‹ Études sur le drame antiqueChapitre 47 sur 56 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

couples de strophes offrent l'alternance uniforme du chant et de la déclamation cadencée dont nous venons de parler; aux exclamations, aux visions incohérentes de Cassandre, le coryphée répond, froidement par deux trimètres. Ensuite cet arrangement simple est légèrement varié par l'addition d'un morceau lyrique à la fin de chaque strophe : effrayé par la persistance des lugubres prophéties, le chœur commence à s'émouvoir, et son distique iambique est 6uivi de vers chantés. Puis Cassandre commence à se recueillir : tout en continuant de chanter ses visions, elle les fait toujours suivre d'un distique déclamé; les deux trimètres passent du chœur à la voyante. C'est ainsi que se prépare la prophétie claire et suivie en trimètres non cadencés. On ne saurait se servir des trois espèces de débit avec un art mieux nuancé.

Les autres commoï de YOrestie sont d'une construction beaucoup plus compliquée. Faut-il croire qu'Eschyle renonça de propos délibéré à l'arrangement le plus simple, celui qui rappelle la disposition des couples antistrophiques des stasimal Après Eschyle il devient rare. Il reparaît cependant beaucoup plus tard dans Œdipe à Colone (1447- 1499). Si les cinq trimètres cadencés y sont toujours symétriquement répartis entre deux interlocuteurs, le dialogue n'en est pas moins jeté dans le môme moule. C'est encore le même moule que l'on retrouve dans une belle scène d'Alceste l . Quoique le

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