‹ Études sur le drame antiqueChapitre 40 sur 56 · Héraklès · texte numérisé non relu

Héraklès

2. A la siïite du Bios d'Eschyle. [Voici comment M. Doerpfeld (ouvrage cité ci-dessous, p. 340) interprète ce passage de Pollux (IV, 123) : C H CTxyjvTi 'jTcoxpitwv TSiov « parce qu'ils^sont censés

décident rien; ils ne laissent cependant pas de fournir une présomption en faveur de l'estrade* 1 .

Les dialogues lyriques entre le chœur et un ou deux personnages de la scène sont un des plus anciens éléments de la tragédie grecque : ils proviennent de la complainte funèbre, et ont continué d'en porter le nom (xojxfi-oç, planclus), lors même qu'ils n'avaient rien de funèbre. Ici il faut se mettre en garde du double* sens de notre verbe répondre. S'agit-il simplement de chants alternatifs, tout le chœur ou une partie du chœur peut répondre à l'acteur. Mais quand il y a accord antistrophique, c'est-à-dire identité de mesure et d'air, il faut qu'une seule voix réponde à une voix unique. Nous n'admettons donc pas que « le chœur entier unissait ses voix » pour répondre à Facteur dans la parodos à" Hélène 8 . De même, nous nous sommes refusé à

y demeurer et en sortent », yj 8s ôpx^<rcpa toO x P°v * parce qu'ils s'y tiennent ». Nous aurions là deux membres de phrase en apparence parallèles, mais louchant l'un vers la droite, l'autre vers la gauche.]

1. [Voir maintenant, dans B.C.H., 1894, p. 161-168, le rapport de M. Homolle sur le théâtre de Délos (iv e siècle). Les magistrats chargés de présider à la construction du théâtre se servent dans leurs comptes indifféremment des termes irpoexxr,viov et Xoyetov. Il est vrai que M. Doerpfeld veut que Ton entende le ôeoXoyeiov. Voir Das griechische Theater, von \V. Doerpfeld und E.Reisch. Athen und Leipzig, 1896. A la page 148, M. Doerpfeld dit que le ^oyeiov est ainsi appelé parce que les dieux y paraissent dans les drames et les orateurs dans les assemblées. Cependant M. Reisch admet (p. 229), ce qui est incontestable, que, depuis Euripide, les dieux parlaient du haut d'une machine (àwb {i.r,-/avf t c) qui les tenait suspendus en l'air. — lbid., p. 191, nous relevons la concession que les acteurs qui prononçaient des allocutions se tenaient sur les degrés de la scène*.]

2. Hélène, 167-228 : deux couples de strophes. Decharme, p. 485.

distribuer entre plusieurs choreutes un morceau de YHippohjte dont le pendant est chanté tout entier par Phèdre seule '. D autres morceaux amébées sont distribués soit entre les demi-chœurs, soit entre deux ou plusieurs choreutes ; ils appartiennent tout entiers à l'orchestre. D'autres encore viennent uniquement de la scène et sont alternativement débités par deux acteurs. A ces trois espèces de dialogues lyriques s'ajoutent des dialogues mixtes. Il arrive assez souvent qu'un des interlocuteurs, soit coryphée, soit acteur, plus calme que l'autre, fasse sa partie en vers iambiqucs simplement récités, ou bien qu'il passe de la récitation au chant, ou du chant à la récitation, suivant que son émotion va en croissant ou en décroissant.

M. Decharme fait bien comprendre au lecteur ces divers moyens d'expression, dont il cite de nombreux exemples. Cependant il lui est arrivé, je ne sais comment, de passer sous silence un mode de débit intermédiaire entre le chant et la récitation ordinaire, à savoir la déclamation mesurée par l'accompagnement musical. On sait que les systèmes anapestiques, le mètre de marche par excellence, étaient débités de cette façon, d'autres mètres pouvaient être traités de la môme manière. Dans Hippolyte, la plainte de Thésée sur le cadavre de Phèdre s'exhale dans une série de distiques dochmiaques et de distiques iambiqucs régulièrement enlacés. Ces derniers semblent réclamer le débit mélodramatique 2 .

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