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combattre TindifFérence croissante, autant que jadis la répression pour tenir tête à un engouement excessif. Louis XIV lui-même avait un paumier-raquetier qui s'honorait de présenter la raquette au roi, à 1,200 livres de pension, plus 50 livres payées par le premier valet de chambre pour chaque partie jouée, & six marqueurs de cour. Mais le roi n'y apportait personneUement qu'un entrain médiocre : le'jeu, en exigeant trop de mouvement, eût dérangé son attitude majestueuse ôc compassée. Il préférait les divertissements de cabinet, surtout le billard auquel Chamillard dut sa fortune.
Au xvni* siècle, l'Académie des sciences chercha à arrêter une décadence croissante, en exaltant l'utilité de la paume au point de vue. militaire. «L'officier & le soldat qui l'auront pratiquée se trouveront bien supérieurs à ceux qui ne savent que leurs exercices ordinaires 5
car le^ inflexions, les élans & les courses
que l'on est obligé de faire à ce jeu rendent le corps également souple & le roncipent, pour ainsi dire, de toutes les façons ^^l» Que pou-
^*î Voir Garsault, Arf du paumier-raquetier.
vait-cllc contre Louis XV qui n'avait de goût que pour les femmes? Parmi les derniers tripots, celui de Cabasse est resté fameux. Un avocat, dont le nom malheureusement n'a pas été conservé, avait également la réputation d'un joueur de première force. Un jour le jeune prince de Condé engagea une partie avec lui : l'avocat la gagna. Le prince, rentré chez lui, crut bien faire en envoyant à son partenaire, par un petit laquais, un écu pour s'offrir des rafraîchissements. « Je suis très honoré, mon ami, fit cet homme, du présent que veut bien me faire Son Altesse, & je ne manquerai pas de le garder précieusement. En attendant, voici pour vous » j & il lui donna un louis. Le petit laquais courut faire son rapport au prince qui, de son côté, raconta l'aventure à son oncle, le comte de Charolais. «Vous me demandez ce que cela signifie.»^ dit le comte.
Rien de plus simple : l'avocat a fait le prince du sang, & le prince du sang l'avocat. »
Eft mai 1780, il advint que le comte d'Artois, « qui aimait beaucoup la paume, & qui venait souv«it y jouer à Paris dans les jeux renommés » , avait engagé dans l'un des meilleurs
de la rue Mazarine une partie qu'il perdit. Dé* pitc de sa mésaventure & plus encore des applaudissements que l'assistance prodiguait à son vainqueur, il ordonna, dans les termes les moins choisis, de faire sortir tout le monde. Seul un officier resta. « N'avez-vous pas entendu ce que j*ai dit ? lui cria le prince. — Si vraiment, Monseigneur, mais comme je ne suis ni un bougre, ni un jean-foutre, je suis resté ^*^. » Le prince n'insista plus.
Pour échapper à pareilles mortifications/ il «fait construire aftuellenxent, ajoute Bachaumont^^^, rue de Vendôme, sur le boulevard, un jeu de paume à son seul usage & à la portée de soin palais du Temple. Ce jeu, le dernier venu de tous, après avoir été le champ clos des grands paumiers durant un certain temps, subit la destinée de la plupart de ceux du siècle précédent & devint une salle de spcélacle, en dernier lieu le théâtre Déjazet.
A l'époque dont nous parlons, cette salle était déjà en quelque sorte une rareté à Paris ^
^*^ M/moires secrets de Bacbaumontj t. XV, p. 197. t^^ îhid,, j juin 1780.
on n'en comptait plus guère qu'une dizaine dans toute la ville : une rue Beaurepaire, une autre rue des Ecouffes, une troisième, assez ancienne, rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel} celle, peut-être plus ancienne encore, de la rue Verdelet, existait toujours^ enfin il y en avait une dans la rue de Grenelle-Saint-Honoré : ces deux étaient les seules dans le quartier du Louvre. Masson, à qui appartenait cette dernière, en possédait une seconde, & plus vaste encore, dans la rue Mazarine où se trouvaient également celles de Bergeron, «si célèbre par ses coups de bosse & de brèche » , de Cormier & de Desvertus.
Uune de ces dernières resta ouverte, sous le nom de son direfteur Blanchet, jusqu'en 1839. A ce moment la paume eût disparu sans remède, n'eût été une société privée qui recueillit le jeu de courte paume sur un terrain contigu au passage Sandrié : il y resta vingt & un ans. Vinrent les déplacements préalables à l'édification du nouvel Opéra. Déjà la longue paume, exilée des Champs-Elysées, où elle avait subsisté jusqu'en 1853, avait cédé son emplacement au Palais de l'Industrie & cherché
un asile au Jardin du Luxembourg; la courte paume se réfugia dans un bâtiment élevé pour elle par Napoléon IJI sur la terrasse des Feuillants.
Sous une forme rajeunie, & avec un nom qui est lui-même d'origine française, Tantiquc jeu de paume, devenu le lawn-tennis^^^ ou paume sur gazon, intermédiaire entre la courte & la longue paume, nous est revenu d'Angleterre.
S'adaptant aisément à n'importe quelle surface plane, il rappelle par ses termes & ses procédés son extraâion : on tire le service, à la vieille mode française, par une raquette jetée en l'air, aux cris de « rough » ou « smooth » , qui correspondent aux termes français «droit» ou «nœud».
Le jeu de souk ou choule, l'un des plus anciens dans notre pays, puisqu'il remonte à saint Louis, même à Louis le Jeune, consistait en une boule ou un ballon, tantôt en bois,
^'J C'est une déformation de l'ancien français ienet^j tenez I cri d'appel du serveur, comme Érasme, dans ses Dialogues j disait : Accipe, excipe! « OfF the tenetz to winne or lèse a chasc», disait en 1400 le po^te Gower.
tantôt en cuir, bourré de foin, de son, de mousse ou gonflé d'air. Les règles essentielles en étaient les mêmes qu'aujourd'hui : deux troupes rivales, ayant chacune un but ou camp à défendre ou à attaquer, s'appliquaient, à grands coups de poing ou de pied, à faire pénétrer le ballon dans l'un ou l'autre camp dont la nature pouvait varier : c'était un mur, la limite d'un champ, la porte d'une église ou simplement une ligne tracée sur le sol. Si la paume était plutôt un jeu aristocratique, la soûle, bien que pratiquée par les nobles, même par les rois, était surtout un jeu populaire j on jouait paroisse contre paroisse, jusque dans les villes, à Paris même, devant Saint- Eustache, le jour des caresmeaux (mardi gras), de Pâques, de Noël ou de la fête patronale de la paroisse. Bien que violent, c'était un exercice fort recherché, que rappelle mainte allusion de la littérature ou du théâtre, comme ce passage du Gieux de Kohin, au xiii" siècle :