‹ Études sur le Paris d'autrefois (volume 3)Chapitre 6 sur 11 · IT · texte numérisé non relu

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i! est vrai, une jirofusion d'objets d'orfèvrerie, tant en vaisselle d'or & dargcnt c|u'en joyaux. Les tapisseries, tendues dans les pièces habitées pour déguiser la nudité des murs simplement crcpis àîa chaux, se tendaicnt&; se détendaient suivant les bcsoînSî à chaque déplacement du roi & de sa famille » elles étaient chargées, avec la vaisselle & le mobilier nécessaires, sur d'innombrables chariots & transportées à, grand'pcinc & grands fins dans le nouveau séjour où l'on eût maaq^ué de tout. Les tapisseries avaient donc à l'origine un but d'utilité bien plus que de luxcj ce qui ne les empêcha pas d'affecter de bonne heure un carailère artistique. Les comptes royaux mentionnent à mainte reprise ces belles œuvres d'artj l'un, de 1396, cite « le cappiz du roi, de la bataille des XXX, ouvre d'or & d'argcnti un autre grant tappîz de la concjuestc d'Anglctcrrej un autre tappiz des III chevaliers de France qui joustcrcnt en EnglcterrCi un grant tappiz de la royne Pentassilécj un autre tappiz de deux preuses^ le tappiz d'OHvier le baron )i. On veillait avec soin, lors de leur transport, à la conservation ,dc CCS tapisseries, sans y réussir louïours.

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lOUjI

Une chambre "J du roi Jean, sans doute au palais de UCité, était ainsi composée ; les murs étaient tapissés de six tapis verts, armoriés aux quatre angles des armes de France. A l'une des parois s'adossait un lit recouvert d'une grande courtepointe & surmonte d'un ciel garni de trois rideaux. Au bas du lit une petite courtepointe permettait de poser le pied} le tout était de ffWd/ vert, double de toile bleu de ciel. Les rideaux du lit portaient un semis d'étoile* d'or & d'argent brodées sur velours. A c6tc du lit se déployait un dcmi-cicl sous lequel le roi faisait sa loilettCj joigncz-y deux chaises travaillées à jour, recouvertes de velours azur ik peintes par M'' Gérard d'Orléans, son peintre ordinaire; enfin six carreaux de coutil remplis de duvet & recouvert de Samît vert qui servaient de siège aux personnages de moindre imporcancc. Portes Si tènêtrcs étaient tendues de rideaux de serge verte.

"' Le movcn â^c désignait sous ce terme l'ensemble des (fcoffes & des tapisseries girnissânt [es murs fk les lits J'une ■chamhte i coLurhcr; U chambre était, suivant les C3S, de ftiidaij ctûlfc de soie Ugcrc et. unie, telle que notre affctas; Je Sitmirj étofftf de soie plus forte & flm riche. uIJc que notre iatÎQ; dezvlujiia ou vclcmn, de drap d'or.

D,i.ns l'oratoire^ on crouvait deux carreaux, l'un sans doute pour s'agenouiller, l'aurrc pour s'accouder, & dans la chambre des nappes un carnaii des nappes pour le siège du roi tjuand il se mettait A cable ; tous trois de samit vert.

Enfin deux seSes ou chaises percées, feutrées & couvertes de cuir Si de drap, complétaient l'ameublement intime.

Le service de Xhoftel du roy, avec son mécanisme complique, comprenait nécessaire ment un très nombreux personnel, dcpui:; les grands officiers & les chambellans, jusqu'aux ^<«/j^/tfx de U satt^cm ou au variet qui ^jrdait k papegaai ou les tourterelles du prince : agents de tout grade & de tout nom ressortissant à la paneterie, i leclumonnicrie, à la cuisine, i 1 écurie, sans oublier la chapelle, & même l'aumônier qui surveillait la distribution quotidienne aux pauvres de la desserte royale. Ce personnel, dès le xur aiècle , sous Louis IX , comptait plus de deux cents personnes ^ il était réglementé par des prescriptions minutieuses qui, fait surprenant, s'étendaient jusqu'à la reine Marguerite cUc-mcrac. En 1261, le saint roi ordonne

«que ma dame la Roync, pour mutes ses aumosnes&oblacions,airparan 400 livres & non plus. £r ce est, oultrc la disrae des vivres de l'ostel que elle doit paicr en certains licos, & oultre treize povres que cîlc doibt rcpaîstre au samedi , . . Item , que clic ne rcchaive aucun prcst ou don, ne ne sueffrc prendre ne recevoir h sesenfanz, de nul qui que ce soit. , .

(cltem, que elle se ticgne de appeller avec soy dames ou autres grans personnes, & que quant elles viendront, elle ne rctignc point longuement, & que elle ne se abandonne pas de legicr a parler a tant de scurvenans, ainçois (mais) se face honcstemcnt excuser, si comme il appartient>i '".

Au commencement du xjv" siècle, le personnel des hôtels du roi, de la reine, des enfants de France était monté de deux cents à plus de quatre cents personnes «mengeant à cour»; de la sans doute bien des abus auxquels cherche à parer une ordonnance royale. '(Que garchon ne sommelier, se il n'a droiJl de mcngcr en l'ostel, puis que l'en aura crié : Aus queus**'!

"J Arch. liai.. Trésor des Charles, rcg. LVII '*' Dannc l'ijrdrc de servir.

entre en l'ostel. Et tantost comme l'en aura crié : Aus queus! H huissier feront vuidicr la sale & li portier feront vuidicr la couru de toute manière de gcnt cstrangc, & cercheront par chambres & jardins & par préaus, ^^uc gens n'i demeurent qui n'i dolent de droit incngcr en l'oitcl. Et que nus ne passe la porte, qui emporte ne pain, ne vin, ne viande, ne autre chose de quûy lî Roy nc madame la RûynC soient domagicz.n Les ordonnances relatives à l'hôtel de la reine portent, avec le naïf san.sgênc du moyen âge, des prescriptions d'un ordre plus spécial. En 1286, «il est ordcné que nus chcvaticr nc autre nc^ra (couchera) avec sa femme en l'ostel ma Dames. En tjiô, «se il y a aucune damoyselle grosse, elle s'en ira en son hostel si tost comme nc voudra venir menger en salen'"-

Gnarles V avait moins le tempérament d'un paladin du moyen âge que d'un ascète arraché au cloître, & n'eût été son connétable, il aurait sans doute passé son règne en sûreté derrière les murailles de ses bonnes villes & dans ses

''I Mëm. rég-, fol. lo, 1 1 , 72.

:hâteaux , à regarder les Anglais sillonner le territoire français; mais c'était un homme S'îngulicremcnt cultivé, dVsprit réfléchi, de iTiGCLirs hocnèies, & possédant au plus haut point les vertus familiales qui font Tadmiration de sa biographe Christine de Pisan.

aL'eure de son dcscouchjer a matin estoit riglécmcnt comme de six à sept heures. Après, lui pignié, vestu ik ordonné selon les jours, on hiy apporioit son bréviairei le chappellain estoit personne notable & honcsre prestre qui luy aidait à dire ses hcurcii. Environ huit heures de jour, aloiî à sa messe, laquelle estoit célébrée glorieusement à chant mélodieux & solcmncL . . A Tissue de sa chappelle, toutes manières de jens, riches ou povres, dames ou damoyscllcs, smmes vefves ou autres ^ povoyent là bailler Fcurs rcquestes... Apres ce, aux jours députés à ce, aloit au conseil après lequel, environ dix heures, asseoit à table- Son manger n'cstoit mie long «5; mouît ne se chargçoit de diverses viandes -, car il disolt que les qualités de viandes diverses troublent rcstomac & crapeschent la mcmoire^ vin clair & sain, sans grant tumee, buvoit bien trempé, & non foison. Luy tevc

de table, vers luy povoycnt alcr toutes ma- .nicrcs d'cstrangicrsou autres, dont souvent il y avoit telle presse que en ses chambres i peine se povoit on toumerj 8c. le très prudent roy rcccpvoit tous & donnoit rcsponce. La luy cs- ' toient apportées nouvelles & ordenoit ce qui estoit k faire selon les as.

tf Et. ainsi en telles occupations exercitoit l'espace de deux heures, après lesquelles alloit reposer, qui duroit comme une heure. Puis aloit à vesprcB, après Icsquelics^ si c'estoit en esté temps, aucunes foiz entroit en ses jardins, c^qucîz, se eo son hostcl de sainâ: Pol estoit, aucunes Fois venoit la roync vers luy, où on luy apportoitscs enfcnSi làparloit aux femmes, &, demandoit de l'cscrc de ses cnfens. En yvcr, par espccial s'occupoit souvent à oyr lire de diverses belles ystoircs, de la sain£l:cEscripture, ou des fais des Romains, ou moralitez de philozophes, jusqiics à heure de soupper^ auquel s'asseoit d'assez bonne heure, & estoit legierement pris^ puis se retrayoit ik aloit reposer^".

•'1 Uvnr iki jaù ei^ henats maiin du roy Charki V, coll. Petityij ch. XVI.

« En quel ordre estoit gouvernée la court de la royne Jehannc de Bourbon, s'espouse, tant en estât magniHceni comme en honnestes manières riglccs de vivre, si tomme CQ ordonnances de mcngs ( ménage t & nssietes, en compagnie, en serviteurs, en abis, atours, & en cous parcmçns ! En quclc dignctc cstoit celle roync^ couronnée ou atourncc de gransrichcccs de joyaulx, vestuc es abis royauls, larges, longs »& flotans, des plus précieux draps d'or ou de soyesaornés de richcspierre&&. perles précieuses. Les aornemens des sales, chambres d'cstrangcn & riches brodeures à grosses perles d'or &. soyes à ouvrages divers; le vaissellement d'or & d'argent & autres nobles cstoremens n cstoit se inervcille non'".

«L'assietc de ta.ble (le service de la table), le triumphe & haulrece qui y estoicni estoît chose à veoir très agréable & de souveraine plaisance. Pour la joyc de ses barons, mengoit en sale commune le roy Charles; semblablcmcnt luy plaisoir tjue la royne tcyst entre ses princepccs & damcsj scrvyc estoît de gcntilz-

"' Était une pure m^rvcitlc,

hommes de par le roy a ce commis, sages»

loyaux, bons & honcstcsi & durant son mangicr, par ancienne coustumc des roys, bien ordonnée pour obvyer à vaines & vagues parollcs & pensées, avoit un preudhomme en estant au bout de la table, ijui sans cesser disait gestes de meurs vinucux d'aucuns bons ircspassçz'".»

Le service d'un pareil domaine & de son nombreux personnel, l'entretien d'aussi vastes cultures exigeaient de l'ea.u, beaucoup d'eau ; comment l'obtcnait-on f Problème compliq^ué dans les siècles de ce moyen âge, «époque de la soif», a dit un ingénieux écrivain'"', &, il faut bien rajouter, d'une sordide malpropreté. Le gros de la population n'avait guère q^ue la médiocre eau des puits, & celle des sources de BellevilleouduPre-Saint-Gervais, qui «alimentoit douze à quinze fontaines réparties sur la rive droite, ne valoir guère mieux »i de plus, le débit en était assez irrcgulier : deux circonstances qui suffisent à expliquer la parcimonie

qui

cxpJiqi

parci

") L/f'w lies f n'a ■ei*' hemiet niaurt Jri nsy Cbarki l-^ch. xx.. '" M;ixîm«; Du CftMi*, f.7rjj, etc., 1875^ t. V, ch. Xïvni.

minutieuse, à première vue presque ridicule, avec laquelle la municipalicé parisienne, encore au ,\vii' siècle, mesurait les concessions particulières : «de la grosseur d'un pois», «le groz de la teste d'une espingle moyennefl sont des termes qui reviennent à chaque instant dans les arrêtés de ce temps qui limitent les prises d'eau, L'hôteE Saint-PauU cela va sans dire, les hAtcls des princes du s^ang & quelques communautés religieuses fouissaient du privilège de concessions suffisantes. Comment, demandera- t-on, la demeure royale &. les autres, voisines de la rivière, pouvaient-elles négliger l'eau qui coulait en abondance a leur portée? Des cette époque, hélas ! & c'est le Keasàl des Ordonnances des mis de France qui nous l'apprend, «en la rivière de Seine sont ;célées & ponces lataumcn: (à la dérobée) tant dcboes, liens, gravois, putrcfaccions & imm.undices nuisibles & moult préjudiciables à corps humains & autres, & en est si plainz que ce est grant orrcur & abhominacion & un grant merveille, se ne fcust le miracle de Noitrc-Scigncur, commeat les créatures & corps humains, usans en boires A en dccoccions de leurs viandes de l'eau d'icelle rivière,

ne Cil cnqucurcnt en très grans multiplicâcîons d'inconvçntens de mort & dc maladies incurables ji*".

Il n'est pas que des côtés estimables dans la vie privée de nos rois : la bête humaine s'y fait jour, ccuc brutalité des mœurs du moyen âge i]u\y sous le couvert du prestige royal & en l'absence de toute opinion publique, étale avec un cynisme naïf une liberté d'ailures à laquelle répugnerait notre moderne rcspcd du qu'endira-t-on. Dès le temps de Philippe Auguste, nous voyons à la cour une personnalité d'un caraiflcre assez mal défini : k roi ties ribauds^ chargé de la police intcricLirc de Th^ttel & de l'armée. Souvent à une époque récente, on a,

l'' En outre, M. Eugiinc Di.FH.ANcr, dans îod important ouvrage sur les Har/f'trs, Perrn^Hiers, Ceijfeêin 'Ô' Ctitj- Jttaes à /r.iffn i'b/fioJrv ( Paris, [go6, Viélior Letnasie, é<ïiicur), nous apprend i^u« les /^M/fri^ qui (.lisaient aliirsoffice de chirurgiens, jetaient dans la Seine le sang provenant Jc-ssaiynéei ijj'ih pratiujuaicnt nantidlenncmcnt. Dcprcicn- Jucs précautkins furent enfin présentes. \ ce siijct par utioordoniuincc Jli Cliâtclct, datée du îH juin i^ci4^, bniir parler It sana lies pTiouufi -jn'Us iJtmnt mî^ii^fs iJaas /a rivière de Seine iten If f/'Se ^ .ut-ikjiotn ik i'eii-arrfi^rî'' •tu.v chet'Ukx ^tii ejf

semb!e-t-il, exagéré ses attributions : du moins est-ce Im cjui prélevait des redevances sur les maisons de jCu, les tavernes & tes ftUes publiants a fasa^ Je U cour; chargé de l'exécution des condamnes, il recueillait leurs vêtements. mLc roi des ribauds. dit la Somme rurale, en a l'exécution, & s'il advcnoit tjuc aucun forface c|ui soit mis a cyccurion criminelle, les draps & les habits, quels, qu'ils soient » sont au m des nhauiis qui en fait ] exécution. Le roi des ribauds si se fait, toutes fois que le roi va, en ost ou en chevauchée » appeler l'extaitetir th-s stutences t^ commamiments des mareschaux & de leurs prevosis. Le roi des ribauds a, de hun droit, i cause de son orfice, connaissance sur tous jeux de dcz, berlcns & d'autres qu'ils se font en ost & chevauchée du roi i item, sur tous les logis des bourdeaux it des femmes bourdelicres, doit avoir deux sols la semaine; item, à Icxecution des crimes, de son droit, les vestemcns des exécutés par justice criminelle ". u DuTilletajoute, aux prérogatives de ce roi de la canaille, la sui-

"1 Voir Lr ùraad Ceuïfnmirr ou La Somme rnmit, Je Jean BouTBLLLliR. P;iris, i^i7i in-ftil.j ix J'iuires liditions.

vante ; les ^^es puUiijttes tjui suiv.iient la cour étaient tenues de faire, durant tout le mois de maÉ, le lit du roi des ribauds.

C'est qu'une cour comme celle du roi de France, avec son entourage de demeures seigneuriales pressées autour de celle du maître, de courtisans riches & aux ra.ceurs faciles» était une proie toute désignée aux convoitises des industries interlopes. Le roi une fois à l'hôtel Saint- Paul ik. auï Tourncllcs, toute une population de filles échappées des ruelles de la Cite émigra sur SCS pas & vint habiter a soo ombre une série de rues dont les plus connues étaient celles de Tiwn 8i de Pute^-ifjuRc.

Plus lard^ ce fut la dmm des fiMa de Joie suivant la cour qui assuma la charge de l'escadron féminin ^^^ U y avait encore un roi desnbauds

"' Cette charge n'était pas une sio^curc. Les filles étaient riAti! relie ment indisciplinées & couraient la campafjnej, pendant que des concurrentes du dehors s'introduisiient furtivement a leur place, sans Être nfgulicrcnient attachées à la cour. Une ordonnance de fiiillet ii;;8 (lenjoiaéit & commande à toutes fille* de jnye & aiiltres noji e^tins çut fc roUc de la dame des diCle* filles, vurdçr la cour incontinent iprpi b publica-tion -Je c«te ordonnance, avec dcftcosc a cçllçs CMins SUf le roUc de U Jiftc dijrie d'aller pit

au milieu du xv stccLCi Je dernier vant toute apparence, du règne de Louis X(!, Charles V, !c prince .lux mœurii rigides, ressembla à saint Louis par sa prédilection pour les moines : si ce dernier voulait devenir iacobin, Charles V pensa à encrer dans Tordre de Cluny. Ces dispositions ne l'empêchèrent p;is de tenir auprès de lui des Ji>m, espèces de niais ou de bouffons, parfois aussi de plaisants patentes qui, à la faveur de quelque infirmité corporelle Si grâce ^ leur don de réparties imprévues, à leur esprit prîmcsauticr, jouissaient auprès du prince d'une liberté d'aliures exclusivement personnelle. Ils possédaient la prérogative d'entrer les premiers dans la chambre du roî, de parier à leur fantaisie sans attendre d être interroges,, & dcwdccocfier impunément leurs traits malicieux contre les plus hauts seigneurs. Une fois coiffé du bonnet pointu à longues oreilles, la marotte au poing, la vessie à la ceinture

les vîUaiycs, aux charretiers, muletiers & aultres, les tncncri retirer ni loj^cc; jnTcr & bla^ph^mer le nom de Dieu, sur peine du fouet & de U marque; & injonflion, par mcsmc moka aus diètes filles de jove d'obcjc & suyvrc U diflc dime, avec detîense de Tinjuricr, sur peine du fouet».

Ai vêtu de îa livrée aux couleurs du maître, le fou devait gambader, jouer de la cornemuse ou de la crompcctc & raconter de& histoires plaisantes.

Ce sont les croisés qui, rencontrant dans lencourage des empereurs byzantins cette variéîé de bipède, l'importèrent à la cour de France; la ch.irge y fut exercée par des titulaires tj^ui se succédaient après décès. Ce postet c'est la ville de Troycs qui eut longtemps le singulier privilège de le pourvoir. Interrogez les archives de cette ville : voici une lettre de Charles V «aux maîcur & eschevins de notre bonne cité de Troicsi)'*', les informant uque Thcvcnîn, neutre fo! de cour, vient de trcspasscr de ccstuy monde dans l'âultre. Le Seigneur Dieu veuille avoir en gré l'âme, de luy, qui oncqucs ne faillit en sa charge & fonélinn auprès nostre royale Seigneurie & mcsmc ne voulut trcspasser sans faire quelque joieuscté t'îc gentille farce de son mestier. Ores, comme par le trespassement d'iceluy U charge de fol

'" Rctrniiv^ dans ies archiver municipales de CCttC ville.

en nostrc maison est de ("ai£l vacquantc, avons ordonné & ordonnons aux bourgeois &. vlllains de notre bonne ville de Troyes qu'ils veuillent, par droift à nous acquis ça depuis longues années, nous bailler un fol de leur cité pour recréer nostrc Majesté ik les seigneurs de nostre palais. Le tout sans délai ni surds aulcunsu.

Plus tard, c'est un compte de Charles VI duquel il ressort que ce roi, qui, lui-même, pendant plus de trente ans, fut un fou régnant, favorisait tout particulièrement, peut-être comme confrère, les portç-maroctCj U les habillaif à neuf, plus souvent que lui-même , d'étofl^s pareilles à celles de sa chati/hri: & leur fournissait par an jusqu'à quarante-sept paires de chaussures, «vu qu'ils piécinoient beaucoup».

Louis XI, qui fit périr son frère, l'intrigant duc de Guyenne, avait aussi son fou, & n'eut pas lieu de s'en féliciter : il sut bien écarter les soupçons, mais non les remords. Un jour, prosterne aux pieds de Notre-Dame de Cléry, il s'accusa de son fratticidej son fou était seul auprès de lut, & ce pauvre diable, «duquel il ne se doubtoit qu'il fcust si fol, fat, sot^ qu'il ne peust riens rapponer», lui répéta la liunic

devant tout le monde à dîner; mais à quelque temps de là, // papa le pas comme les autrcs^^K Faut-il rappeler encore les bons mots & les ingénieuses réparties de Triboulet, \c fil sage ou morosophe de Louis XII, puis de François I", dont Viâ:or Hugo a fait une création fameuse? Le Triboulet de l'histoire, lui, n'était qu'un pauvre homme de Blois, le jouet des pages & des laquais. Louis XII, plus humain, l'attacha à sa personne comme fil : à cette époque, Marot nous le représente

Je la tête écorné;

Aufii sage à trente ans que le jour qu'il fut né. Petit front (Ù" gros yeux , nevgranj, tailléà voBe, EBomac plat (Ù" long, hault dos à porter hôte , Chascun contrefesoit , chanta, dansa, preseha. Et de tout si plaisant qu'onc homme ne fascha.

On connaît même des filles de cour, telle cette Mathurine, folle de Henri IV, qui se trouvait auprès de lui chez Gabrielle d'Estrécs'^',

*'' Brantôme, Œuvres compl^Us, cdit, Lalanne, t. II,

P- 550-3ÎI-

'-' A l'hôtel Du Bouchage, remplacé plus tard par l'Oratoire, entre l'angle nord-est du Louvre & la rue Saint- Hotioré.

le jour où Jean CJiâtcî le blessa à la lèvre. Croyant d'abord à une simple brusquerie de cette créature, le roi se contenta de la repousser en disant r «Peste sok de la folle! elle m'a fait mal.)! Pendant et temps, la folle courait fermer la porte, coupant la retraite au rcgicrdc'

Singulier état moral que celui d'une société c|ur admettait un usage tellement contraire A !a pitié & aux droits de la dignité humaine. Au xvii'' siècle, & à mesure que la cour apprenait à goûter des disiradions plus délicates, cette mode tendit à disparaître. Le dernier que Ton rencontre de ces fous fut l'Angcly, dont le nom revient dans deux satires de Boilcau.

Impitoyable dans ses sarcasmes sous le couvert de son titre, il eut l'adresse, tout en faisant rire les courtisans, de se faire souvent payer assez cher ses ménagcmems qui lui assurèrent une somme fort ronde.

Et l'eïprit U ffltts hijff, {'.tuttur It frlm poli

N'y (A la Cour) pttmendra jamais au sort dt l'Angtly,

<'^ humul Jr L'Éffsiit. éJit. BriinCt dl. OumpoIIion, c. VI, p. s+7.

Ce n'esi pas sans raison qu'on le redoutait : il avait à l'occasion des mots cruels ; témoin hon aventure avec M. de Nogent, petit gentilhomme très avide de la faveur du roi, qui ne pouvait le souffrir. Se trouvant un jour avec lui face à h.cc devant Louis XIV, il lui dit i. brûle-pourpoict en se couvrant : « Monsieur le Comte, couvrons-nousj pour des gens comme nous., cela est sans conséquence. » Et Ménage, auteur de l'anecdote, ajoute que « le pauvre Nogent ixit si mortifié de cet affront qu'il en mourut peu après )i.

Les fêtes de la cour offraient à la royauté l'occasion de déployer un luxe qui n'a guère été dépassé depuis : c'étaient un peu, à vrai dire, des fêtes nationales, car «le populaire» pari&icn, également badaud à toute époque, prenait largement sa part du spçâ;acIc,otibUanî, dans cette distraftion d'une iicufc , ses mauï de tous les jours.

En janvier 1378, . Charles V reçut au palais de la Cité l'empereur Charles IV & son fils Vcnccslas, roi des Romains. Le cortège comprenait à la fois la suite impériale & les dignï-

— »-f«( loi Ht—

taircs venus avec la cour à sa rcncontrcj il était, suivant l'habitude générale au moyen âge, si étendu tjuc la tctc en arrivait déjà k la tour de l'Horloge alors que les derniers rangs atceignaiifnt à peine la Villettç. Lç roi offrit un dîner à ses hôtes dans la Grutid Salle "* w parce de tapis de haute lisse à images tout autour, si bien ordonnces & sî à poinft mises que les rois qui sont de pierre tout autour n'ctaient point occupés ou cmpescbés de voir>K Nous n'insisterons pas sur le luxe des tables, des dais, des ciels de drap d'or borde dcWwyjtf (velours) aux armes du roi, des dressoirs à vin, de la vaisselle d'or, des flacons d'argent émaillc, des quarante paires de mets pour ce banquet de huit cents personnes. Deux entremets ^'-^ coupèrent le repas : le premier était m l'histoire & Tordonnance comment Godefroy de Bouillon conquisr la cité de Jérusalem», On construisit au bout de la salle « une navc de mer, garnie de voilcs&dc mârs,chasreau devant & derrière, joliment peinte & habillée Se très, richement ik

'■'^ Aujourd'hui b salle d« Pas-Perdus.

'*' Ou fn/trr/ii-iics ; telle est l.i signilïi;atiL>n primitive de te mot.

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plaisamment. Et dedans cstoït garnie de gens par scmbUncc armés bien joliment, & estoient leurs Cottes d'armes, leurs escus & bannières tels que Godcfroy de Bouillon portoit. Etcstoic au devant sur le bout de la dîftc nef, Pierre l'Ermite. Et fut la diftc nef menée très legieremcnt & M bien tournée qu'il scmbloît que ce fust une nef flonanr sur l'eau ». — Le deuxième intermède était « faift à la façon & semblance de la cité de Jérusalem, & y estoit le temple bien contrc£i!it,&làavoit une tour haute, ainsi comme les Sarrasins ont de coustumc, où ils crient la loi. Lày avoir un homme vcstu en habit de Sarrasin, & qui, en langue arabique crioit la loi. Et le bas tout eniour de la cité avoit forme de créneaux & estoit garny de Sarrasins armés à leur manière. Et lors sç mirent les deux entrçmds Tun contre l'autre & descendirent ceux dç la nef 6( vinrent donner assaut à la cité. Finalement gagncrcnt*ccux de la nef & conquirent la cité & jctoicnt hors tes Sarrasins»'".

Du palais les souverains allèrent loger au ^ Louvre où ils furent harangués par l'Univer-

^'^ Lfj- Cnmits Cbmafifties ik Fmntt, édîi. P. Paris, i. VJ ,

site, &.le dirnanchc suivant ils montèrent « en un giant batcl, faift & ordonne en manière d'une iniison où sont saUe & deux chambres tout  cheminées & plusieurs autres retraits Si nécessaire, & es chambres avoit lits & ciels tendus comme en une tnaisoû appartient, dont l'empereur & ses gens prenoicnt très grant plaisir H, se rendant droir à Saint-Paul où résidait la reine avec ses enfants. «Et quant il furent au dit hostel jusques au milieu de la coiirt'^', le dauSphin aiosné fiis du roi & monseigneur Loys, comte de Valoîs^^', enfans du roy, se agenouillèrent contre le roy & aletent après saluer l'empereur en sa chaierc où on le ponoit'^" & les baisa & osta son chapeau. Et puis l'empereur voult aler venir la roy ne , & ensemble y alcrent l'empereur, le roy & le roy des Romains, & y avoit granr foule & grant presse de seigneurs, tellement que a peine povoiton passer auï huis. Toutes voies vindrcnt eus jusqucs a la vieille chambre de la royne, près

^" Sans Joule à- Tbiltel de Sens, le plus vu'ma Je U berce.

t« Pins i.itj le lIuc d'Orléans,

'" La ^ouitc l'cmpEtliiit Je mirclicr.

de la sale où est Tystoire de Thcscus. Et U cstoit la royne au devant du roy Si de l'empereur, la^^ucllc avoit un très riche cercle sur sa teste. Et quant l'empereur vit la royne, il osta son chaperon, & la royne le salua & baisa, & la royne estoîc cncoste luySc le roy devant qui tenojt le roy des Romains que la royne salua & baisa aussi ; & Tcmpereur & le roy des Romains baisicreot toutes les dames qui cstoiçnt Icans du lignage de France. Et lors demanda moult de fois l'empereur la duchesse de Bourbon, mère de la royne, laquelle cstoit a un bous de la dite chambtc, hors de la presse, & fu amenée a l'empereur. Et quant il furent près l'un de l'autre, l'empereur commença si fort à plourcr^ & la dite duchesse aussi que c'cstoit piteuse chose a regarder5& les causes si estoient pour la mémoire qu'il avait eu de ce que la seur de la dite duchesse avoit esté sa première femme; & oncques en celle place ne porent parler ensemble; mais pria Tempereur que après disner il la peust veoir &. parler a elle plus secrètement, & ainsi fu fait. De la prist congié de la royne, & fu aporté le dit empereur en la chambre du daulphin de Viennois, ainsné fils

du roy, laquelle chambre estoît richement appareillée pour lui. Et le roy ala disner en la, sale de Sens & y mena le roy des Romains & toutes les gens de Tempereur. Et endementrcs^*^ que l'on disna, rcmpereur s'estoit fait mettre dormir, &aprcs Icdisncr du roy& vin & espices données, le roy se rctraist en sa chambre, & le roy des Romains voult aler veoîr les lyons, & en sa compaignic y furcnT les frères du roy -, & quant l'empereur fu çsvcillié> la devant dite duchesse de Bourbnn fu menée devers l'empereur, & parlèrent longuement ensemble, Ec asscs tost après, le roy y cnvoia la royne par les galetas'^* & ses enfans ie daulphin de Viennois & le comte de Vaioî-ijde tjuoy l'empereur fu moult lié & fu la rnyne longuement assise encoste luy & parlèrent longuement ensemble.

Et luy donna la royne un beau reliquaire d'or, garni du fiist de la vraie croix & très richement garni de pierreriCi & le daulphin luy donna deux très beaux brachés''^li des quelles choses

"• Pendant quf,

'" Chambres Jcs étages supérieur» : nous, .ivdni. Jnnni^ plus haut l'explication Je ce lermc, '" Lévriers.

fîst moult semblant de joie & y prist très grant plaisir, & en mcrciala royncA le di£tdaulphiû. Et pour ce qu'il estoit sas le vesprc, & que l'empereur & le roy dévoient aler au bois de Vinccnnes, le roy vint en la charabre de l'empereur pour le faire partir; & lors prist congié la royne de rempereur. Et lors vint le roy des Romains devers la royne & prist congié d'elle. Si. elle lui doaoa un très bel &. riche fer/ffai/^^^ d'or garni de picrrcric. Et tantost se partirent ^^U

Charles VI hérita de la prédilcftion de son père pour l'hètel Saint-Paul '^l, & il y donna à «on exemple des fctct; dont Frotssart, le chroniqueur de la société clegantc de son temps, nom a laissé la description. En août 1589, la jeune reine Isabeau fit son entrée à Paris & fut couronnée h la Sainte-ChapclIc. Cette fois encore le banquet de circonstance fut servi dans

W Agrafc.

^" Ouvrage cité, ch. ltv & ovia.

"î II en avait affcâ^ l'une des cours au jeu Je paume, cet exercice favori des siècles passas. Vers IÎ92, on ganiîi il'unc haute grille un balcon, afin cjue le pauvre maUcle pût saris danger suivre des yeux [es mouvcnicnis des jnueurî.

la GriinA Salie de l'antique palais, sur la table de marbre. 11 Là estoïent sergcns d'armes, huissiers & massiers moult grant foison ^ qui gasdoicnt les barrîetcs de la, table du roy, a seule fin que nul cstrangter n'y entrasticar on ne se povoit retourner fors a grant peine. » A deux autres cables étaient assises plus de cinq cents damoisellcs qu'on put a peine servir : Tune de ces tables « fur de force ruée par terre u. LV//tremets représentait la prise de Troie, mais ne put être achevé, tant la chaleur était grande. «La roync ftist sur le pointfl d'estrc moult mcsaiicc, ik. convint rompre une verrière qui estoit derrière elle, pour avoir vent & air.» Vers le soir, la reine se rendit en Ijtièrc découverte à l'hâtçl Saint-Paul, ce & les damçs aussi en leurs iitcicrcs & sur leurs pallcfrois. En la compaignic de la roynç avoît plus de miilc chevaulxij. Le roi alla la rejoindre de son côté «en ung batcl sur Sainne & se fist navier parmi la rivière. On avoit fait faire en la court qui contient gtant place une très haulte sale, laquclie estoit toute couverte de draps escrus de Normandie, &. les parois estoient parées & couvertes i, rcnviron de draps de haulics lices

— M-( io8 )>*i —

cTcstrangCs histoires lesquelles on vcoit très voulcDticrs, Et dedans cette salle doimâ le roi a souppcr aux daines, mais la royne dcmoura en SCS chambres, & la souppa. Et les autres dames, le roy & les seigneurs dansèrent & csbatirent toute la nuit jusqucs sur le point du jour que les fcstcs cessèrent & retournèrent chascun & chascunc en son lieu pour dormir & reposer»"'.

Le lendemain, les bourgeois députes par la ville oflFrirent les présents de la bourgeoisie parisienne portés sur un brancard par deux hommes costumés en sauvages. Ces délégués s'agenouillèrent en disant r (iTrès chier sire, vos bourgeois de la ville de Paris vous présentent un don en joyeux avènement de vostre règne. 3) Le roi repondit; a Grand merci , bonnes gens, ils sont beaux & riches. »< A la reine, deux iiommes, « figurés l'un en la forme d'un ours, l'autre en la forme d'une licorne w, apportaient Lin assortiment de vaisselle en métal précieux : bassins d'argent, plats, écuelles, lampes, pots, salières, dragcoirs, une nef d'or. La duchesse

l" Chrenr^ni'j àe Froiksaht, ^dit Kffvj'n «ic L«ttcnhnvc, t. XIV, p. 14-17.

de Tourainc reçut des présents presque de valeur égale. «Il me fut dîifl, ajoute Froissajt, que TOUS ces présents avoicot cousté plus de soixante mil couronnes d'or'^^ » Somme très considérable pour le temps, & qui confond le penseur moderne, lorsqu'il rapproche la misère iccumulcc par la guerre étrangère, les troubles ci\'ils & les désordres, de l'anarchie adminîstr.^tivc d'un luxe en joyaux, en tapisseries, en écoiïcs précieuses qui semblait réaliser les féeries des Mille & une Nuits-

Depuis le commencement du xv"' siècle, la royauté possédait en face de l'hôtel Saint-Paul, de l'autre côté de la rue Saint-Antoine, une demeure de plus, le palais des Tourncllei.

Fondée par le chancelier de Charles V, Pierre d'Orgemonc, entre les rues Saint -Antoine, Saint-Gilles, le couvent de Sainte-Catherine & la murai lie d'Etienne Marcel'"^, cette demeure, l'une des plus belles de Paris, avait fini par tomber aux mains du duc d'Orléans. Sous 3a domination anglaise^ le régent Bedford s'y

'*' Ouvrage ciiif, p. iS'ïo,

f*'' Elle suivait une ligne tonpjiiu pat le milieu I» rue aâu«lle Je la. Bastille.

ponion de la di£te couverture, grans galleryes anciennes, corrompues, en daagier de choir, gran^ chantiers de bois, salles vieilles, caducqucs, chutes & fondues» i il vendit, en trentesix lots, la plus grande partie du terrain, xk Henri 11 aliéna le reste que se partagèrent la favorite Diane de Poitiers & l'architefte Philibert Dclorme. Fin nnckncoliq ne d'une demeure toyale qui avait vu des jours non sans éclat : il n'en reste plus aujourd'hui qu'un souvenir conservé dans le noni de quelques rues'*'.

Abandonné depuis Charles VI, le palais irouva un regain d'animation sous Louis XI qui y installa comme eof/cier^A'^^ son médecin CoiÂier, &, se méfiant peut-être de lemprcsscmcnt de ses successeurs, prit soin, dès 1471, d'élever lui-même sa statue dans la galerie des rois.

Charles VUl répara la façade de l'ouest qui menaçait ruine & commença les nouveaux bâtiments de la Chambre des Comptes que

'^' Lch rues BcautrciUîs, des Liutis, de h Ccriuie, Charies-V.

f'J Ou gtiuverncuc ; telle est h iigailîcation ud^lnaîre de ce ICI me.

--**•{ il} )•*+•-

Louis XJI fit achever par ritaliçn fraGiocondo. La façade, avec ses grands combles d'ardoise à hautes lucarnes ajourées, ses Hncs chçminccs, SCS tourelles en encorb elle ment & l'cscalïcr tournant, passak pour l'une des plus jolies produdions de la Renaissance. Le roi se plaisait dans cette demeure ainsi rajeunie, si bien placée au milieu du fleuve pour faire valoir le panorama » quand il se pourm,enoit dans le jardin sur son petit mulet». On lui avait ménage ((depuis le bas du grand degré jusi^u'cn haut une allée faiile d'ais &. planches Je nattes où son mulet le montoit, pour le mener jusqu'à la Grj'ul ChiV/ibre où ses j^cntiJsliommes leprcnoient & le portoient en sa place sous le dais. C'est là qu'il entendoit les plaidoiries des célèbres ik cscellens esprits, & cculx qui plus dignement remplissoient leurs Jom^lions en la justice, les reniarquoit pour s'en servir ». Cette grand'chambredu Parlement était décorée d'un tableau célèbre, le Cahahe, attribuée à Van Eyck Ou Jean de Bruges, & qui se trouve aujourd'hui au Louvre. La scène de la Crucifixion est accompagnée, dans le fond, d'une vue de Jérusalem ai de plusieurs monuments

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