Thesmophores
3. Xénophon, Cyrop., VI, i, 54 : "ûroep xpaYi^ç o-xï)vr ( ç t£v ÇuXu>v tcckxoç e%6vïtûv.
l'habitude de dresser une construction en bois pour les décors et pour les acteurs. La seule partie permanente et maçonnée du théâtre était donc l'orchestre circulaire; mais, dès qu'il y eut des acteurs distincts des choreutes, on a dû couper un segment du cercle pour dresser une estrade, dont le bord antérieur formait la corde de ce segment, et audessus de laquelle s'éleva bientôt une paroi, d'abord unie, plus tard, entre les dates de 467 à 458, couverte de peintures. Par une erreur facile à expliquer, on s'était longtemps figuré le théâtre du v e siècle pareil à celui dont parlent Vitruve et Pollux ; mais tout n'a pas été créé en un jour : les progrès essentiels de la tragédie se firent successivement dans le cours d'un siècle; les perfectionnements matériels mirent encore plus de temps à s'accomplir.
Dans le môme volume M. de Wilamowitz traite de la vie d'Euripide, de l'histoire du texte des tragiques grecs dans l'antiquité et dans les temps modernes, de la légende d'Hercule et de YHéraklès d'Euripide. Nous nous réservons de parler de la plupart de ces sujets quand nous nous occuperons de cette tragédie.
Pour ce qui est de la vie d'Euripide, contentonsnous de toucher ici à un seul point. Le lecteur voudra bien nous pardonner cette digression. La tragédie d'Euripide diffère de celle de ses prédécesseurs, moins par la forme et la constitution matérielle du drame que par l'esprit. Il est donc intéres-
sant de connaître les rapports qui peuvent exister entre le poète et les penseurs contemporains. On croit généralement qu'Euripide commença par être disciple d'Anaxagore, et que, jeune encore, il vécut dans l'intimité du vieux philosophe. Après avoir autrefois contesté cette tradition, M. de Wilamowitz y revient aujourd'hui, au moment où M. Decharme la combat à son tour. Tout en admettant la vraisemblance de certains rapports de fréquentation et d'amitié, notre savant collègue , dans un intéressant article de la Revue des études grecques ', se refuse à voir dans Euripide le disciple d'Anaxagore. D'après Denys d'Halicarnasse, la fable de Mélanippe n'aurait guère été pour Euripide qu'un prétexte pour exposer le système du philosophe de Clazomènes. L'héroïne du drame prononçait une longue tirade, dont nous n'avons plus que les premiers vers. En voici le sens : « A l'origine, le ciel et la terre, confondus ensemble, ne présentaient qu'un même aspect; quand ils se furent séparés l'un de l'autre, ils enfantèrent toutes choses et firent paraître au jour les arbres, les tribus ailées, les animaux qui peuplent la terre et la mer, et la race des hommes. » Est-il vrai que cette cosmogonie diffère essentiellement de celle du philosophe ionien? Nous ne le pensons pas. Le trait distinctif du système d'Anaxagore, c'est qu'il tira le monde, non de la combinaison des éléments primitifs, mais de leur séparation. D'après lui, l'ordre naît quand la confusion originelle se