impatiente d'entendre, dans les Choéphores, les longues prières sur le tombeau d'Agamemnon; il trouve que l'action languit, qu'elle ne fait un pas que lorsque Oreste expose brièvement son plan et donne quelques instructions. Cette critique est juste à notre point de vue. Mais pour le poète, l'action des puissances invisibles est tout ou