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la nécessité de la nature ou l'intelligence des mortels, je t'adresse ma prière, car. par un chemin occulte, tu conduis silencieusement, selon la justice, toutes les choses humaines. ■» Il est diflicile de résumer plus nettement les principaux systèn.es théologiques : le panthéisme, qui est au tond des religions helléniques : le fatalisme, qui se mole déjà dans Homère à la conception de la puissance divine; enfin la doctrine d'Anaxagore, qui taisait de l'intelligence, du Xous. l'ordonnateur du monde. Car c'est bien ainsi qu'il faut entendre ce que le poète appelle l'intelligence des mortels, l'esprit humain étant considéré comme une émanation, une parcelle de l'esprit divin. Peut-on dire, avec notre auteur, que cette profession de foi détruit la personnalité de Dieu? Comment en serait-il ainsi, quand le poète affirme que Zeus, quel qu'il soit, gouverne avec justice les choses humaines? L'enchaînement nécessaire des causes et des effets n'est-il pas devenu pour les Grecs une personne sous le nom de Moîca? Et les éléments de la nature n'ont-ils pas été aux yeux des anciens des êtres vivants? Nous avons aujourd'hui de la peine à comprendre que l'on puisse adorer le soleil et les corps célestes comme des êtres animés. Les dieux ronds des stoïciens nous font rire, et Ernest Havet, qui connaissait cependant si bien l'esprit hellénique, ne put se persuader que Platon crût sérieusement à la divinité des astres. Nous ne doutons pas un instant de la sincérité de Platon. Si Goethe fait paraître l'Esprit de la Terre dans son Faust, il y a là plus qu'une fiction
poétique; ce grand esprit croyait à la hiérarchie de ce qu'il appelait les monades, et il ne voyait aucune difficulté à penser que la monade d'un homme supérieur s'élevât après sa mort au rang de monade de Sirius ou d'un autre astre.
Faut-il entendre dans le sens de l'athéisme les vers de YHécube (799-800) où il est dit que la loi, c'est-à-dire la coutume (vo{jloç), est au-dessus des dieux, puisque c'est elle qui a déterminé la croyance aux dieux? Nous ne le pensons pas. Hérodote déclare bien que les traditions religieuses, les noms et les attributs des dieux, sont choses conventionnelles qui varient de peuple à peuple; et personne ne contestera la piété d'Hérodote. La religion, en quelque sorte internationale, du père de l'histoire, est parfaitement conciliable avec les vers que nous venons de citer. Ce qui nous porte à croire qu'Euripide était loin de prêcher l'athéisme, qu'il ne voulait pas détruire, mais épurer les croyances de sa nation, c'est la haute et noble idée qu'il donne de la nature des dieux. « Si les dieux font une chose honteuse, ils ne sont pas dieux. » « Je crois qu'aucun dieu n'est méchant. » « Dieu, s'il est vraiment dieu, n'éprouve aucun besoin *. » Il y a mieux encore que ces réflexions détachées, c'est la réalisation dramatique de ces croyances épurées. Qui peut lire sans une profonde ^motion la dernière scène de YHippolytet La présence d'Artémis, dont il entend la voix, dont il sent le souffle divin sans la voir, ne