‹ Études sur le drame antiqueChapitre 31 sur 56 · lb. f · texte numérisé non relu

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anciennes que le temps, aucun argument ne les renversera, fût-il imaginé par l'intelligence la plus subtile *. » De pareilles déclarations ont une portée d'autant plus grande qu'elles ne sont nullement amenées par le sujet du drame. Penthée refuse de croire à un dieu nouveau, il s'oppose à l'introduction d'un culte étranger. Le poète fait un anachronisme voulu : il s'adresse à ses contemporains, pour lesquels la religion de Bacchus, déjà consacrée par le temps, se trouve placée au même rang que celle des autres dieux de l'Olympe. Ce n'est plus le chœur des Bacchantes, c'est le poète, c'est Euripide lui-même qui traite de folie la prétendue sagesse des esprits forts.

Nous ne trouvons à cela qu'une seule explication. On a vu depuis longtemps que les Bacchantes furent composées pour le théâtre dTEges, capitale d'Archélaûs de Macédoine. L'éloge du pays, de ses beaux fleuves, de ses montagnes sacrées, de la piété de ses habitants, ne laisse pas de doute à ce sujet. On sait du reste, ce qu'attestent les vers du poète, combien les bacchanales étaient en honneur dans la Macédoine ; l'histoire nous apprend qu'Olympias, la mère du grand Alexandre, était passionnément adonnée à ce culte orgiastique. Dans un pareil milieu, le poète était astreint à plus de retenue que dans la démocratique Athènes. Il était obligé de dissimuler avec plus de soin ses discrètes objections, et de protester ostensiblement de sa

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