Euripide, Oreste
2. Cf. Aristote, De anim. gêner., IV, 1. Diodore (I, 80) attribue la même doctrine aux Egyptiens.
LA DRAMATURGIE D'ESCHYLE, x 53
qui unissent l'enfant à la mère n'est pas méconnue, les voix des juges se partagent. Ce résultat profile à l'accusé, et l'on peut remarquer que le poète a préparé de longue main cette issue du conflit. Dans la première pièce, le meurtre d'Agamemnon est tramé dans l'ombre; c'est un odieux attentat, dont les auteurs redoutent le grand jour; il est hautement condamné par les vieillards d'Argos, qui appellent de leurs vœux le châtiment des meurtriers. Dans la seconde pièce, les exécuteurs de ce châtiment se concertent à la face du ciel, ils implorent le secours des dieux de l'Olympe et des dieux souterrains, et ils l'obtiennent : enfin les vœux du chœur accompagnent le justicier fugitif. Il existe d'ailleurs une grande ressemblance entre les deux drames. Les meurtriers d'Agamemnon ont vaincu par la ruse, c'est par la ruse qu'ils périssent*. Le crime a été impie, horrible, horrible et impie est la vengeance 2 ; au spectacle de l'épouse coupable entre ses deux victimes, répond le spectacle de deux victimes qui entourent le fils parricide. Ces ressemblances rendent encore plus frappant le contraste que nous venons de signaler, et qui contribue à faire pressentir et souhaiter l'acquittement d'Oreste.
Disons en passant un mot des difficultés chronologiques, que soulève l'examen des Eummides. En instituant le tribunal de l'Aréopage, « conseil incorruptible, vénérable, irascible gardien qui doit veille/