‹ Études sur le drame antiqueChapitre 30 sur 56 · Voirv · texte numérisé non relu

Voirv

mais les arguments <lu devin sont assez faibles, et Ton voit dans un autre drame d'Euripide, que, par le fait, il était facile d'abuser des bacchantes J . Les esprits forts pouvaient donc, aussi bien que les âmes dévotes, trouver dans la tragédie d'Euripide de quoi se confirmer dans leurs sentiments. Il faut cependant avouer qu a le prendre dans son ensemble, le drame est une glorification de Dionysos et que les senliments de piété y sont exprimés avec une ferveur, une insistance qui entraînent le lecteur et lui font oublier les faibles protestations de la raison. Il est un point en particulier sur lequel il faut appeler l'attention et qui semble venir à l'appui de l'opinion qui voit dans les Bacchantes une palinodie du poète philosophe.

Le chœur est dans son rôle quand il chante les bienfaits de son dieu et condamne l'incrédulité de Penthée, quand il déclare qu'il est sage de se méfier d'une vaine sagesse et d'embrasser les croyances et les pratiques de la foule simple et ignorante *. Mais voici qui est plus étonnant : « Il en coûte si peu de croire que nous sommes gouvernés par la puissance mystérieuse des dieux et que les traditions consacrées par les siècles sont éternelles et véritables 3 . » Rapprochons de ces paroles prononcées par le chœur, d'autres qui sont placées dans la bouche de Tirésias : « Les croyances que nous tenons de nos pères et qui sont aussi

!. Voir Ion, ti'\0 et suiv.

Page 1