‹ Etudes sur le Paris d'autrefoisChapitre 6 sur 13 · VI · texte numérisé non relu

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de rente, pour exposer sa santé & quelquefois pis par un accident, pour un pareil pari ^^\ »

Durant la guerre de sept ans, les officiers français qui se trouvèrent en face des Anglais eurent mainte occasion d'apprécier la supériorité de leurs chevaux. Après la paix de 1763, plusieurs se rendirent à Ncwmarket, où ils ne furent pas toujours, paraît-il, vus de très bon œil. En 1768, lord Carlisle^^^ écrivait à son ami Sebwyn : « Je plains mes amis de Newmarket qui vont être importunés par ces Français ». La froideur de l'accueil ne les empêcha pas d'étudier le système d'entraînement adopté & ses excellents résultats : nul ne tint le moindre compte des observations qu'ils rapportèrent.

Alors comme toujours les coteries de cour étaient toutes puissantes, & l'initiative faisait défaut 5 la réforme profonde que réclamaient quelques hommes clairvoyants souleva la résistance unanime des intérêts menacés. Mais

(*) Journal de Barbier., édit. La Villegille, t. IV, p. 44-45.

^*J Alors encore un simple arbitre de la mode dans les rangs de la jeunesse dorée; Tannée d*après il devait entrer à la Chambre des lords & j prendre, durant un quart de siècle, une part notable aux affaires publiques.

l'idée du progrès avait déposé en terre quelques grains d une semence féconde qui devait lever un peu plus tard.

Ne cessant de s'atténuer à travers les transformations successives, les anciens exercices de la noblesse française, tournois & joutes, puis les courses de bagues & de têtes qui ellesmêmes n'offraient plus d'intérêt, avaient disparu au xvni" siècle. Un certain amollissement des mœurs se répandait, & Voltaire ^^^ ne manqua pas de relever le fait. « Il s'est fait des révolutions dans les plaisirs comme dans le reste. » Les professeurs d'arts chevaleresques étaient dans le deuil, & leurs écrits n'étai^ent pleins que de leurs doléances. Dans son Ecole de cavalerie, La Guérinière déjà avait constaté que les gentilshommes renoncèrent aux tournois & aux joutes, préférant «fa mollesse à ces nobles exercices » j enfin l'équitation même semblait tenue en moindre estime 5 les raffinements si admirés au temps de Louis XIV, « les beaux airs qui faisaient l'ornement de nos manèges & le brillant des revues, des pompes

^*J Voir VEfiat sur les mœurs j ch. x : Des tournois.

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& des parades » n'étaient plus de mise : on ne songeait qu'à simplifier & à faciliter 5 & pour voyager, on aimait mieux s emboîter dans une voiture que de monter à cheval. Au temps où tout ce qui venait d'Angleterre était sûr d'un brillant accueil en France, les élégants favorisèrent l'importation des vraies courses, rares jusque-là, avec paris & jockeys, du sport par procuration. On s'y rendait à cheval, montant à l'anglaise, sur des selles anglaises, vêtu de ridingcoats (redingotes) anglais.

Le 28 février 1766, Horace Walpole le philosophe, l'ami de M"'' Du Deffant, mandait de Paris à l'un de ses correspondants, Will.

Cole : « Aujourd'hui je suis allé par le bois de Boulogne à la plaine des Sablons pour assister à une course de chevaux montés en personne par le comte de Lauraguais^^^ & par lord Forbes.

('^ Célèbre par son goAt très vif pour les lettres & le théâtre, & par son esprit. Il écrivit divers fragments d'une valeur inégale, mais qui lui attirèrent Tamitie de Voltaire, & réunit avec grand soin une précieuse bibliothèque. Bien plus, il contribua, au prix d'un sacrifice pécuniaire, k réformer la technique du théâtre & obtint de la Comédie- Française la suppression des banquettes oh. les gnts h la mode venaient s'asseoir des deux cotés de la scène, au grand pré-

Tout Paris était en mouvement depuis 9 heures du matin : les carrosses & la foule étaient innombrables pour voir un speâacle si nouveau. Le croiriez-vous? il y avait là un Anglais pour lequel tout cela était aussi nouveau, & cet Anglais, c'était moi. Bien que je demeure à deux milles d'Hounslow, que je sois allé cinquante fois dans ma vie à Newmarket êc que j'aie passé par là à l'époque des courses, je n'en avais jamais vu une seule d'un bout à l'autre. Lauraguais a été distancé au second tour. Ce qui ajoutait au piquant de l'aventure, c'est qu'au même moment son frère était à l'église* pour se marier j mais, comme Lauraguais est assez mal avec son père & avec sa

judice de l'illusion théâtrale. Il fut le premier amant de Sophie Arnould qui eut de lui trois enntnts. Exaspéré par les assiduités du prince d'Hénin auprès de sa maîtresse^ il soumit, k la Faculté de médecine la question suivante : «MM. de la Faculté sont priés de donner en bonne forme leur avis sur toutes les suites possibles de Tennui sur le corps humain^ & jusqu'à quel point la santé peut en être altérée. » — La Faculté répondit que l'ennui pouvait entraîner des troubles graves, k la longue le marasme & même la mort. Muni de cet avis, Lauraguais chargea un commissaire de porter plainte contre le prince d'Hénin pour tentative d'homicide sur la demoiselle Arnould qu'il ne quittait pas depuis cinq mois & plus.

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femme, il a choisi cet expédient pour constater qu'il n'était pas au mariage ^'l »

Le duc de Lauzun fut l'un des fondateurs des courses en France : c'était le même qui devait un peu plus tard, comme duc de Biron, siéger aux États généraux pour la noblesse de Quercy &, malgré les services rendus à l'armée du Rhin, puis à celle de Vendée, laisser sa tête sur l'échafaud révolutionnaire. Des 1773, ^^ ^^ courir en Angleterre. « J'eus envie de la grosse coupe d'or. J'avais d'assez bons chevaux à Newmarket. J'envoyai un des meilleurs coursiers à Ipswich : son âge, son nom, dix guinées suffisaient pour le fiire admettre. Un petit garçon vêtu de noir suivit bien ses instruélions, resta modestement pendant toute la course derrière le cheval de sir Marmaduke, & à cent pas du winningpùB, passa comme un éclair 5 on lui donna la coupe ^^^. »

En 1775, il arriva à Versailles, remporta un succès, dans la plaine des Sablons, à ce qu'on

^'^ Lettres écrites pendant ses voyages en France 1739- 1775, traduites par Bâillon. Paris, 1872.

^*) M/moires de Biron ^ publ. par Lacour. Paris, 1858, p. 132.

appellerait aujourd'hui la réunion de printemps, & revint encore à Paris pour les courses d'automne. «Je revins à Paris, & mon retour à la Cour fut au moins aussi brillant que l'avait été mon départ. Une course de chevaux français, où mon cheval monté par un gamin gagna, acheva de me mettre à la mode. La reine parut vivement désirer d'en voir & il Y en eut un grand nombre d'arrangées pour le printemps prochain ^*l »

«Le commencement du printemps ramena les courses, j'avais beaucoup de chevaux engagés, pour lesquels la reine pariait toujours, quoique dans sa société on le trouvât mauvais. Dans les premiers jours d'avril, je fis courir un cheval contre un de ceux de M. le duc de Chartres, pour une somme fort considérable, beaucoup trop sans doute. La reine s'en occupa beaucoup, vint à la course, & un moment avant le départ des chevaux, me dit : «J'ai « tant de peur que, si vous perdez, je crois que « je pleurerai. » — Cela fut remarqué & blâmé. Mon cheval gagna assez facilement, & le

M/moires de Bironj ouvr. cité, p. 213.

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public, qui m'aimait mieux que le duc de Chartres, m*applaudit longtemps. La reine en fut transportée de joie. J'eus toutes les peines du monde à l'empêcher d'avoir des chevaux de course. Ce fut, je crois, la plus grande preuve de mon crédit sur elle^^\ »

Quelques années après, en 1776, Tanglomanie battait son plein, & l'on songeait à Versailles à organiser des courses à Timitation de celles d'outre- Manche. Les Mémoires secrets de Bachaumont, qui suivent de près toutes les particularités touchant à cette question, observent, à la date du 7 mars 1776, que « le goût des exercices semble reprendre chez nous d'une manière très propre à fortifier notre jeune noblesse de la cour, depuis longtemps énervée par une vie molle & rutile : non seulement les courses à cheval se multiplient, mais on en fait aujourd'hui à pied : il y en a eu dernièrement une au Luxembourg entre un des fils du duc de Coigny, M. de Sezvalet & le chevalier de Fitz-James.

«Le 28 mars. Il y a eu hier encore une

^'J Mémoires de Bfrottj ouvr. cit., p. 252.

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course au même lieu ^'^ & en la présence de la reine & autres personnages de la famille royale. M. de Fénelon qu'on a plaisanté sur sa chute & qu'on disait ne pouvoir manquer de gagner puisqu'il allait ventre a terre, n'a pas ose se risquer^ & ce sont les jacquets qui ont couru. M. de Nassau ^^î a gagne $ le duc de Chartres a eu aussi l'avantage contre le duc de Lauzun. « Le 7 novembre. Toute la cour s'amuse beaucoup, excepté le roij S. M. n'a été encore à aucune des courses, elles paraissent même lui déplaire. Le comte d'Artois lui ayant proposé de parier pour lui , S. M. a répondu qu'elle e voulait bienj pressée de s'expliquer sur b somme, elle a répondu qu'elle irait jusqu'à un écu de 3 livres, persiflage qui n'a point amusé S. A. R. Le roi a annoncé que les courses ne dureraient pas longtemps 5 mais

(^) Il j avait eu, quatre jours plus t6t,uiie course en cabriolet de la porte de la Conférence k Versailles & retour^ entre MM. de Fénelon & de Fontenilles : le premier creva son cheval \ Sèvres, le second k la rentrée k Técurie.

^*^ Le prince de Nassau-Siegen, célèbre par sa vie aventureuse. Privé par FËmpire de ses domaines héréditaires en Allemagne, il s'attacha au service de la France comme colonel d'infanterie.

comme S. M. est bonne & facile, peut-être ne persistera-t-elle pas dans le dessein de les proscrire.

« II novembre. Ce n'est que le 13 qu'aura lieu la fameuse course annoncée pour le 12.

Le coursier de M. le comte d'Artois doit y paraître pour la première fois, & le notaire Clos-Dufresnoy a déjà pour 3,800 louis de paris consignés. On ne s'accorde pas sur le mérite de ce cheval : quelques gens prétendent qu'il est usé, & que l'ancien propriétaire qui Ta vendu est un des parieurs contre, sous un autre nom. On confirme que cette course ' sera la dernière 5 mais on parle de tournois au Champ de Mars, speftacle plus magnifique, plus noble & plus digne de la galanterie française. »

On voulait créer un champ de courses dans la plaine des Sablons, encore non bâtie alors, où Walpole, en 1776, avait assisté à une réunion. Le 6 novembre, la série débuta par un match de 6,400 mètres Tencer, au marquis de Conflans, âgé de 7 ans, portant 127 livres, & Comm, au comte d'Artois, 6 ans, 130 livres, tous deux issus d'étalons de pur sang anglais 5

prix : 2,500 livres, gagné par Tencer. Le 7, match de 1,600 mètres entre Dethroner, à M. Fitzgerald, qui battit un cheval arabe du prince de Nassau j prix: 5,000 livres. La course du 8 fut la plus intéressante, la première en France pourvue d'une organisation régulière, où les poids furent enregistrés & les distances fixées d'avance. Le prix fut gagné par FAhbé, au prince de Guéméné, contre Partner, au duc de Chartres, & Frivole, au comte d'Artois.

Malheureusement l'imiution du régime anglais n'existait encore qu'à la surface : les nobles promoteurs y cherchaient surtout l'occasion d'étaler leurs équipages, les femmes leurs toilettes, tous un prétexte pour passer quelques heures agréables, bien plus que l'amélioration de la race chevaline. Ils faisaient courir comme ils allaient à l'Opéra ou dans un boudoir haut coté , & les opposants n'avaient pas tort dans leurs critiques qui ne voyaient dans ce passe-temps qu'une source de folies nouvelles.

« Nous les avons copiées (les courses) des Anglais, écrit Mercier ^^^j c'est la bête qui rem-

^^î TahUau de Paris. Amstcrd. 1782-1783, t. V^ p. ii/^-izy

porte le prix. On fait jeûner le jockey qui doit conduire afin qu'il pèse moins. Les paris s'ouvrent, & il se perd beaucoup d'argent

On ne parle donc plus que du cheval harhe, du petit duc 5 & le goût des chevaux qui courent a succédé à l'esprit de la chevalerie entièrement éteint. On se transporte dans la plaine des Sablons pour voir courir des animaux efflanqués qui passent comme un trait, tout couverts de sueur au bout de six minutes 5 & nous mettons ensuite dans les discussions qui résultent de ces courses un air de profondeur & une importance qui ont quelque chose de burlesque.

Cette singerie de nos voisins n'a pas rétabli, comme chez eux, ainsi qu'on l'eût d'abord imaginé, la perfedlion des races : c'est que l'on n'a permis ces jeux olympiques qu'aux princes & aux grands seigneurs 5 ils eussent été néanmoins plus utiles dans des rangs moins élevés. » Les femmes elles-mêmes s'en mêlaient 5 c'était une nouveauté dont elles s'engouaient comme de leur « sensibilité », de leur passion pour la nature & les petits vers. « Les femmes ajoutet-il plus loin, assistent aux courses, & ne paraissent avoir aucune pitié de ces adolescents

aux cheveux tondus, qui se rendent poussifs ou asthmatiques, pour faire gagner M. le duc, lequel remporte le prix de la course dans son

lit (Elles) conduisent des calèches, & après

avoir passé des nuits au bal, il faut qu'elles prennent parti pour telle ou telle jument. Le jockey perd son nom & ne porte plus que celui de la bcte qu'il monte, il est toujours juge fort inférieur à l'animal qui réunit tout l'intérêt & tout l'espoir. Ce n'est pas là tout à fait l'ancien esprit de la chevalerie $ mais il est entièrement éteint. Et qu'importe un ridicule de plus ajouté à nos incroyables petits ridicules.? On a reconnu, il est vrai, qu'un coursier impétueux & docile supposoit à la fois la perfeftion d'une branche d'économie domestique & l'art important de croiser les races. Mais l'extravagance s'est mêlée aux premières spéculations, & ce qui pouvoit tourner au profit de l'espèce n'est plus devenu qu'un luxe, fantaisie de prince ^^^. » C'est surtout Mercy-Argenteau qui ne tarit pas en doléances : l'agent dévoué & clairvoyant que Marie-Thérèse avait placé auprès de sa

^'^ Mercier, ouvr.cit., t. VIII, p. 40-42.

fille comme un conseiller d'expérience, un peu aussi comme un correspondant confidentiel, mande à l'impératrice TefFet fâcheux d'un f)laisir accueilli avec empressement à la cour de a reine & des princes, & le mauvais ton de ces réunions. « M. le comte d'Artois, le duc de Chartres^*) & un nombre de jeunes gens ont remis en vogue les courses de chevaux 5 elles se font près de Paris, & la reine y assiste régulièrement. S. M. après avoir été la nuit du 11 au bal de l'Opéra jusqu'à 5 heures du matin, rentra à Versailles à 6 heures & demie, & en repartit à 10 heures pour venir voir une course de chevaux qui se faisait près du bois de Boulogne. Des promenades si multipliées, si rapides , & qui pourraient déranger une santé des plus robustes, occasionnent des critiques 5 mais toutes les représentations à faire là-dessus deviennent inutiles, parce que le roi est le premier à engager lui-même la reine à ces sortes d'amusements ^'^^ . »

<^^ Philippe-Égalité.

^^^ 28 février 1776. Correspondance du comte de Mercj- Argenteau avec , Marie-Thérèse j publ. par Arneh & Geffroi. Paris, 1874, ^' ï^> P- 430-

A la course donnée aux Sablons le i8 mars, la reine, venue avec Monsieur, Madame & le comte d'Artois, ne fut pas, remarque Mercy, saluée par les acclamations habituelles ^ elle s'y laissait entraîner avec l'impétuosité de son caraftcre, au grand préjudice du prestige royal qui souffrait de promiscuités inévitables. ((Chaque semaine il y a eu, par les soins de M. le comte d'Artois & du duc de Chartres, plusieurs courses de chevaux, & la reine, qui a pris un goût extraordinaire pour ce genre de spcélacles, n'en a manqué aucune. Ces courses se font près de Paris, & soit par raison de la distance, soit par le temps qu'il faut pour établir les préliminaires de ces sortes de courses, chacune d'elles absorbe une journée entière.

Dans ces occasions, la reine dîne à la Muette ou dans une maison située au bois de Boulogne & appartenant à M. le comte d'Artois. Les courses dont il s'agit, & qui ne sont qu'une parodie assez puérile de celles qui se font en Angleterre, ne mériteraient certainement pas d'être honorées de la présence de la reine. On a bâti pour S. M. une sorte d'estrade où elle se place pour voir ce speélacle, où il y a toujours

unc affluence de monde peu choisi, beaucoup de jeunes gens mal vêtus, ce qui, joint à beaucoup de confusion & de bruit, forme un ensemble qui ne s'accorde point avec la dignité qui doit environner une grande princesse ^^^ » Louis XVI, qui n'avait pas le moindre goût pour ces réunions dont il comprenait les abus, se proposa, au dire de Buc'hoz^^^, de les interrompre 5 mais, irrésolu comme toujours & manquant de caraélère, il ne savait pas résister à la reine qui l'entraîna à la fameuse course du 13 novembre : il s'agissait d'une lutte palpitante entre deux princes du sang, les plus passionnés amateurs du royaume, & des débuts en France d'un pur-sang anglais, Kifig- Pipin, dont on disait des merveilles. Ce favori, que le comte d'Artois s'était chargé de produire, fut honteusement battu & causa à ses partisans des pertes sérieuses. Mercy peint le sans-gcne qu'il avait remarqué sur la tribune royale. « Les courses de chevaux sont des occasions bien fâcheuses &, j'ose le dire, indéco 13 avril 1776. Mercy- Argenteau, ouvr, cit., p. 434. C^) Difiertaiion sur les amusements des Français. Strasb., 1789 , in-fol., p. 7.

ccntcs pour la façon dont la reine s'y trouve. A la première course, je m y rendis à cheval ÔL j'eus grand soin de me tenir dans la foule, à distance du pavillon de la reine, où tous les jeunes gens entraient en bottes & en chenille ^*^ LfC soir, la reine, qui m'avait aperçu, me demanda à son jeu pourquoi je n'étais pas monté dans le pavillon pendant la course. Je répondis, assez haut pour être entendu de plusieurs étourdis qui étaient présents, que la raison qui m'avait empêché de monter dans le pavillon était que je me trouvais en bottes & en habit de cheval, & que je ne m'accoutumerais jamais à croire que l'on pût paraître devant la reine dans un pareil équipage. S. M. sourit, & les coupables me jetèrent des regards fort mécontents. A la seconde course, je m'y rendis en voiture & en habit de ville, je montai au pavillon où je trouvai une grande table couverte d'une ample collation qui était comme au pillage d'une troupe de jeunes gens indignement vêtus, faisant une cohue & un bruit à ne pas s'entendre, & au milieu de cette foule étaient

^•ï Costume non habillé.

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la reine, Madame, M'"'' d'Artois, Madame Elisabeth, Monsieur & M. le comte d'Artois, lequel dernier courait du haut en bas, pariant, se désolant quand il perdait, & se livrant à des joies pitoyables quand il gagnait, s'clançant dans la foule du peuple pour aller encourager ses postillons ou jacquets, & présentant à la reine celui qui lui avait gagné une course. J'avais le cœur très serré de voir ce speftacle , & plus encore en observant la contenance gênée & ennuyée de Monsieur, de Madame, de M"™" d'Artois & de Madame Elisabeth. Il faut convenir cependant qu'au milieu de ce pcle-mêle la reine, se portant partout, parlant à tout le monde, conservait un air de grâce & de grandeur qui diminuait en partie l'inconvénient du moment 5 mais le peuple, qui ne pouvait apercevoir cette nuance, ne voyait qu'une familiarité dangereuse à laisser soupçonner dans ce pays-ci ^^\ »

Au reste le comte d'Artois ne fut que médiocrement récompensé de son zèle & de ses

('5 15 novembre 1776. Mercy-Argenteau, ouvr, cit., p. 525-526.

dépenses : la plupart de ses chevaux étaient battus, il perdait en général ses paris, «& la manière turbulente avec laquelle il en marquait son chagrin excitait parmi les speélateurs beaucoup de scandale & de propos^') ».

Sous un titre dont l'originalité prétentieuse reflète la prédominance de l'esprit anglais dans les mœurs de ce temps ^^^, Pidansat de Mairobert nous a laissé un passage caraâéristique du jugement fort clairvoyant que portaient nombre de gens sur la manière dont les courses étaient comprises en France. « Après les spectacles, Milord, les courses de chevaux ont fort amusé la cour. Ces courses, dont je ne vous, ai pas encore parlé, & qui ne sont qu'une frêle imitation des nôtres, sous un gouvernement plus prévoyant, ayant de grandes vues & perçant dans l'avenir, pourroient se tourner en institution politique très propre à nous devenir funeste un jour. En eflet, il seroit sans doute fort avantageux à la France de former, par ces

f*) 19 nov. 1777. Mercy-Argenteau, ouvr. cit., p. 133.

^^^ LfObservaUur an^ii, ou Correspondance secrets entre milord AU' eye <Ù^ mttord AU' ears, Lond., 1778; t. IV, lettre XVI.

exercices frcquens & multipliés, les chevaux de ses haras à la vigueur, au brillant & à la légèreté des nôtres. Elle s'aiFranchiroit ainsi à la longue du tribut qu'elle nous paye en cette partie. Mais jusqu'à présent je n'y vois qu'un jeu puéril, sans aucun but d'utilité réelle. La Reine qui, dans l'âge aimable où elle est, se plaît à tout ce qui est mouvement & tumulte, a beaucoup contribué à encourager les courses. » L'anglomanie, que nous avons déjà relevée, passa des courses jusque dans la manière de monter à cheval. Au lieu de trotter en se laissant porter (trot assis), le cavalier s'enlevait à chaque foulée de l'allure : c'était le trot à l'anglaise. Il était encore assez peu connu en 1786, s'il faut en croire M"*' de Genlis. « M. de Nedonchel, un des écuyers du roi Louis XVI, est extrêmement anglomane. Hier il était à cheval à la portière de la voiture du roi qui allait à Choisy. Il avait fait de la pluie, & M. de Nedonchel, trottant dans la boue, éclaboussait le roi qui, mettant la tête à la portière, lui dit : «M. de Nedonchel, vous me crottez.

— Oui, Sire, à l'anglaise,» répondit d'un air satisfait de lui-même M. de Nedonchel, qui.

au lieu du mot croUe^, avait entendu : vous trotte^ — Le roi, sans connaître cette erreur, s'est contenté de lever la glace avec une bonhomie très aimable : voilà un trait d'anglomanie qui est un peu fort ^^\ »

Ce n'était pas cependant, en dépit des apparences contraires, la fin des exercices équestres : ce qui disparaissait alors sans retour, c'était le jeu d'origine chevaleresqu'e réservé à une classe privilégiée, qui y maintenait sa supériorité sur la foule des roturiers. Marie-Antoinette eut bien un instant la pensée de sauver la partie. «La reine veut abolir les courses de chevaux, écrit, le 15 novembre 1776, Mercy à sa souveraine, & y faire substituer des exercices de manège, comme courses de bagues & autres évolutions qui tiennent plus aux anciens usages nationaux & ne seraient pas une mauvaise copie de ceux de l'Angleterre ^^K » Peine perdue : la classe elle-même dont les privilèges étaient en cause n'y attachait qu'une attention distraite : signe des temps. Le mouvement ré-

^'J M/moires in/ditSj lo vol. Paris, 1825.

(*^ Mercy- Argenté AU, ouvr. cit., t. II, p. 519.

formateur qui était « dans l'air » étendait sourdement son contre-coup jusque sur ce terrain , sans que les intéressés en eussent conscience.

Les courses continuèrent donc de plus belle.

Le Courrier de l'Europe, le premier périodique qui rendit compte en français des courses d'Angleterre <Sc des afiemblées de Newmarket , donna la nouvelle suivante à la date du 27 février 1777. « Il y eut avant-hier une course ronde àNeuillyj Barhary, cheval âgé de j ans, à Mgr. le comte d'Artois, courut avec Vmrà, autre cheval âgé de 5 ans, au marquis de Conflans.. Le pari était de 200 louis sans dédit 5 ces chevaux parcoururent un mille seulement, & Visard fut le vainqueur, ce qui étonna bien du monde, car demi -heure avant la course, on pariait 2 contre i pour Barbary. La Reine, accompagnée d'une partie de sa cour, honora ce spectacle de sa présence, & comme la journée était belle, l'affluence des curieux de Paris, la quantité prodigieuse des voitures & des gens à cheval rendirent cette course fort intéressante. »

Bachaumont à son tour ajoute : « Ce qu'on avait prévu l'an passé vient d'arriver : le gouvernement a profité de la manie de nos grands

seigneurs pour les courses de chevaux afin d'exciter l'attention de ceux qui en cultivent l'espèce sur les difFérentes races, & par les soins que prennent les amateurs pour en faire de bons coureurs, de donner ainsi à cet animal toute la perfeftion dont il est susceptible. Un aéle pisse entre plusieurs seigneurs de la cour, le 50 oftobre 1773, en a été la suite : il était resté ignoré jusqu'à présent. Par cet afte, ils s'engagent de donner chaque année, pendant l'espace de dix ans, une somme de 600 livres pour avoir le droit de faire courir un cheval à deux époques difFérentes : savoir au i) avril & au 4 oÂobre de chaque année. Entre plusieurs conditions spécifiées entre les contraétants, la plus intéressante, la plus honorable au zèle patriotique des souscripteurs, c'est qu'aucun cheval ne sera admis qu'autant qu'il sera reconnu par trois experts pour être français ^^l » Le 7 oftobre, nouvelles courses aux Sablons, où Labbé, au prince de Guéméné, arriva le premier au poteau, &, le 13, à Fontainebleau, où le comte d'Artois gagna avec Cornus le prix

^'^ Ouvr. cit.j 15 avril 1777.

de 200 louis. « 7 novembre 1779. Il y a eu hier une course de chevaux à Vincennes, qui a été annoncée avec beaucoup d'appareil : le comte de Lauraguais, de retour de son exil^*^, y a figuré.

(( 4 mai 1780. Ce qu'on avait prévu commence de se réaliser, & Ton a déjà perfeélionné quelques races de chevaux en France au point qu'ils se trouvent en état de remplir le service des chevaux étrangers : c'est ce qu'on a jugé aux courses qui ont eu lieu dernièrement à Vincennes, où une jument & un cheval, productions de leurs propriétaires, ont combattu pour la course l'un contre l'autre avec tout le feu, tout le brillant des chevaux anglais. La jument, nommée Lucik, est au duc de Chartresj le cheval, appelé le Normand, appartient au comte de Lauraguais. On a vu aussi un poulain de M. le comte d'Artois contre un autre poulain appartenant au duc de Chartres, tous deux élevés en France. Ce speélacle interrompu depuis longtemps a repris avec fureur,

(^) Il fut exilé de Paris cinq fois pour son esprit frondeur & ses manifestations d'opposition au pouvoir.

& tout Paris, malgré le temps exécrable, s'y est transporté. »

Le 2 & le 6 avril 1781, dans le parc du château de Vincennes, courses entre juments françaises & étrangères montées par des jockeys français & anglais : il y eut cinq prix de 100 louis chacun.

Le 12 avril, trois courses au même endroit, dont deux furent gagnées par le comte d'Artois. Le 14 avril, deux prix furent décernés aux juments qui s'étaient le plus distinguées dans les réunions antérieures &. atteignirent la même vitesse ce jour-là. Le ij, cinq courses dont quatre furent gagnées par le comte d'Artois.

«13 avril 1782. C'est le 15 que s'ouvrent à Vincennes les courses pour la distribution des prix, dont chacun de 100 louis. On ne peut qu'applaudir à cet encouragement dans ce pays où il est essentiel de donner le plus grand soin aux haras & de perfeétionner nos races de chevaux. On a fait venir vingt-trois chevaux barbes cette année pour couvrir nos juments & provigner une espèce de ce genre amélioré. » (Bachaumont.)

En 1784, l'initiative, mieux raisonnée cette

fois, du comte d'Artois, aboutit enfin à organiser sur une base sérieuse des réunions périodiques. Grand amateur de chevaux comme son cousin le duc de Chartres, le prince s'était souvent rendu en Angleterre &, en dépit de son apparente frivolité, il avait fini par comprendre la portée pratique d'une institution si hautement appréciée de l'autre côté du détroit. Cette année-là, trois réunions eurent lieu à Vincennes pour juments firançaises & étrangères, & donnèrent lieu à un échange de paris considérables. D'autres courses eurent lieu, jusqu'à la fin du règne, sous le proteftorat des deux firères du roi, du marquis de Conflans, des princes de Guéméné & de Nassau, A défaut, d'autre résultat pratique, elles marquent du moins la date de l'introduftion en France des premiers chevaux de pur sang. Il est vrai que les vainqueurs de ces diverses épreuves ne paraissent pas avoir été, en dehors du champ de courses, en grande faveur auprès des éleveurs, car ils n'ont laissé aucun souvenir de leurs services comme étalons.

La Révolution coupa court aux réunions aristocratiques. Après la Terreur, elles mena-

ccrcnt un instant de dévier : le Direûoirc, hanté d'aspirations pseudo- classiques , voulut adjoindre aux courses de chevaux celles de chars. Des le 17 septembre 1791, une petite gazette, La Femlle du cultivateur, s'exprimait en ces termes : a L'eflFet qu'ont produit les courses de chevaux en Angleterre & en Amérique doit faire juger quel serait le résultat en France, surtout si on y joignait celles de chars, & qu'elles soient annuelles les premiers jours des mois de mai & d'oâobre. Le Champ de la Fédération (de Mars) a toutes les convenances à ce genre de speélacles. Le concours sera libre à tout le monde, il faudra seulement que les chevaux soient nés ou élevés en France. Les courses seront divisées en différents genres : celles de chevaux & celles de chars 5 il y aura des chars attelés de deux & de quatre chevaux de front, d'autres attelés de quatre chevaux en grandes guides. Toutes ces courses s'exécuteront au trot & au galop.

«On donnera des prix pour chaque espèce de courses : ce sont les prix dont, aux acclamations de tout le peuple, on couronnait en Grèce & à Rome les vainqueurs dans les jeux

qui portèrent leur courage & leurs vertus à ce degré d'énergie dont rien aujourd'hui ne nous donne l'idée. »

L'importance attachée à ces concours qui présentaient un caraéière tout nouveau, la pompe qui entourait le spectacle, en général au Champ de Mars, les prix décernés aux vainqueurs ne suffirent pas à leur assurer l'intérêt public. Louis XVIII fut plus heureux, & son règne marqua un mouvement de renaissance dans l'histoire des courses. Mais c'est au second Empire qu'il était réservé de donner à cette institution l'essor & l'éclat dont notre époque a été témoin, surtout depuis son transfert (1856) du Champ de Mars dans la plaine de Longchamp.

Le dressage dans les manèges qui poussait si loin l'éducation équestre des jeunes officiers & préparait les héros aristocratiques de joutes ou carrousels à y exécuter les figures les plus compliquées ne fut pas le seul parti que l'on tira du cheval dans les siècles passés j il se prêta, entre les mains de patients industriels, aux plus singuliers tours d'adresse qui réjouirent &

émerveillèrent la foule plébéienne à son tour. Que de choses on pourrait dire des chevaux savants ! Pas de prouesse à laquelle ses éducateurs ne soient parvenus à l'amener ^ mais son inclination Ta toujours porté de préférence vers les exercices les plus élégants. Horace déjà établit que la passion pour les chevaux était très marquée chez les Romains de son temps, ainsi que pour les courses de chars & les jeux équestres, qui s'accrurent avec l'aisance générale. Les condufteurs de chars formaient quatre troupes, chacune avec sa couleur distinâc : blanche, rouge, bleue & verte. Certaines places étant favorables plus que d'autres pour atteindre le but, on tirait au sort la place de chaque char devant la barrière. Au signal donné par le président des jeux, qui déployait une pièce de drap, tous prenaient leur course vers la droite du cirque pour tourner à gauche autour de la borne. La course, répétée sept fois, exigeait beaucoup d'adresse. Pour contrôler l'exaélitude des passages successifs, on plaçait sur la borne sept dauphins, emblèmes de Neptune en l'honneur duquel les jeux avaient été institués, ou sept œufe de boisj chaque fois on

en retirait un. Le vainqueur sautait sur la borne & recevait le prix, parfois en argent comptant. ^

Les jeux hippiques comportaient des exer- ]

cices de voltige & d'adresse à l'instar de nos cirques modernes. Les ccuycrs arrivaient montés ou debout sur un ou deux chevaux, en tenant parfois jusqu'à six autres en main^ sautant durant la course de l'un sur l'autre j ces exhibitions constituaient le point culminant du dressage, encore tout mécanique : les animaux apprenaient à piaffer en cadence, à exécuter certaines danses^ on les montait à des allures relevées qu'on obtenait en leur attachant des rouleaux de bois aux paturons. J

Plus tard, à l'époque mérovingienne, Chilpéric I* bâtit à Paris un cirque où il donna, sinon des jeux hippiques sur lesquels nous manquons de tous renseignements, du moins des combats d'animaux 5 & l'anecdote de Pépin le Bref sautant dans l'arène pour séparer un taureau & un lion aux prises, si elle est peu authentique, montre du moins combien ces spe6lacles étaient encore familiers aux populations du temps. .

Au XVI* siècle, les ccuycrs de l'école napolitaine & Pluvinel qui, à leur école, avait si bien appris Tart de faire des sauts, des <ccaprioles» & des courbettes dans les carrousels, purent revendiquer, comme leurs plus humbles élèves, les dresseurs de chevaux savants. Sous la date de i J82 , L*Estoile nous raconte l'épisode suivant :

« En ce mois d'aoust vinst à Paris un Italien de Boulongne qui se disoit avoir esté esclave des Turqs par l'espace de huit ans, & y avoir appris plusieurs gentillesses & dextérités rares & remarquables. Il vinst à Paris où s'estant fait voir en quelques endroits particuliers, & sentant qu'on prenoit goust à son battelage, il ouvrit boutique en une carrière au long des murs de la ville tirant de la porte de Bussy à la porte de Nesle, & y aiant fait dresser une forme de lices avec des paulx & des cordes, y receut tous venans à cinq sols par teste. Ce qu'il sçavoit faire estoit que sur son cheval, courant à toute carrière, il demouroit debout sur les deux pieds, tenant une tagaye en la main, qu'il dardoit assés dextrement au bout de la carrière, & se renfourchoit en selle 5 en

mcsmc forme & estât,. il tenoit une masse d'armes en main, qu'il jettoit en l'air & reprenoit en main par plusieurs fois dans la carrière. En une autre carrière, ainsi debout sur la selle, le cheval courant, il contournoit la dite taguaye qu'il tenait en main, autour de sa teste & de ses espaules fort agilement & subtilement. En une autre carrière, ainsi en selle, le cheval tousjours courant, sans arrest, mettoit l'un des pieds en terre & ressautoit en selle cinq ou six fois durant la carrière. En une autre & une autre carrière, debout sur la selle, d'une lance qu'il tenoit sous le bras comme en arrest, il emportoit un gand pendu au milieu de la carrière, & tiroit un cimeterre pendu à son costé hors du fourreau, & lui remettoit cinq ou six fois durant ladite carrière. Assis en selle, durant une autre carrière, d'ung arc tui^q qu'il tenoit en main, le cheval tousjours courant à toute bride , il tiroit flesches en avant & en arrière à la mode des Tartares, & pour dernier mets de son service, le cheval courant ainsi à toute carrière, il se tenoit des mains à l'arson de devant, & aiant la teste bas & les pieds en haut, fournissoit en ce point la car-

rière au bout de laquelle il se renfourchoit en la selle fort dextrement. La dextérité & souplesse du compagnon, qui autrement estoit petit, rare & maigre, & mieux semblant à un vray Turq qu'à un Italien turquizc, k la vérité estoit rare & grande, car encores voltigeoit-il sur son cheval fort dextrement & agilement de toutes sortes & en toutes façons, mais l'homme & le cheval se connoissans de longue main & rompus k telles souplesses, faisoient paroistre les merveilles plus grandes qu'elles n'estoient. Il gaingna pour quelques mois beaucoup d'argent, puis se retira quand il sehtist qu'on commençoit à se lasser de lui ^^\ »

Au commencement du xvii* siècle, Montlyard ^^^ nous donne des informations curieuses sur les distrayions de ses contemporains. «On fasçonna des chevaux, des ours, des gros chiens, lesquels certaines gens de néant promenoient par les foires ôc marchés, pour en faire monstre & tirer du proffit. Mais tout ceci n'est rien au prix des estranges gesticulations

t^J Journal j èà. Michaud & Poujoulat, p. 150-151. W Traduàcur de VÀne d*or, d'Apulée ; voir ses commentaires sur le X* livre. Paris , v6o2.

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