‹ Etudes sur le Paris d'autrefoisChapitre 10 sur 13 · VL · texte numérisé non relu

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Froissart^*^ nous a laissé une longue énumération de ses jeux d'enfance 5 le philologue Scheler en a compte jusqu'à cinquante-deux dont fort peu, sous leur appellation surannée, permettent aujourd'hui une identification certaine. Les plus goûtés après les jeux d'un caraftcrc guerrier, & ceux qui réunissaient le plus d'amateurs, étaient ceux où figuraient une paume, une pelote, un esteuf^l

Lancer, arrêter, renvoyer un projeélile, paume ou balle, est un jeu fort attrayant dont les formes infiniment variées se retrouvent des la plus haute antiquité. Hérodote, (de père de l'histoire » , a attribué aux Lydiens l'invention delà plupart des jeux de son temps j s'il a dit vrai, c'est à ce peuple que nous ferons remonter l'origine du lanm-tennis qui n'est autre chose

dulfii, anagramme de N. du Fail; Lyon, de Tournes^ 1547, in-12; p. 12-13 et 22-23.

^^^ Voir ÙEJpinette amoureuse, dans les Poésies, Bruxelles, 1870; t. I, p. 91-94.

^'^ Pelote, balle toute ficelée , non encore recouverte; baBe, recouverte de drap blanc ; Yelieuf, fait de bourre ou étoupe recouverte de peau de mouton, se poussait avec la main. Ces différents termes, parfois employés l'un pour Tautre, avaient au moyen âge un sens moins précis.

que le jeu de paume sur le gazon 5 ce dernier lui-même dérive du harpoHe des Romains qui Tavaient emprunté à la phéninde des Grecs, l'un des jeux lydiens. Dix siècles avant notre ère, Homère en parle déjà. « Nausicaa & ses compagnes déposent leurs voiles, font voler

un léger ballon dans les airs. Nausicaa jette à Tune de ses compagnes le ballon léger qui vole , s'égare & tombe dans le rapide courant du fleuve. Le cri qu'elles poussent toutes à la fois perce les airs^ aussitôt le sommeil fuit les yeux d'Ulysse. » {Odype, ch. VI.) Les Romains, devenus maîtres de la Gaule, y importèrent avec le reste de leurs institutions leurs jeux. A travers les siècles ceux-ci sont venus jusqu'à nous, malgré l'opposition continuelle de la royauté qui , en présence de leur vogue , craignait de voir négliger les exercices militaires proprement dits & la sécurité du royaume.

S'ils ont survécu à toutes les répressions, il en est plus d'un, parmi les plus répandus, qui n'ont trouvé que de nos jours leur forme & leur réglementation définitives j & tous se répartissent en deux catégories, suivant que l'engin est projeté avec la ipain, le pied même

ou avec un instrument. Les uns sont toujours restés presque intaâs^ les autres, au cours du temps, ont passé par une lente évolution d*unc catégorie dans l'autre.

On a souvent, au gré des préférences personnelles, prodigué le titre de noble jeu, de roi des jeux; s'il en est un en France qui mérite cette appellation : c*est au jeu de paume qu'on peut l'appliquer. Les anciens le connaissaientils? Ils avaient, il est vrai, des balles variées, mais à ce qu'il semble, sans les manier comme on le fait à la paume. D'après Plante , Pétrone, Martial & surtout Manilius^^^, la balle des anciens était une sorte de ballon appelé tri^nalisy auquel jouaient trois partenaires placés en triangle : le Jator qui l'envoyait, & les faltores qui le recevaient avec la main ou le pied. La paume, telle que nous la connaissons aujourd'hui, n'apparaît pas avant le moyen âge.

Mais, des le début de cette période, les plus anciens textes qui traitent de ce jeu nous le montrent déjà populaire. Les rôles de la taille parisienne pour 1292 nomment treize pau-

î^î Voir son AUronomiCj liv. V, vers 165 & suiv.

micrs fabricants de balles : chiffre élevé pour le temps 6c Tensemble de la population , plus deux « valets paumiers » (aides ou apprentis ^^^). Tandis que sur les remparts de Paris & des autres villes le mail se voyait assigner de longs espaces, on aplanissait dans les fossés des châteaux des terrains propres au jeu de /onffte paume. A la fin du xv* siècle ce dernier se transforma, vint s'ébattre en ville $ Êiute d'espace, il fut confiné alors dans les locaux qui restreignaient nécessairement son extension ; la longue paume fit place à la courte paume ^ les nouvelles salles prirent le nom de tripots dont il faut peut-être chercher Tétymologie dans l'ancien verbe triper, sauter, trépigner ^^^. Charles V, qui avait un^jeu de paume à son château du Louvre ^'^ & un autre de 14 toises & demie

{») H. GéRAND, ?ark sout Philippe le Bel, Paris, 1837; p. 529 & J46.

(^) « Qu'ils ballent, & tripent, & saillent», lisons-nous dans le Koman de la Kase»

(^) «Et en la cour devers la rue Froidmantel, scellé & assis un auvent oh. le Roy & nos seigneurs jouent k la paulme, & au mur faiâ un estuy k' mettre les esteufs. » (Compte de 1368. Voir la Topographie hiHorique du 'vieux Paris s région du Louvre, t. I, p. i6t).

de longucur^^^ à Thôtcl Saint-Paul, défendit, nous le savons déjà, aux autres le plaisir qu'il s'offrait si largement k lui-même : ils y perdaient leur temps, à son avis. En 1397, le prévôt de Paris revint sur le même sujet 5 son ordonnance du 22 janvier constatait que plusieurs gens de métier éc autres du menu peuple quittaient leur ouvrage & leur famille aux jours ouvrables pour aller jouer à la paume, à la ^ soûle, aux dés, aux cartes, aux quilles en divers cabarets } que plusieurs d'entre eux, après avoir perdu tout leur argent, s'adonnaient au brigandage. Pour prévenir ces désordres, il défendait aux personnes de cette condition les jeux précités durant les jours ouvrables sous peine de prison & d'amende, ainsi qu'aux cabaretiers & tenanciers de maisons publiques de leur donner à jouer ^2^. Ces deux ordres ne visaient, il est vrai, que les bourgeois & vilains au profit des chevaliers : défenses impuissantes 5 au reste, leur incessante répétition suffit à le prouver, & les troubles continuels du temps emportèrent l'édit avec beaucoup d'autres.

<0 Plus de 27 mètres.

t'î Delamare, Trait/ de la police j 2* éd., t. I, p. 488.

Déjà avant Charles \^ en 1316, Louis le Hutin joua à la paume «au boys de ViciennesD.

La perdi il plumes <J^ pennes, Outmpspafil.^^arriire.

Disait on quen celte manière Mouruff de maladie aigttê, J^ui les sainnesgen^ souvent tue.

U autres dient qu'il avoit Joue h I gieu qu'il savoit, A la paume; si s'eschauffa.

Et son conseil, qui le hifa^^\ Lien a mené en une cave Froide; (Ù^ 1 henap ten lave^^^ Si but trop; q!^ froit se bouta, Et U sitolf si se coucha ^^uau lit acoucbier le convint.

Et de ce celé mort U vint^^K

Le Journal d'un bourgeois parisien^^\ attribué au curé de Saint-Nicolas des Champs, Jean

t*) Sa pensée, qui le trompa.

^^ Le passage n'a pas de sens; faut-il lire : plein d'iave (d'eau)?

('**) Chronique rimée attribuée k Geo£Froi de Paris ^ ap. D. Bouquet; t. XXII, p. 163.

^*J Voir MiCHAUD & PoujouLAT, nouv. coUeâion, t. III, p. 249.

Bcaurigout, raconte les exploits d'une femme qui, dans la première moitié du xv* siècle, vint à Paris. «En cel an (1427) ou pou devant vint à Paris une femme nommé Margot, assez jeune, comme de vingt huit à trente ans, qui estoit du pays de Henault, laquelle jouoit le mieulx à la paulme que oncques homme eust vu, & avec ce jouoit devant main derrière main très puissamment, très malicieusement, très habillement, comme povoit faire homme, & pou venoit d'homme à qui elle ne gaingnast, se ce n'estoit les plus puissans joueurs, & estoit le jeu de Paris ou le mieulx jouoit en rue Grenier Saint Ladre, qui estoit nommé le Petit Temple^*^.))

Les termes du récit permettent de conclure tout naturellement qu'en 1427 on ne connaissait pas encore Tusage de la raquette 5 le tripot de la rue Grenier-Saint-Lazare en était encore au procédé primitif qui consistait à recevoir &

^*î II abrita, au xvii* siècle, le Théâtre du Marais, dont la troupe avait k sa tête le fameux Mondory, pour jouer la Mélite de Corneille. En 1634, ^^ tripot-théâtre brûla entièrement, & la catastrophe lut signalée par une gravure, aujourd*hui au Musée Carna,valet, qui représente le pauvre

lancer la balle avec la paume, d'où le nom du jeu. Pasquier confirme cette origine qu'il appuie de curieux détails. Déchu de la vigueur un peu rude du moyen âge, on ne voulait plus se gâter la main à la paume. On avait ainsi essayé tour à tour du gant simple, du double gant, enfin du battoir & de la raquette $ Pasquier tenait ses informations d'un vieux joueur à l'ancienne mode. «Il me plaist icy de discourir dont vient que nous appelons jeux de paulme les tripots où nous prenons nostre

Jodelet^ l'un des aâeurs, s'échappant, dans son costume de théâtre, d'une maison en feu. Le champ de l'estampe porte cette inscription :

Jodelet eschappé des fiâmes.

Au-dessous de la sc^ne, un sizain met dans sa bouche ces mots qui commentent la situation :

Je me sauve du feu plus ffteux qu'un rat d'églèe. Si vous ne m*afii0e^ je me vois en chemise j Tous mes biens sont hrusle^ avec noBre tripot. Kende\ moy par vos dons mon humeur ordinaire. L'oublieux perd à^ chante i C^ moy, tout au contraire. Si je ne géUgne au jeu, je ne puis dire mot.

La pièce n'est apparemment autre chose qu'une réclame invitant le public a souscrire en faveur du sinistré.

ébat avec des raquettes & non avec la paulme de la main Lorsque les tripots furent introduits par la France, on ne sçavoit que c'estoit de raquette, & y jouoit on seulement avec le

plat de la main , & de pelotes Parlant à un

nommé Gastelier, il me fit un discours qui est digne d'estre récité. Cet homme en sa jeunesse avoit esté bon joueur de paulme, & depuis fut longtemps huissier de la courj & venant sur Taage, resigna son estât $ mais quelque ancienneté d'aage qu'il eust (car quand il m'apprit ce que je diray, il estoit aagé de soixante & dix ans & plus), si ne pouvoit il oublier son premier déduit. Et de fisdt, il n'y avoit jour que, s'il y avoit quelque belle partie en son quartier, il n'en voulut estre speélateur. C'estoit un plaisir auquel il finit ses jours, & moy jeune homme qui n'y prenois pas moins de plaisir que luy, le gouvernois de fois à autre par occasion. Un jour entre auttes, il me compta qu'en sa jeunesse il avoit esté des premiers joueurs de paulme de son temps, mais que le déduit en estoit tout autre, parce qu'ils jouoient seulement de la main, & poussoient de telle façon la pelote, que fort souvent elle

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cstoit portée au dessus des murailles, & lors les uns jouoient à mains descouvertes, & les autres, pour se faire moins de mal, y apportoient des gands doubles. Quelques uns, depuis, plus fins, pour se donner quelque advantage sur leurs compagnons, y mirent des cordes & tendons, afin de jetter mieux & avec moins de peine la balle. Ce qui se pratiqua communément. Et finalement de là s'estoit introduite la raquette, telle que nous voyons aujourd'hui, en laissant la sophistiquerie du gand. Ha! vrayment, dis je alors à part moy, il y a grande apparence d'estimer que le jeu de paulme vient de là : parce que l'exercice consistoit principalement au dedans de nostre main ouverte, que nous appelions paulme^^l»

Les balles de fabrication parisienne avaient une réputation européenne : à l'étranger on les achetait avec prédilection. Shakespeare, dans son Heffri V^^\ retrace l'envoi, par le Dauphin, fils de Charles VI, d'un tonneau rempli de « balles de paulme » à Henri V d'Angleterre 5

t*î Recherches de la France, liv. IV, ch. xv. («) Scène IL

répisodc, bien que légendaire, n'en est pas moins un témoignage caraéléristique de l'origine essentiellement française de ces engins. En 1386, une troupe de chevaliers français se rendit par mer auprès du roi de Castille, Jean I**, qu'elle rencontra à Burgos & lui annonça une attaque imminente des Anglais & des Gantois: «De ces nouvelles fut le roi d'Espaigne tout pensif. .... toutefois le roi de Castille fît très bonne chère aux chevaliers de France, & les remercia grandement de leur venue, & leur dit le roi : «Quand vous par- «tites de moi l'autre année, je vous di & «chargeai que vous apportissiez, quand vous «retourneriez en ce pays, des pelotes de Paris «pour nous ébattre moi & vous à la paume.

«Mais il vaulsist mieux que je vous eusse en- « chargé d'apporter bassinets & bonnes armures , «car la saison appert que nous les aurons bien «où employer. — Sire, répondit le sire de «Bracquemont, nous avons & de l'un & de «l'autre} car toujours ne peut on pas jouer ni « toujours armoyer ^^\ »

(*' Froissart, éd. Buchon, liv. III, ch. xxxii.

Un siècle plus tard, Louis XI s'occupa de réglementer, pour le bon renom de la fabrication française, la confeâion des balles ou eSteujs) l'ordonnance du 24 juin 1480, oôroyce aux «maistres jurés & faiseurs d'esteufis» de Rouen, qui lui avaient remontré que «le temps passé, chascun qui s'en est voulu mesler

& entremestre l'a feift , par quoy aucuns

emplent iceulz esteufs de chaulx, sablon & autres choses qui ne sont bonnes, & à l'occasion de quoy plusieurs ont eu les bras & mains feslés & blecés » , édifta un ordre minutieux : «Seront tous les maistres du diâ mestier tenus de faire bons esteufs bien garniz & estoffez, de bon cuir & bonne bourre, sans y meftre sablon, craye, batue^^^, chaux, son, resture (rebut) de peau, sayeure d'aiz (sciure de bois), cendre, mousse, pouldre ou terre sous peine d'amende & de saisie de tous mauvais esteufs qui seront ars & bruslés^^^.» Cette «bonne bourre» était de poils d'animaux > l'ordonnance atteignit, semble-t-il, son but, car, au

(^) Rognures de métaux.

f*^ Recueil des Ordonnances j t. XVIII, p. 544-545.

XVI* siècle, le savant espagnol Vives constatait que les balles françaises «ne sont pas remplies comme en Espagne de rognures de drap, mais de poils de chiens».

Charles VIII aimait la paume, se plaisait à y jouer : ce jeu fut même la cause indirefte de sa mort. «Le septiesme jour d'apvril, Tan mil quatre cens quatre vingtz dix huit, veille de Pasques Flories, il partit de la chambre de la royne Anne de Bretaigne , sa femme , & la mena quant & luy pour veoir jouer à la paulme ceulx qui jouoyent aux fossez du chasteau^^l Et entrèrent ensemble en une gallerie, & estoit le plus deshonneste lieu de leans, car tout le monde y pissoit & estoit rompue à l'entrée :

& s'y heurta le roy du front contre Thuys, combien qu'il fust bien petit, & puis regarda une grant pièce ^^^ les joueurs, & devisoit à

tout le monde La derreniere paroUe qu'il

prononcea jamais en devisant en santé, c'estoit qu'il dift qu'il avoit espérance de ne faire jamais peschc mortel, ne véniel s'il povoitj &

(*^ Amboisc.

(^) Un long espace de temps.

en disant ceste parollc» il cheut à l'envers ÔL perdit la paroUe, & demoura là jusques à unzc heures de nuift. Toute personne entroit en ladiâe gallerie qui vouloir, & le trouvoit on couché sur une povre paillasse, dont jamais il ne partit jusques à ce qu'il eust rendu l'âme j & y fut neuf heures ^*^.))

C'est le moment même où le jeu subit la grande transformation qui lui a laissé son caraâère définitif. On cessa de se servir de la main nue : la dureté des balles, la violence des coups étaient de nature à léser les muscles, à briser même le poignet ^^^. A la fin du xv" siècle les joueurs commencèrent à protéger leur main avec un gant, quelques-uns même à y ajouter des cordons & des tendons pour en accroître la puissance de propulsion : la cou-

î^î Mémoires de CommineSj liv. VIII, ch. xxv.

^*^ En 1540, le dignitaire inspeâant le collège de Tours, dans la rue Serpente, prescrivit aux écoliers de s'abstenir de balles très dures, «pilis seu scophis durissimis, & aliis indecentibus înstrumentis», qui blessaient les joueurs & provoquaient des accidents; ils ne devaient se servir que de balles nnolles, «ad ludum palmarium nisi pilis seu scophis mollibus & manu, ac cum silentio & absque clamoribus tumultuosis». (Lobineau,Hà^0/>v de la ViUe de Paris j pièc. justifie, t. I, p. 419-420.)

tumc se généralisa. De là à l'usage de la rzquette^^^, dont l'Italie nous a transmis le nom & la chose, il n'y avait qu'un pas : il était déjà franchi à l'époque de Catherine de Médicis^ & depuis trois siècles cet engin n'a pas changé de forme : des le début du xvi* siècle, c'était un lacis de cordes croisées l'une sur l'autre, dans un cadre de bois qui reposait sur un manche court & fort. «On joue rarement avec la paume de la main,» écrivait à son retour de Paris ce Vives que nous avons cité plus haut. «Comment donc frappe-t-on la balle ? demandent ses auditeurs. «Avec le poing, comme les ballons? — Non certes, avec une raque tte^^^.»

La forme comme la matière de la raquette primitive varièrent quelque peu 5 elle fut ronde ou carrée, garnie d'un treillage de corde ou d'un fond de parchemin. Ce fiât le cas surtout

t^) Au XIV* siècle dëjk, Chancer emploie le mot de ccraket», bien que l'usage de la raquette ne remonte pas aussi haut : il a le sens àtpaulme de la main. Il s'agit d'un jeu pratiqué avec la raquette ou paume de la main, c'està-dire du jeu de paume lui-même.

W Voir ses heges ludi, ap. Opéra, Bâle, ijjj; vol. I, p. 50.

pour la longue paume, & la raquette ainsi constituée s'appela «battoir». L'emploi du parchemin s'en accrut singulièrement, &, à défaut de neuf, les pauniiers-raquetiers se rabattirent sur le vieux : plus d'un manuscrit précieux y trouva une fin déplorable. «J'ai ouï dire à M. Chapelain qu'un de ses amis avait joué à la longue paume avec un battoir sur lequel se lisaient des fragments des Décades de Tite-Live que nous n'avons point, & que ces fragments venaient d'un apothicaire qui, ayant eu en don des religieuses de Fontevrault plusieurs volumes en parchemin du même auteur, les avoir vendus par ignorance à un faiseur de battoirs ^^\ » En même temps on se mit à entourer de murs le terrain du jeu, cc^mme autrefois de lices le champ des tournois 5 couverts d'une toiture, ces nouveaux locaux permirent de s'exercer en tout temps, sous le soleil comme sous la pluie : ce fut le jeu de courte paume. Cette nouvelle disposition, en multipliant les ricochets des balles sur les

(*î Saint-Évremont, Œuvres mêlées, Lond., 17085 1. VI, p. 128.

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