‹ Études sur le PéloponèseChapitre 21 sur 66 · LE LADON · texte numérisé non relu

LE LADON

cullivés par la main des hommes. Au milieu de ces jardins il y avait des bains.

Du sommet de la colline, la vue suit longtetnj)s le cours charmant de l'Alphée, et ne le perd que lorsqu'il tourne vers Olympie. A droite, l'Érymanthe et leLadon traversent de verts pâturages. En se retournant vers le nord, les collines s'élèvent par degrés, coupées par d'humides vallons, couvertes de gazon ou de petits chênes. Le sol est gras et fécond, mais les bras pour le cultiver manquent. Le territoire d'Hériea était un des plus fertiles de l'Arcadie. On remarquait dans la ville un temple de Jiuion, qui viaisemblablement lui a plutôt donné son nom i\\\ Hcrxus , un de ces innombrables fils de Lycaon qui semblent inventés pour justifier les noms de toutes les villes arcadiennes. Quelques fondations, (|uel(jues pierres helléniques dispersées marquent seules l'emplacement d'Hérœa.

Non loin, se trouvait le tombeau de Corœbus, sur la limite de l'Élide; une insciiption attestait qu'il avait inauguré l'èie des Olympiades '.

Remontei- le Ladon depuis Héra?a jus(ju'à ses sources, c'est entreprendre un voyage délicieux, et pour ceux qui cherchent les beautés de la nature autant que les traces de l'antiquité, et pour

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le peintre qui veut des sujets d'étude neufs el émouvants, et pour le touriste qui, avec ses préjugés romanesques, cberclie en vain l'Arcadiecpril s'est figurée. iJi vous trouvez le cadre obligé des bergeries les plus élégantes : les liéros manquent, il est vrai, et quelques pauvres pâtres ou laboureurs vêtus de peaux prêtent peu à l'illusion; mais la scène est prête et les décors sontencbanteurs. Beau fleuve, sources fraîches, forêts touffues, vertes prairies, douces collines, chèvres bondissantes, fleurs et parfums à souhait : l'imagination n'a rien à désirer, el, quelque prévenu que l'on soit contre les fadeurs traditionnelles, on se laisse désarmer à tant de charmes, et l'on reconnaît l'Arcadie des poètes. Pausanias n'a pu s'empêcher lui-même d'être touché, à ce qu'il semble, par cette douce nature :

« Le Ladon , » dit- il avec sa sécheresse ordinaire, « est de tous les fleuves du Péloponèse cece lui qui a les plus belles eaux ^ » — ( 11 ne le « cède, » répète-t-il dans un autre passage, « pour « la beauté, à aucun des fleuves de la Grèce ou « des pays barbares ^. »

Au printemps, ses eaux sont encore troublées par la fonte des neiges, impétueuses, el, nialheu-

' Pans., Jnnd., \\.

' Pans., JiraH., XV.

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