‹ Études sur le PéloponèseChapitre 22 sur 66 · LE LAUON · texte numérisé non relu

LE LAUON

leuseinent, nous ne pûmes admirer leur piiieté tant vantée. Mais, en échange, la nature est plus séduisante que jamais, et l'âme captivée voudrait animer ce pays par des nojus célèbres et des souvenirs précis.

Les aspects sont variés et changent à chaque détour. Tantôt le fleuve parcourt de bellesprairies, des champs fertiles, encaissé par des collines ombragées de pins; par contraste, au-dessus de ce riant paysage , on voit se dresser dans le lointain les sommets neigeux de VOlo/ios. Tanlùl, suides coteaux nus, se rencontre une chapelle grecque avec quelcpies pierres helléni(|ues, quelques débris de colonnes qui attestent (ju'à cette même place d'autres dieux furent adorés. Des aibres à demi morts de vieillesse ombragent l'église : reste d'un bois sacré, peut-être. — Etait-ce un des trois temples de Cérès, d'Apollon, d'Esculape, (|ue Pausanias trouva sur sa route?

Ici, une vaste forêt de chênes suit le fleuve et les montagnes qui le bordent, si épaisse, si constante, que, vues des hauteurs, les cimes des arbres semblent formel- une prairie. — Ce bois de chênes, était-ce {\4phiodisiur/i ' consacré à V^énus, et si digne d'elle par sa beauté?

A mi-côte, uiiesouice liaicliecoule d'un (norme

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rocher, an milieu des mousses, des lierres, sous des ombrages impénélrables. — Quel non» portailelle? quelle nymphe y présidait?

Plus loin, le fleuve se couvre d'immenses platanes ; les uns s'élèvent vers le ciel, les autres se couchent sur les eaux et s'y baignent. A droite et à gauche, des terres fertiles qui s'allongent entre la rive et des coteaux qui appellent la vigne : « Les vins du Ladon, » dit Pausanias, « rendaient les femmes fécondes. » — Quel peuple possédait ce riche territoire? quelle ville dominait ces frais ombiages? Était-ce O/jx , Hélunte , Onciuin fondée par un fils d'Apollon?

Plus bas, le Ladon se divise, pour embrasser de ses deux bras une grande plaine de plusieurs lieues, et former des îles qui sont des forets de saules, d'arbres humides, de plantes grimpantes, ou des pâturages dignes des troupeaux du Soleil. — Sontce là ces îles du Ladon ^ où l'on place Énispé , Stratia, les villes homériques ^?

Ainsi l'on s'avance en se faisant des questions (jue les auteurs anciens laissent sans réponse. Tl semble que, dans ce pays reculé mais si beau, il n'a pu vivre que des gens heureux, aux mœurs

' Oî 0£ rJYvivxat xr-jv 'Eviauriv xal ^xpaTiViV YEVs'aôai vïiiouç Iv TÔ) /VaStijvi. (Paus., Arcaff., XXV.) = I/iar/., 1 11, V. 606.

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