Ibid
surtout si cet homme est un grand roi, qui tient le sceptre de Zeus même, un grand capitaine victorieux, et s'il a été assassiné par trahison, de la manière la plus ignominieuse. Mais si Clytemnestre a mérité la mort, était-il permis à son propre fils de venger sur elle la mort d'un père? Oui, répond Apollon : car le père est le générateur, le véritable auteur de la vie de l'enfant; la mère ne fait que conserver et nourrir le germe qu'elle a reçu. Cet argument nous paraît étrange; mais Euripide n'a pas dédaigné de le reproduire 1 . Il répond à une théorie soutenue par Anaxagore et d'autres philosophes grecs* et à l'opinion antique de la prééminence de l'homme sur la femme. Il pouvait donc ôtre invoqué par l'avocat d'Oreste. Ce qu'il a de trop physiologique est corrigé par la preuve visible de sa justesse. Pallas Athéné, ici présente, est fille de Zeus, elle n'a pas eu de mère, et aucune déesse n'enfantera jamais sa pareille. La démonstration nous fait sourire; elle était sans réplique pour un Athénien qui croyait à la déesse de l'Acropole et à la fable de sa naissance.
C'est manquer envers le vieux poète, non seulement de respect, mais d'équité, que de traiter ces arguments de sophismes, imités du barreau d'Athènes et destinés à amuser les spectateurs. Ils sont faits pour balancer les arguments qu'invoquent les Furies, sans les détruire cependant. La sainteté des liens