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CHAPITRE HUITIÈME

RÉFLEXIONS GÉNÉRALES SUR l'ÉTIOLOGIE DES DIVERSES ESPÈCES DE GOITRE.

Nous ne pouvons pas terminer l'histoire particulière que nous avons faite du goitre épidémique, sans chercher à en déduire quelques conclusions qui nous semblent propres à éclairer la question si intéressante de la palhogénie générale des diverses espèces d'engorgements de la glande thyroïde. Nous ajouterons à ces données, le résumé des observations que nous avons recueillies dans diverses communes du département du Puy-de-Dôme.

Les causes du goitre sont multiples , telle est la proposition que nous avons inscrite en tête du deuxième chapitre de nos Etudes sur le goUre épidémique. Les faits importants contenus dans notre Introduction, les observations nombreuses inscrites dans le reste de notre travail , ne peuvent laisser aucun doute sur l'exactitude de celte assertion.

En général, avons-nous dit , les étrangers qui sont atteints du goître aigu , ont résidé pendant un certain temps dans un pays oiî le goitre est endémique. Il est probable que cette habitation modifie leur constitution et les rend plus sensibles à l'action des causes déterminantes de cette affection ; malheureusement cette modification n'est annoncée par aucun symptôme, par aucun caractère évident. Le nombre des personnes atteintes est très-limité. Les causes prédisposantes les plus actives sont, indépendamment de l'habitation dans un pays à goître , la marche ascendante qui congestionne la glande thyroïde et les sueurs répétées et abondantes qui succèdent aux longues promenades et aux exercices faits pendant les saisons les plus chaudes de l'année.

Les causes déterminantes sont : tantôt le refroidissement du

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COU occasionné par des courants d'air, tantôt l'ingestion de l'eau froide pendant que le corps est en sueur.

Peut-on attribuer le goitre aigu à l'absence de l'iode dans les eaux et les aliments, telle est la question qu'il convient maintenant d'examiner. Les études cliniques ayant démontré que l'iode et ses préparations administrées à l'intérieur et à l'extérieur, guérissent généralement les goitres sporadiques et épidémiques récents , on est autorisé à conclure que cette substance dissoute dans les eaux potables ou mêlée aux substances alimentaires, agit comme moyen préventif et s'oppose à la production des diverses espèces d'engorgements du corps thyroïde. Cette conclusion résulte de l'examen consciencieux: des observations publiées par M. Chatin. Elle nous paraît très-naturelle.

Mais on n'est nullement autorisé pour cela à dire que l'absence de l'iode dans les eaux potables et les aliments soit une cause efficiente du goitre.

A l'appui de cette thèse, nous avons cité, dans notre chapitre deuxième , un assez grand nombre de villages d'Auvergne ou de Savoie dans lesquels le goitre n'existe pas, quoique les eaux potables soient pauvres en iodes ou n'en contiennent pas du tout.

Quoi qu'il en soit, on ne peut pas attribuer à l'absence de l'iode dans l'air, les eaux et les aliments , les goitres épidémiques.

En effet , si cette absence était une cause déterminante de l'engorgement thyroïdien, on observerait cette maladie tous les ans, à toutes les époques de l'année.

Or cette affection apparaît seulement: 1°. pendant les années exceptionnellement chaudes , à la suite de promenades répétées qui provoquent des sueurs débilitantes; 2°. quand des fardeaux, la marche ascendante ou des exercices de force ajoutent aux transpirations exagérées une congestion plus ou moins forte de la glande thyroïde ; 3«. enfin lorsqu'un refroidissement occasionné par un courant d'air ou par l'ingestion de l'eau froide agit sur le cou pendant la durée de la sueur.

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Comment expliquer d'ailleurs par l'absence de l'iode , ces goitres qui se multiplient au collège de Clermont lorsque le robinet d'eau froide de la cour des récréations est ouvert, et qui diminuent sensiblement quand ce robinet est fermé? (Lavort),

Comment expliquer encore, en s'appuyant uniquement sur les idées de M. Chatin , la diminution des goitres qui a été remarquée à Guatemala lorsque les habitants de ce pays ont fait usage delà cravate (Bouillaud et Ratier).

Les opinions émises dans nos Etudes expliquent au contraire d'une manière très-naturelle les faits rapportés dans les mémoires des praticiens qui ont étudié de près le goitre épidémique.

Ajoutons que le goître aigu, qu'il soit sporadique ou épidémique, est un accident passager qui ne doit point faire redouter que la descendance du malade soit condamnée aux engorgements thyroïdiens, à la condition que ce malade aura soin de se guérir complètement et d'éviter de s'établir dans un pays où le goître est endémiqué.

Les engorgements aigus du corps thyroïde, traités peu de temps après leur apparition, ne résistent jamais à un traitement bien dirigé et employé avec persévérance. Si l'on néglige de se soigner pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois , cet engorgement peut passer à l'éclat chronique et devenir , chez quelques individus, difficilement curable.

Cette proposition s'applique aux militaires et aux collégiens, comme aux ouvriers et aux agriculteurs.

Il est difficile , dans les pays ou le goître est fréquent , de séparer cette variété de goître chronique , des goitres héréditaires; aussi se troûvent-ils confondus dans les statistiques mili- ^ taires.

Dans les régiments, le col de la tunique ; dans les pensions déjeunes gens, le col de la chemise, qui deviennent trop étroits quand la glande thyroïde augmente de volume, avertissent les soldats et les élèves que leur cou grossit. Chez les jeunes Glles et les femmes, les goîtres sporadiques et épidémiques indolents

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