‹ Etudes sur le Paris d'autrefois (volume 2)Chapitre 8 sur 11 · V. lo · texte numérisé non relu

V. lo

ne trouver, en sortant de ce milieu, que les murs nus de sort couvent & l'uniforme prosaïque des religieuses ! Apres dix-huit mois de séjour, dans l'automne de 1779, elle franchit par une belle nuit la haie de clôture, un léger paquet sous le bras & douze écus en poche, & s'enfuit à Bar-sur-Aubc.

Il est temps de nous résumer : malgré toutes ses recettes & les avantages qui lui furent concédés, notre abbaye n'eut jamais une situation de fortune bien assurée &, durant les siècles de son existence, se vit presque toujours talonnée par la pauvreté : il en fut ainsi dès le xni* siècle 5 si bien que, lorsque la Révolution en ferma les portes en décrétant la vente de ce qui restait de ses biens, les pauvres religieuses n'y trouvèrent même pas l'argent nécessaire pour rejoindre leurs familles.

Et les causes de cette pénurie chronique?

les mêmes que l'historien relève dans toutes les maisons similaires & dans les collèges de notre Université : les dépenses exagérées pour l'embellissement de leur immeuble, pour la bonne chère & des plaisirs peu compatibles avec leur règle, puis surtout une ignorance

totale des affaires & l'absence de tout compte régulier.

D'autre part, l'afFaiblissement du sentiment religieux & l'oubli des traditions anciennes étaient sensibles dans tous les couvents, à Longchamps comme à Sai nt- Germain -des - Prés, comme presque partout : ils se survivaient à eux-mêmes. La Révolution ne fit que régulariser une situation de fait existant depuis longtemps. La loi de février 1790 sur la suppression des établissements monastiques entraîna la fermeture de l'abbaye de Longchamps. Le relevé des biens fait trois mois après établit un revenu de 27,204 livres contre des charges de 6,025 livres & une dette de 174,700 livres. Les biens meubles 6i les immeubles d'exploitation furent vendus 5 les bâtiments du monastère lui-même ne trouvant pas d'acquéreur, l'ordre fut donné en 1795 ^^ ^^^ démolir en même temps que le château de Madrid, & exécuté graduellement dans les années suivantes.

148 h**- CHAPITRE IV.

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