DES ENGORGEMENTS
Glande entière. . (1)
Lobes latéraux (1). .
Les goitres mous et indolents sont les plus communs; cependant MM. Lavort, Gérard, Gouget et Dourif ont cité des cas de goitres douloureux.
Chez les militaires observés par nous en 1851, la maladie a débuté prompteraent et sa durée a été courte. Dans un seul cas , elle a été accompagnée de douleurs vives dans le corps thyroïde : cinq soldats ont accusé des souffrances médiocres qui augmentaient par la pression ; les autres ont assuré que la tumeur était indolente.
Lorsque le goitre gros et dur se développe rapidement , il détermine parfois de la difficulté pour avaler ou une sensation ' de constriction dans la gorge; s'il comprime la trachée, il gêne la respiration ; le timbre de la voix peut être altéré : elle devient rauque ou enrouée. Ces phénomènes morbides sont plus prononcés quand le malade monte ou lorsque le col de sa chemise est trop serré.
En général , le volume du goitre aigu augmente plus ou moins le soir ; nos observations concordent sur ce point avec celles de MM. Fleury, Rozan et Halbron. M. Gouget dit avoir remarqué , au contraire , que l'engorgement thyroïdien est plus considérable le matin (2).
(1) Presque toujours, l'engorgement du lohe droit prédomine.
(2) La mensuration ne peut donner des renseignements utiles que lorsque le cou a été mesuré antérieurement, celte partie offrant un volume très-différenl chez les divers individus ; mais lorsque le col de la chemise on le collet de h ' lUBique devient trop étroit , cela permet d'apprécier avec exactitude le développement ultérieur de l'engorgement thyroïdien. Les mesures indiquées ont varie entre S* et 4G centimètres.
•50 GOITIŒ ÉriDÉMIQUE.
Nous croyons devoir rapprocher de la description des symptômes l'étude des kystes qui se forment [dans l'épaisseur du corps thyroïde pendant la durée du goitre aigu. L'existence de ce genre de complication a été constatée par MM. Collin , Gouget, Dourif, Halbron , Rozan et Nivet.
M. Dourif, dans son Mémoire inédit sur l'épidémie de 1862, déclare que six militaires, sur 57 observés par lui, ont offert des kystes qui se sont développés , soit sur la ligne médiane du corps thyroïde , soit sur ses parties latérales. Un de ces kystes , parfaitement isolé , situé sur le lobe gauche , entre la trachée et le muscle sterno-mastoïdien , formait à cet endroit un relief très-manifeste. Il était assez mobile, mais lorsqu'on le saisissait, il donnait au toucher la sensation d'une tumeur ovoïde , ayant au moins deux centimètres dans son grand diamètre.
Voici l'observation de M. Gouget : « Dans un cas de goitre bilatéral , il existait simultanément une tumeur kystique du volume apparent d'un œuf de pigeon , siégeant au-devant de la trachée-artère immédiatement au-dessus de la fourchette , et disparaissant en partie derrière le sternum par la pression. Ce kyste a été beaucoup plus réfractaire que l'engorgement thyroïdien lui-même. »
Nous avons également observé un kyste du volume d'un œuf de pigeon , qui avait son siège dans le lobe droit du corps thyroïde , à l'endroit oii il se joint au lobe moyen.
L'un des goitres observés par M. Rozan renfermait, enfoncé derrière la fourchette , sous le muscle sterno-mastoïdien , un kyste indolent, sphérique , gros comme une noix , rénitent , indépressible. Il a été réfractaire au traitement.
M. Collin, qui a noté cette complication chez trois soldats, a remarqué comme M. Gouget , que les kystes persistaient alors que l'engorgement avait cessé sous l'influence des remèdes employés.
Ces petites tumeurs sont probablement l'origine des goitres cystiques signalés par un assez grand nombre d'auteurs et notamment par Celse , J.-L. Petit, Louis , Tenon, Pelictan, Percy , M. Victor Fleury , etc . . . .