DU CARACTÈRE SPARTIATE
iiispirail toutes les paroles que l'eulance était souvent admise à. recueillir. Oi-, ceux qui comprennent et aiment le beau sont capables de le goùteisous plus d'une forme. En sorte que l'oisiveté, à Spai'te, c'était le temps qu'on donnait à la pensée et aux plaisirs intellectuels. On se rappelle le mot de ce Spaitiate qui, apprenant à Atbènes qu'un citoyen venait d'être condamné pour délit d'oisiveté : «Montrez-moi,» dit-il, «celui qu'on punit d'avoir vécu en homme libre'.»
En clioisissant dans le caractère d'un peuple les traits les plus avantageux et eiT les mettant seuls en lumière, je n'ai point prétendu tracer un portrait. Je ne fais que répondre à un préjugé trop sévère. Si l'on veut admettre que le génie dorien, ménje après la réforme de Lycurgue, était encore susceptible de goiJter la poésie et les arts, si l'on reconnaît (jue la constitution lacédémonienne était loin de les proscrire et d'en étouffer tout développement, nous venons tout à l'heure dans quel sens et dans quelles limites ce dévelopj)ement s'est produit.
11 est évident que, dans cette recherche, il faut tenir- compte des épo(jues, et ne pas corrfondre Sparie déjà corrompue avec Sparte conservant intactes, per)dant cinq cents ans ^, ses itislitulions.
' Plut., Fie de Lyc, WXIV.
^ Ibi.I., \XI\.
10 L'A HT A SPARTK.
l-.ysandre, le pieinier, introduisit dans la iépul)lique, avec les dépouilles de l'ennemi, l'aniouides richesses et du luxe ^ Ce fut la vengeance d'Athènes vaincue. L'épuisement de l'aristocratie explique cette facile corruption. Au temps de Xénophon, il y avait tel jour où, sur quatre mille hommes qui occupaient la place publique, on ne comptait pas quarante Spartiates *, y compris les éphores, les sénateurs et les rois. Je m'arrêterai donc à la fin du siècle de Périclès, ou plutôt c'est l'histoire qui s'arrête : si elle présente plus tard deux ou trois noms, ils ne méritent d'être cités qu'en passant et pour complélei- une liste déjà courte. Car la décadence politique n'encourage pas d'ordinaire l'essor de l'art. La chute des lois n'ouvrit la carrière qu'aux discordes civiles et aux vices que l'or apportait avec lui.
' Plut., Vie de Lyc, XXX. Après la prise d'Athènes, Lysandre remit aux éphores /|8o tideiits , outre les sommes fournies par le jeune Cyrus. Après iEt^os Potamos, il avait envoyé par Gylippe i5oo talents. Comme pour avertir ses concitoyens du fléau qu'il leur apportait , le sauveur de Syracuse voJa dans les sacs 3oo talents.
(Diod., XIII, io6.)
^ Xénoph., Hellen., III, V
l'OESlE. 11