On lit dans les Problèmes cTAristote, xix, 6 : Atoc té rj
7tapaxaTaXoYY) iv tociç o>6at; Tpayixdv; r, ôià ttjv àvcojxaXtav; icaèr,Tixbv yàp to àva){i.aXs; xai èv [Leyibei xu^C *l Xvtct);, To-8è ojxaXèç gXarrov «ptôSeç. Gomment faut-il entendre l'énoncé du problème? Je traduis : « Pourquoi la paracatalogé parmi les chants (mêlée aux chants) convient-elle à la tragédie? » Si on adopte cette traduction, qui me semble la plus naturelle, on voit de suite de quelle inégalité le philosophe veut parler. D'après M. Christ (/. <;.), àva>{iaXîa désignerait le contraste de la déclamation simplement mesurée et de l'accompagnement musical (qui semblerait plutôt demander le chant). Der Widerstreit von spvachlicher Déclamation und musikalischer Begleiluny.3e ne sais si d'autres partageront cette manière de voir.
Eschyle s'en est servi souvent et heureusement. Dans les Sept, Etéocle s'efforce à plusieurs reprises, mais sans grand succès, de calmer la frayeur où le bruit des armes jette les jeunes filles de la ville assiégée. Elles chantent, et le rythme inégal et violent des dochmiaques rend bien leur émotion; Etéocle leur parle en trimètres. Six strophes, suivies chacune de trois vers iambiques, forment trois couples qui se succèdent uniformément, l'antistrophe étant toujours rapprochée de son pendant 1 . Dans l'acte suivant on a un autre dialogue disposé absolument de la même manière. C'est maintenant le chœur qui s'efforce, à plusieurs reprises, mais avec moins de succès encore, d'apaiser la passion d'Etéocle. Le chœur chante encore des dochmiaques; c'est qu'il redoute un combat à mort entre les deux frères et en frémit d'horreur. Etéocle couvre sa passion du calme apparent d'une résolution inébranlable : il s'exprime en trimètres, chaque fois encore au nombre de trois *. J'aime à croire que le poète a voulu marquer, par cette ressemblance de la forme, une certaine corrélation entre les deux scènes, un rapport à la fois de ressemblance et de contraste.
Rien n'est plus connu, et à juste titre, que la grande scène de Cassandre dans YAgamèmnon; il faut cependant en dire un mot ici, parce que nulle part les effets de cette àvcojxaXtx dont parle Aristotç ne sont plus frappants. Les quatre premières