SYMPTOMES ET COMPLICATIONS
M. Broca suppose que les kystes du corps thyroïde ont leur siège dans les follicules de cet organe. « Les follicules , dit-il, à l'état normal, sont visibles à la loupe et môme à l'œil nu, et il est aisé de suivre sur la môme pièce, tous les degrés de leur transformation kystique (1). »
M. Robin dit également que les vésicules de ce corps deviennent le point de départ des kystes thyroïdiens (2).
Nous devons faire remarquer , que les goitres aigus les plus considérables n'atteignent jamais , pendant les premiers mois , la grosseur des goitres endémiques invétérés volumineux.
M. Collin a remarqué chez deux ou trois malades , des battements exagérés du cœur , des artères carotides et thyroïdiennes. Chez un soldat dont parle M. Gouget , les yeux étaient saillants et brillants, et ce médecin a craint, un instant, de voir se développer un goitre exophthalmique.
La dilatation des veines jugulaires , externes et thyroïdiennes , a été notée plusieurs fois. Enfin , on a constaté la présence d'un bruit de souffle dans les carotides ; ce bruit tient tantôt à la compression de ces vaisseaux par un goitre dur et volumineux , tantôt à l'état anémique du malade , état qu'on observe quelquefois comme complication.
La céphalalgie et les tournements de tôte n'existent guère que lorsque les personnes atteintes ont le cou serré dans des vêtements trop étroits.
L'état général des malades est ordinairement bon ; il y a absence complète de troubles des fonctions de la digestion. Le pouls est naturel , et la chaleur de la peau est normale.
Quelques soldats observés par M. Ilansen , ont présenté un mouvement fébrije passager et une dysphagie exagérée.
Chez un très-petit nombre de malades , le goitre aigu s'est compliqué d'engorgements des ganglions cervicaux et sousmaxillaires. Cette complication a été observée à Clermont par M. Dourif; à Besançon,, par M. Gérard , qui a remarqué que
{\ Brocn cilé par M. Patrilti, thèse sur le goître cysliqiie. Paris, 1872. (2) Lillré el Robin , Dictionnaire de médecine.
52 GOIIRE ÉPIDÉMIQUE.
ces ganglions'ont été plus réfractaires à l'action du traitement que l'engorgement thyroïdien.
En 1853, une épidémie d'adénites a précédé l'apparition de l'épidémie goitreuse (1). M. Jacquier a vu, d'autre part, les goitres aigus succéder à des engorgements parotidiens. Enfin , on a observé comme complications , des laryngites et des bronchites (Thibaud ).
Le goitre aigu peut également se montrer pendant la durée d'un rhumatisme.
(i) Recueil des Mém. de méd. , chir, et pharm, milil. Tom. xiii, 2e série ^