Aristote, Politique, II
3. Après avoir parlé de la réforme d'Ephialte au chapitre xxv, Aristote dit, au chapitre xxvii. de Périclès : tû>v 'ApeorcayiTwv ëvia àç sîXeto.
réforme démocratique. Si ce nouveau conflit était encore pendant au moment où YOrestie fut jouée, l'attitude du poète s'explique. Le triomphe de Périclès et du parti combattu par Eschyle était peut-être pour quelque chose dans la résolution de ce dernier de quitter Athènes peu de temps après sa victoire dionysiaque.
Revenons, en terminant* à un point auquel nous avons touché plus haut. On peut dégager des drames d'Eschyle certaines idées théologiques ou philosophiques; mais prétendre y découvrir un système suivi et invariable, c'est là une singulière erreur. Tantôt nous voyons la volonté de l'homme entraînée par une fatalité irrésistible; tantôt la liberté s'affirme fièrement en face de la nécessité qui la brise sans pouvoir la fléchir. Les sujets de la fable, comme les expériences de la vie, suggèrent des réponses diverses à un grand problème insoluble. Ne demandez pas au poète de le résoudre. M. Richter a très bien noté les variations philosophiques d'Eschyle. Donnons quelques exemples, qui n'ont pas trouvé place dans le livre que nous annonçons, des variations de la théologie d'Eschyle. Le poète ne raconte pas toujours de la même façon les mêmes fables héroïques ; il n'y a pas lieu de s'en étonner, puisqu'il les modifie souvent de sa propre autorité. Mais il prend aussi de grandes libertés pour les fables divines, et il lui arrive de les varier d'une tragédie à l'autre. Ses vues sur le fond même de la mythologie, sur la nature des dieux et particulièrement de Zeus, ne semblent pas bien arrêtées
Sô ETUDES SUR LE DRAME ANTIQUE.
non plus, et il ne parle pas toujours de la môme façon dé la condition des âmes après la mort.
D'après les Fuménides, Penthée fut déchiré par les Ménades sur le Parnasse : c'est la version delphique. Ailleurs 1 , le poète, adoptant la version béotienne, plaça le lieu de la scène sur le Cithéron. Les erreurs d'Io sont rapportées dans le Promélhée autrement que dans les Suppliantes. Les variations de la fable des dieux ont plus de portée. Hélios, qui figure à côté d'Apollon dans les Suppliantes, est identifié avec lui en d'autres endroits *. Artémis est pour Eschyle, comme pour tous les Grecs, fille de Latone 8 ; cependant une fois, on ne sait dans quel drame et à quelle occasion, il lui donna Déméter pour mère*. L'article suivant donnera d'autres exemples de ces variations.
On ne peut lire sans étonnement cinq vers que, dans les Phrygiens d'Eschyle, un personnage, probablement Hermès, adressait à Achille pour l'engager à laisser ensevelir le corps d'Hector. En voici le sens : « Quant aux morts, que tu aies l'intention de leur faire du bien ou du mal, cela est indifférent, car ils ne ressentent ni joie ni douleur. Mais notre réprobation est vivante, et la Justice veut que le défunt ait son tombeau. »
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1. Dans les Savxpiat. Voir le scholiaste des Euménides, 26. . 2. Cf. Suppl., 212-214; Sept., 859; Choéph., 985-987.