e fascicule, p. 234 et suiv
démôle. Cette idée est traduite d'une manière populaire dès le début de ce morceau ; nous n'en avons pas la suite, mais Denys le lisait en entier, et je ne vois pas pourquoi nous récuserions son témoignage. Mélanippe essaye de sauver ses enfants, fruits d'un amour clandestin, qu'elle avait exposés et qui vont être brûlés vifs, parce qu'on les a trouvés au milieu des troupeaux et qu'on les prend pour des monstres nés d'un taureau et d'une vache. Sans trahir son secret, elle entreprend d'expliquer les lois de la nature, afin de démontrer qu'il n'y a pas de prodiges. Cette thèse est tout à fait conforme à ce que nous savons d'Anaxagore. Il enseignait que les éclipses du soleil et de la lune avaient des causes naturelles, et combattait la superstition qui y voyait des signes effrayants. Un jour les bergers de Périclès viennent annoncer la naissance d'un bélier à une corne; le devin Lampon interprète ce prodige comme le présage d'une révolution politique; Anaxagore ouvre le crâne de la bête et fait voir que le phénomène tient à une conformation particulière du cerveau. Le récit que Plutarque 1 fait à ce sujet vient évidemment des mémoires du temps; et ■ Anaxagore y raisonne absolument comme le personnage d'Euripide. La jeune femme déclarait que cette sagesse n'était pas la sienne, mais lui venait de sa mère, fille du centaure Chiron. C'était là, d'après Denys, un tour indirect dont se servait le poète pour rendre hommage à un maître ten-