‹ Études sur le drame antiqueChapitre 51 sur 56 · on, 205-218 et · texte numérisé non relu

on, 205-218 et

300 kti:des sur le drame antique.

servées. Voici comment on pourrait s'en rendre compte. Les anapestes étaient, non chantés, mais récités en mesure au son de la flûte. Aux endroits rorespnmlants de la strophe, les intervalles du dialogue Ivrique pouvaient être remplis par les mêmes aceords. Les femmes promenaient leurs regards sur les différentes parties de la frise, et il fallait un peu de temps à Tune pour trouver la figure indiquée par l'autre. Des intervalles pareils sont donc très admissibles dans les dialogues des comédies. Malheureusement M. Zielinski ne justifie pas bien ceux qu'il propose; la plupart sont peu probables, trop visiblement inventés pour les besoins de la cause; encore ne réussit-il pas toujours à établir une correspondance parfaite : il se contente quelquefois de deux séries de vers en nombre inégal, mais de côté et d'autre divisibles par quatre. La symétrie est boiteuse. Ajoutez qu'il désespère lui-même d'égaliser tous les dimètres qui viennent régulièrement à la suite des tétramètres et font partie intégrante des morceaux parallèles.

Uagon n'est donc pas soumis à des règles strictes et invariables, il peut même s'affranchir du vers tétramètre; il s'étend au delà des limites où renferme l'auteur du présent livre jusqu'à envahir quelquefois la plus grande partie du drame, et, d'un autre côté, il n'est pas nécessaire et inévitable au point qu'à l'Age où il florissait aucune comédie ne pût s'en passer. Reste à examiner si, comme on nous l'assure, Yagon est un des éléments primitifs de la vieille comédie attique et s'y trouvait déjà dans la

première phase vraiment nationale et populaire que M. Zielinski appelle la comédie ionienne.

A première vue, on sera peu disposé à partager cette opinion. La méthode des discussions suivies, de l'escrime oratoire prolongé, souvent à plusieurs assauts, peut-elle se concevoir avant l'époque où la parole était devenue toute-puissante dans les assemblées délibérantes et judiciaires? La comédie est l'image de la vie, et l'image n'existe pas avant son original. Ces discussions tiennent essentiellement à l'invasion de la politique dans la comédie, et j'ai peine à croire qu'à son origine la comédie, encore toute populaire, ait été politique au sens où l'est la comédie d'Aristophane. Sans doute, elle usait largement de la liberté des fêtes bachiques; elle riait, se moquait du prochain. Athènes était à la fois une grande ville et une petite ville, tous les citoyens s'y connaissaient, se coudoyaient chaque jour sur la place publique, dans les gymnases, sous les portiques. Aucun ridicule n'échappait à la malice attique, qui se donnait libre carrière aux Dionysiaques. On trouve encore dans Aristophane plus d'un morceau sans rapport avec le sujet de la pièce, où le poète chansonne quelque personnage assez obscur d'ailleurs, mais s'étant fait remarquer par son excentricité, par un travers ou un vice peu commun. Ces morceaux semblent être des souvenirs de la comédie primitive. Celle-ci s'attaquait aussi, on ne saurait en douter, aux personnages marquants, aux hommes qui dirigeaient la cité. Comment se serait-elle privée du plaisir de rire aux jours de fête

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de ceux c|u'il fallait respecter ou ménager tout l'année? l'.'eM là ce « f ■ i i rnnstitm k la ix;/.£ix7; loéa don parle Arislolc et « | ■ ] î e^l inhérente à la comédi* al tique, -i hien € | ti '«-lit* subsiste toujours, ne l'ùl-o 1 1 m* dan*, quelque coin ilu drame, t| 11 *€ k lK- se retrouvi dan- la comédie moyenne et n'est pas même tout i l'ail étrangère à la comédie Nouvelle.

In jour. l:t folle chanson dramatique s'avisa d< jouer un rôle dans la cité, d'avoir une» politiqm suixie. une lendaiiee. un programme; il va sans diri quelle était de l'opposition, <|ue ses (rails plein aienl sur le parti ;hi pou\oir, et eoinine ce parti éiail • «•lui de la déinocralie illimitée, la comédie lit #énéralciiicnl ciiiiM' coiiiiiiune avec la réaction. (Test à cette phase de la comédie, marquée par les noms île kraliiio*., d'Kupolis. d'Aristophane, que seinlileut apparlenir eu propre ces discussions prolongées, rr- lutte- entre !c< représentants des opinions politique- i'ii piv-enrr. le*, partisans des idées nouvelles H ri'iiN de- \ieiile- tradition**.

M.iliiié- ee- objection-, il pourrait y avoir du vrai dans le- Mie- dr M. /.ieiin-ki : il insiste avec raison sur ce* procédé** cou-lanls, ou peu s'en faut, qui jettent une certaine monotonie dans les scènes de ci' Licnre et auxquelles les poètes ne se seraient pas astreints - 'il- u'a\ aient obéi à une vieille coutume qui taisait loi et le- enchaînait. Happelons ces \^v^ t toujours au nombre de deux, par lesquels le clurur floune la parole à l'aeleur qui va soutenir une thèse, et remarquons à ce propos une curieuse différence de conduite entre le choMir comique et le chœur

tragique. Ce dernier, quand il intervient dans les querelles des acteurs du drame, cherche à les apaiser, à calmer leurs passions en faisant entendre la voix de la raison et de l'équité. Dans les comédies, au contraire, le chœur excite les acteurs, il les engage à user de toute leur énergie et de toute leur subtilité pour bien défeçdre la cause qu'ils soutiennent. Il se fait une fête d'assister à leurs joutes brillantes. Parfois les combattants, laissant de côté les arguments bons ou mauvais, descendent aux invectives, se lancent de gros mots, des injures, des menaces. Lisez dans les Chevaliers la première querelle entre le corroyeur et le charcutier : ils finissent par se lancer à la tête des dimètres de la dernière grossièreté. Pour trancher le mot, c'est un engueulement 1 . On pense à notre carnaval : deux masques se provoquent, se criblent de lazzi; on fait cercle autour d'eux, on les encourage, on les excite, comme fait le chœur de l'antique comédie. De pareilles scènes n'étaient sans doute pas rares dans les joyeux ébats des Dionysiaques. On peut croire que la comédie naissante les reproduisait et qu'un souvenir lointain s'en est conservé en certains endroits d'Aristophane. Avec le temps et le progrès de l'art, ces querelles grossières purent changer de ton, prendre une plus grande portée, se transformer enfin en ces discussions régulières, ces joules oratoires que nous offrent la plupart des pièces de la vieille comédie. Avec ces restrictions^ on peut accorder à M. Zielinski

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