‹ Études sur le drame antiqueChapitre 18 sur 56 · Voir ibid · texte numérisé non relu

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sur le sommeil des citoyens », la déesse avertit les Athéniens de ne pas déchaîner les passions par de dangereuses innovations. Or la trilogie fut jouée en 458, trois ou quatre ans après la réforme d'Ephialte qui priva l'Aréopage de ses prérogatives politiques. La date de cette réforme est donnée par Diodore et, plus exactement, par Aristote dans rAÔ7)vaia>v icoXtTeix 1 . Iles grands avertissements placés dans la bouche de Pallas seraient-ils donc, non un conseil, mais une protestation? On ne peut croire qu'Eschyle ait irrité le parti qui venait de l'emporter, la majorité de son public, gratuitement et sans profit pour la cause qui lui était chère; et, s'il en avait été ainsi, on ne comprendrait pas que les juges du concours dramatique eussent décerné au poète le premier prix. Les textes d'Aristote nous aideront peut-être à résoudre cette difficulté. Le philosophe dit, dans la Politique*, que les attributions de l'Aréopage furent réduites par Ephialte et Périclès. On entendait ces mots d'une loi unique proposée conjointement par ces deux hommes d'État. Mais rien n'empêche de les interpréter autrement; la manière dont les faits sont rapportés dans le Gouvernement d'Athènes* nous y autorise même. Il semble que Périclès, allant plus loin encore dans la voie ouverte par Ephialte, voulut compléter sa

1. *A0. tio),., chap. xxv : ïit\ Kovcovoç, en 462-461 avant J.-G.

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