‹ Études sur le PéloponèseChapitre 30 sur 66 · UCUp · texte numérisé non relu

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iièieiit libre caiiière à leur imai^inalion , piodiiifuèienl au Slyx les épitliètes les plus sonores^ et l'enlouièrent d'une auréole de feu, de poix et de soufre. Celte remarque s'applique moins aux poètes grecs, que le goût et le^ souvenirs peutêtre retenaient, qu'aux poèties latins, qui ont fait du Stvx un si grand abus. Celait un lieu commun qui prétait à rampliHcation ; c'était aussi un anapeste bien commode que l'adjectif Stjg/Hs, surtout à la place d'i///<9/7i//.v, tiois longues! Aussi quelle prodigalité ! Stygiasque tenebras, Stygiosqne laças, Styginsque <lomos\ Slygiamque paliideni^ etc., etc.

Par une rencontie singulière, Homère et Hésiode semblent avoir été destinés à parler seuls du Styx comme il convenait, et à donner sur ce sujet des leçons inutiles, aux poètes de grandeur, aux géogiapbes d'exactitude.

La description qu'Hérodote donne du Styx n'est vraie qu'à demi, quoiqu'il prétende la tenir d'Arcadiens. «C'est une eau peu apparente, » dit-il, « qui coule goutte à goutte d'un rocber dans un « vallon '.«Cesdétaiissont vrais; mais quand il entoure ce vallon d'un cercle de murailles et le place dans la ville de Nonacris, l'erreur est évidente.

' "YSojp ôXi'yov cpatvd[ji.£vov Ix TusTpr,; czAZ^tx etç àynoi;. To oz ayxo; a'taaat^ç xis TcepiOssi xuxXo;. — 'Kv xauTr) xr^ iroXst Tryi-zr^. . .

^HiVod., VI, 7^,.)

Li: STYX. 207

Tliéoplirasle ne rencontre pas plus juste quand il dit cpie le Styx coule (\\\\\ petit rocher ' dans le territoire de Pliénée. Strabon jette en passant quelques mots insignifiants. Seul, Pausanias sait, parce qu'il a vu.

« A peu de distance des ruines de JNonacris est « un roclier à pic très-élevé. .le n'en connais «point (pji l'égale en bautein-; le long du rocher " coule doucement l'eau cpie les Giecs nomment « l'eau du Stvx ^. » — « Elle tondie d'aboid au « milieu de rochers escarpés, et en sortant de leur « gorges, se jette dans le fleuve Cratbis ^. »

Enfin, il me reste à parler de la croyance populaire qui faisait de l'eau du Styx un poison mortel. Rien de plus facile à concevoir que son origine. Un fleuve si redouté, un fleuve des enfers, pouvait-il rouler des flots salutaires '^ et semblables à ceux des autres sources? Du reste, ce préjugé était de tous le plus récent. Ni Homère ni Hésiode ne parlent des vertus funestes de l'eau du Styx, et, quoique Strabon paraisse traduire

' "Kx TIVO; TCETpiOÎOU £V <I>OlVt'w.

(TIlooph., rite par Antii,'. de r;iryst.,r. 7/,.)

' Pans., Arr(ul..\\\\.

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