aç
Une seule observation sur le vers X , 1 76 , 1 , où cette racine , qui signifie « manger » ( et même « boire » dans le Rig-Veda), prendrait le sens de «tetern, parce que le régime est «la vache», ou plutôt It terre comparée à une vache mère. Mais Agni, d'une part, dévore bien son père et sa mère, X, 791 é, c'est-à-dire les deux aranis, et de l'autre tond, I, 65, 8 , ou rase , X , 1 A 2 , 4 , la terre qui est aussi appelée sa mère. On comprendrait donc très bien qu Agni
^ Au vers I, 70, 1, rien n empêche de garder le sens d*«ofaÉenir». Le vers X, 29, 8, a été cité ci-dessus.
dévorât la ten^ considérée comme une vache, et comme une vache qui serait sa mère. Or une correction très simple au texte du vers X, 176, 1 [rishûnàm pour ribhànâm) lui donnerait pour sujet fcles fils des flammes», c est-à-dire les feux mêmes, ôf. V, aS, 1 . Si Ton remarque encore que Tépithète de ce sujet, viçvàdhâyasas y est précisément une épithète d'Agni, V, 8, 1; VII, /l , 5, on trouvera peutêtre que la question vaut au moins d'être examinée.
a-çatrd.
M. Roth et M. Grassmann se donnent beaucoup de peine pour expliquer ce mot au vers V, 1 , 12, et ils ne le font qu en s écartant considérablement de son sens ordinaire. Tout devient très simple si, au lieu de faire de faccusatif neutre açatrà une épithète de védas « richesse », on en fait un adverbe : « qu'Agni apporte ici la richesse de Tennemi, sans rencontrer d'ennemis capables de Ten empêcher ! » C'est ainsi qu'on dit d'Indra, d'une part, qu'il napas d'ennemis à sa taille, I, lOd, 8, et de l'autre, <}ue nul ne peut i'empecher de faire des dons à ses adorateurs, IV, 31,9.
àfan.
Ne signifie «pierre de jet» qu'au vers II, 3o, à. Au vers IV, 28, 5, il a évidemment le même sens qu'au vers X, 68, 8.
açdni.
Signifie, du consentement ^général, étymologique-
ment, «pierre de jet», et dans l'usage, «foudre». M. Roth et M. Grassmann abandonnent ce sens pour un seul passage, X, 87, 4, dont la traduction littérale en latin serait : voce sagittas falminibas ungens. Il s agit d'Agni, triomphant des démons au moyen des sacrifices et de la parole sacrée. M. Roth et M. Grassmann donnent, pour ce passage unique-, au mot açàni le sens de « pierre servant de pointe à la flèche » ; puis ils prennent la racine dih « oindre » dans le sens de « cimenter » , et aboutissent , j'imagine ^ à ce sens : « unissant la pierre à la flèche au moyen de la parole sacrée ». On avouera qu'il n'était pas besoin de la parole sacrée pour un miracle de cette force. Le passage est d'ailleurs parfaitement clair. La racine dih exprime dans l'Atharva-Veda l'opération qui consiste à empoisonner la flèche, IV, 6, 7; V, 18, i5. Agni, lui, au moyen de la parole sacrée , Yenfulmine, la rend terrible comme la foudre.
àçasta-vâra.
Employé une seule fois, X, 99, 5. L'interpnéta-: tion de M. Roth et de M. Grassmann «possédant des trésors inexprimables » est bien faible , et difficilement conciliable avec le seul emploi connu de àçasta, A. V., VI, 45, 1. Ce dernier, pris substantivement au neutre, parait avoir le même sens que àçasti, c'est-à-dire «malédiction», ou plus exactement , je crois , « incantation ». Ne serait-il pas possible
^ M. Grassmann donne un autre sens dans sa traduction; mais on ne voit plus ce qu*ii fait de Vinstnimentjd , açànihhis.
que àçastavdra signifiât «possédant les trésors enchantés » , c est-à-dire « maître des trésors célestes précédemment retenus par les démons»?
a-çdsyà.
En donnant à ce mot le sens de unon blâmable », M. Grassmann et M. Roth me paraissent se méprendre complètement sur la signification du passage unique où il figure, VIII, 33, 17. Je ne sais pas si les vers 16-19 sont ou non une addition plus ou moins tardive à l'hymne VIII, 33, mais je conteste en tout cas que ces quatre vers soient, comme M. Grassmann l'admet trop facilement, sans rapport entre eux et avec ce qui précède. J'y vois une sorte d'incantation deslinée à paralyser l'effet de quelque sacrifice simultané d'un prêtre rival, et se rattachant très bien aux vers 1 4 et 1 5 qui engagent Indra à négliger les libations de l'ennemi, a Le héros qui nous conduit (Indra), n'obéit aux ordres, ni de toi, ni de moi, ni d'aucun autre.» Et le prêtre poursuit en adressant à son rival des insultes qui consistent à le traiter de « femme » , en insistant sur l'infériorité de la femme, et plus généralement de la femelle. Au vers 18 , il constate que lorsqu'un étalon et une jument traînent le même char, c'est le joug de rétalon qui est le plus haut (ou qui vaut le mieux?). Anvers 19, interpellant directement son ennemi, il lui dit : «Baisse les yeux, ne les lève pas ! Joins l'un contre l'autre tes petits pieds, pour qu'on ne voie pas tes parties sexuelles : car tu n'es qu'un
J. As. Extrait n*^ 17. (i883.) i5
prêtre femelle ! » Je traduirai donc ainsi le vers i 7 : (( Indra a dit que Tesprit de la femme est impossible à instruire y açàsyàm, et que son intelligence est médiocre ».
à'çiva.
N est nullement, aux vers I, 1 1 6, aâ , et X, sS, 5 , un substantif neutre signifiant « malheur »« Dans le second, où il est question des ennemis abattus par Indra , il est clair que l'accusatif pluriel neutre dcrôâ. est construit comme épithète avec pnrA sahàsrâ u de. nombreux milliers malveillants » pour « de nombreux milliers d'êtres- malveillants ». Au vers I, 1:16, 2/1, Tinstrumental (i{:zt)emii désigne (de malveillant», c està-dire (de méchant père», par qui Rebha avait étéplongé dans les eaux. Voir Religioni védique, III, p. 18. M. Grassmann.est d'ailleurs revenu à ce sen& dans sa traduction.
à-çeva,
M. Grassmann a renoncé luirmême dans sai traduction à lexplioation qu*il avaiti proposée dans- son lexique pour le versrVII, 34 , i3i
àçna (1 et 2 ).
li.ny a qu'un seul mot àçna. Pour ses emplois, \0ïT. Religion védiqua, III s p. 8, notera.
àçma-cahra.
(( Dont la roue est la pierre du pressoir » est: excd-
lent. M. Roth aurait, sdon moi, mieux fait d'emprunter celte interprétation à M. Grassmann, que de reproduire dans le dictionnaire abrégé la sienne propre « pourvu d'un disque de pierre » , qui a peu de sens dans le contexte, X, ici, y.
àçman.
Supprimer les sens Zi et 5 de M. Grassmann « pierre précieuse » à laquelle serait comparé le soleil, et «ciel». Pour les vers V, 3o, 8, et 56, 4, je me contenterai d'opposer M. Roth à M. Grassmann. Quant aux vers V, 4 y, 3, et VII, 88, 2 , ils s'expliquent l'un par l'autre. Dans le second, àçman ne signifie pas « ciel » , mais est construit en opposition au mot « ciel » , svàr^ ce qui est tout différent : le ciel est la pierre sous laquelle apparaît cette forme particulière de Soma , àndhas, qui n'est autre que le soleil ( cf. Religion védique , I , p. 1 6 1 ). Dans le premier, l'être qualifié à la fois de « taureau » , d'w oiseau » et de «mer» ne peut être aussi que Soma, et Priçni, la femelle céleste, mère de Soma aussi bien que d^Agni (cf. ibid., II, p. 899 et 897), y figure sous la forme d'une pierre, représentant d'ailleurs le nuage : la pierre Priçni (et non «le joyau aux couleurs variées»), n'est pas le soleil, mais le lieu d'origine du Soma-soleil.
àçmanvat.
Paraît être synonyme de açmanmdya «fait de pierre», et désigner au féminin pris substantive-
ment, X, 53, 8, soit le réservoir des eaux cclesles, (cf d'une part [V, 3o, 20, et de l'autre IV, 16,6 et passim), soit Tappareil que composent les pierres du pressoir. Le verbe riyale se dit, non seulement du liquide qui coule, mais du réservoir qui le laisse couler, V, 58, 6. Comparez Tensemble du passage, X, 53, 7-10, à l'hymne X, 101 .
àçma-vrcya.
« Enfermé dans le rocher » , dit M. Roth. M. Grassmann ajoute la même traduction à la traduction étymologique uqui a le rocher pour étable». Je m'en tiens à cette traduction étymologique. Ellle convient aux rivières célestes, X, 189, 6, et aux aurores, IV, 1 , 1 3 , par la raison que les unes et les autres sont, dans le langage courant des hymnes, représentées comme des vaches. Je ne me lasserai pas de protester contre l'effacement systématique des figures védiques.
(içmâsyn.
Cette épithète du puits céleste que «perce» Brahmanaspati , II , 2 /i , â > me paraît signifier, non pas a qui a une bouche de pierre», mais «qui a une pierre à la bouche, dont l'ouverture est fermée par une pierre » : de li la nécessité de le percer.
à-crita.
Épithète du feu contenu dans le bois, IV, 7, 6, signifiant sans doute qu'il n'y estpas fixé, attendu qu'il
-^Kt.( 229 ).<
tend toujours à changer de demeure, kCicidarlhin , ibid. C'est ainsi du reste que paraît l'entendre iM. Roth. L'interprétation de M. Grassmann est : « non déployé ».
àf^va-prishtha.
La pierre Acvaprishtha, VIH, 26, 2lx, n'est pas la pierre «portée sur le dos d'un cheval» (pur nonsens), mais la pierre «qui porte sur son dos le cheval» (paradoxe désignant la pierre inférieure du pressoir qui porte le Soma représenté comme un cheval, cf. somaprishiha). M. Grassmann a lui-même abandonné la première interprétation dans sa traduction, ce qui n'a pas empêché M. Roth de la re[)roduire dans le dictionnaire abrégé.
(icva-budhna.
Voir Religion védique, II, p. 69 et n. 1, 7 5.
acva-bàdhya,
Épithète de la richesse, signifiant «remarquable par des chevaux » , c'est-à-dire en somme « consistant en chevaux». M. Roth, dans le dictionnaire abrégé, remplace ce sens par celui de « reposant sur des chevaux»; je renonce à comprendre.
àçvam-ishti.
Signifie « désir de chevaux » , comme gàv-ishti [\oir ce mot) signifie «désir de vaches», VIII, 5o, 7, (où les deux mots sont construits parallèlement à
vàsutli), et désigne le combat dont les chevaux doivent former le butin. Au vers II , 6 , a , àçvcanishte est sans doute une fausse leçon pour àçvamishtaa (cf. gàvishtau), à moins quil ne faille admettre un mot synonyme àçvamishiha : le simple ishtà est souvent substantif.
àçia-râdhas.
Non pas «qui équipe des chevaux (pour Agni), mais ((qui donne des chevaux (comme salaire, au prêtre) «.La chose est évidente au vers Ix de l'hymne V, 10 (cf. 3) , et le vers X , 2 j , a , est à peu près la reproduction de la même formule.
açva-sânrita.
Selon M. Roth, dans le grand dictionnaire, ((accompagné de la joie des chevaux», dans le dictionnaire abrégé (( aimant les chevaux ». Le yrai sens me paraît donné par M. Grassmann : (( riche en chevaux», mais proprement ((qui a pour trésors des chevaux», (voir Religion védique, III, p. agS-agy).
açvin.
Voir Religion védique, II, p. 46o et AgS.
ashia-karnà.
Le sens généralement adopté « qui porte à Toreille l'empreinte du chiffre 8 » , est appuyé sur de3 arguments assez solides. Mais je pense en tout cas que cette épithète na pu élre appliquée aux vaches don-
nées par les Angiras, c est-à-dire par des prêtres mythiques, compagnons des exploits d* Indra, aux prêtres nouveaux, X, 62 , 7, quà la faveur d'un jeu de mots : ces vaches venant des anciens prêtres ne peuvent être que leurs prières « qui atteignent lopeille « , nous dirions «qui ont ToreHle des dieux».
ashtA-pad.
Je poursuis le cours de mes protestations contre un système de traduction qui tend à supprimer toutes les figures védiques. La parole ashiàpadi, VIII, 65 , 12, éveille sans doute Tidée dune division octuple du mètre , mais elle rappelle en même temps la figure paradoxale de la vache à huit pieds , IT , y , 5 , cf. 1 , 164, 4 1 , représentant justement la parole sacrée. Il faut donc dire a la parole à huit pieds )).
àshtrà.
Na pas le sens de «poignard» dans sv^htra.
Voir Religion védiqae, II, p. Aa 1 , n. i .
ashtrâvin.
Voir Religion védifoe, II, p. a8i et n. S.