Ibid
l'Alastor aurait pris ses traits pour immoler le fils dAtrée aux enfants de Thyeste, et le chœur, sans admettre cette fiction, admet le concours du démon. C'est un essai de concilier deux causes distinctes. Hâtons-nous d'ajouter que cette duplicité était imposée au poète. Les éléments divers dont la tradition s'était peu à peu enrichie en avaient» fait un ensemble complexe qu'il fallait accepter tel quel. Dans les premiers livres de Y Odyssée ', l'histoire n'a rien de tragique : l'infidélité de Clytemnestre s'explique par la durée de la guerre et le long veuvage que l'absence des princes imposait à leurs femmes. Longtemps irréprochable , elle finit par prêter l'oreille aux propos du séducteur. C'est ce dernier qui agit seul : à lui s'adressent les avertissements de Zeus ; par son ordre un esclave épie le retour du roi ; c'est lui qui va au-devant d'Agamemnon, lui offre l'hospitalité dans son palais, et pendant le repas le fait égorger, lui et les siens, par des hommes armés qu'il a mis en embuscade. Clytemnestre est passive, aussi n'est-elle pas tuée par Oreste : car le vers où sa mort est mentionnée * et qui, au témoignage du scholiaste, manquait dans plusieurs exemplaires, fait disparate dans le contexte, et ne peut s'expliquer que par l'interpolation tardive d'un rapsode, habitué à la modification de la fable qui nous est devenue familière. Des traditions péloponésiennes, qui ne sont peut-être pas plus récentes que les