HISTOIRE ET MOEURS
facile de supposeï* que leur constilulioii devait élre démocrali(jue, comme il convenait à un peuple sans richesse, sans commerce, de mœurs simples. Mais on clierclie en vain les traces d'une confédéialion générale. Des guerres de ville à ville prouvent que la communaulé de race et de nom n'empêchait pas la division d'intérêts. Au jour seulement oii il fallait repousser un ennemi extérieur et prendre part aux affaires de la Grèce, le danger ou la gloire les réunissait; alors, Tégée et Mantinée avaient la suprématie. Il est probable que, dans ces grandes circonstances, il se tenait une assemblée générale de tous les guerriers, et l'on y décidait la guerre, conime aux premiers temps de notre histoire dans les champs de Mai. Peu d'années avant la fondation de Mégalojjolis , lorsque toute l'Arcadie s'unit pour résister àl'ambition de Sparte, on trouva que le gouvernement ne pouvait être confié à un conseil composé de moins de dix mille députés. C'était encore un peuple sur la place publifjue, au lieu d'hommes d'Etat dans un sénat. Les Arcadiens retrouvaient avec satisfaction un souvenir, une image de leurs grandes assemblées.
Les Arcadiens occupent une bien courte page dans l'histoire ^ Leur vie intérieure est restée ca-
' Il faut excepter Té{^<r <•( Mantince, silin'es dans des jtlai-
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chée, comme tontes les vies simples et heureuses. Leur vie extérieure, sans haine et sans ambition, se borne à t|uel(|ues guerres, enlrepiises pour leur propre défense ou la défense de leuis alliés. Leurs premiers exploits eurent Hercule pour guide. C'est avec une arn»ée composée principalement d'Arcadiens que ce héros piit Lacédémone' ; avec eux encoie, il foiça Augias, loi de l'Elide, à reconnaître la suprématie des rois argiens. Les causes de celle étroite alliance nous sont inconnues. Peut-êtie les fables du sanglier d'Eiymanlhe, de la biche cérviiite, des oiseaux stymphalides ^ , déguisent-elles des services plus sérieux ipi'Hercule aurait rendus aux Arcadiens. Peul-étre aussi étaient-ils intéressés à travailler avec lui à l'abaissement de voisins dangereux. Quoi qu'il en soil, ils fuient ses plus constants amis; il avait toujours un corps arcadien avec lui , et ils le suiviienl mémedans l'exil, lorsque, chassé deïiiynthe par- Euryslhée, il se réfugia à Trachine.
Ils ne gardèrent pas la même affection aux Héraclides, quand plus tard ils voulurent envahii
lies, près de l'Argolide et de la l.aconie. jlntrainees dans les mouvements et les troubles du reste de la Grèce, elles figurent souvent dans l'histoire, quoique sans éclat; mais elles n'avaient ni la vie, ni les mœurs des autres états arcadiens.
«■ Diod. Sic.,1. IV, G. 33.
^ l>aus., ArcacL, V.