‹ Études sur le PéloponèseChapitre 34 sur 66 · CHAPITRE J · texte numérisé non relu

CHAPITRE J

HISTOIRF DES KLEKNS.

L'histoire des premiers temps de la Grèce est si obscure et la tiadition si confuse, (ju'il faut toujours se garder des systèmes et des déductions les plus in£[énieuses. Aussi, malgré l'opinion de Clavier', est-il permis de douter (ju'Âllas, Proméihée, Deucalion, aient régné sur l'Élide avant le déluge. 11 est plus vraiseud)lable, d'après le témoi-

' Histoire des premiers temps de ta Grèce ^ t. I, n. 49.

111 KLIDi:.

gnage lie Slialxm ', d'Apollodoio ^ et de Denvs d'Halicarnasse ^, que Daidamis était un prince oris^inaiie de ce pays. Chassé par le fameux déluge (pii submergea cette partie de la Grèce, il passa dans l'île de Samotlirace, puis en Phrygie.

Les Eléens, d'après Pausanias^, regardaient comme leur premier roi Aëtidius. Aëthlius eut pour successeurs Endymion, dont les poètes ont fait un berger aiuié de Diane; Épéus^ et Éléus, (pu donnèrent successivement leuinomau pays; Auçias, dont Hercule nettova les fabuleuses établés, et dont il punit Tingralilude en conduisant confie lui une armée d'Argiens et d'Arcadiens,

L'hostilité de ce deiriier peuple prouve que si jamais l'Élide avait fait partie de l'Arcadie, comme les Arcadiens le prétendaient, le lien était déjà brisé à cette époque, et que la comnumaulé d'origine était presque effacée des souvenirs. Les Eléens étaient de race pélasgifjue, comme les Arcadiens, et se croyaient également autochlhones.

Hercule prit et pilla Elis, battit les Pyliens de l'Elide, <|ui la secoururent, et n'épargna les Pi-

• L. VllI, p. S3.

^ ,4 fit. mm., I. I , c. (il .

< Paiis.,^//V/., 1. I, c. I.

' l.cs Eléens s'appelèrenr pendant (piehjnf temps E/téens, dn nom de ce prince. Homère leur conserve ce nom.

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séens, qui suivirent cet exemple, que par respect pour un oracle de la Pythie.

Les rois que je viens de nommer ne possédaient pas toute l'Elide, mais probablement le seul territoire d'Elis. Les autres piinces, moins puissants et souverains de villes qui restèrent obscures, furent eux-mêmes promptement oubliés. Cependant nous lisons qu'Augias, menacé par Hercule, avait appelé à son secours Actor et ses fils, souverains de l'Elide, Après sa mort, le pouvoir, ou plutôt le pays, est ^ partagé entre (piatre rois que l'on retrouve cités par Homère ^. Des (juarante vaisseaux qui composaient la flotte des Eléens, vingt suivaient Ainpbimachus et Tbalj)ius, dix suivaient Dior es, fils d'Amaryncée, dix Polyxénus, fils d'Agasthène et petit-fils d'Augias.

Dius fut le dernier roi aborigène : le contre-coup de l'invasion dorienne le fit tomber du tiône. L'histoire de l'usurpateui- qui prit sa place est singulière.

' Oi<; paciÀeiai; u.ïTrjv. (Paus., Elid., I, c. i.) ' Tôiv aii T£ff(jap£ç «px^' £<iav" osjca o' àvSpt fcxdtCToi Nr,£i; i'TtovTO ôoai, ttoXÉeç ô' epiêaivov 'Etueioi. 'i'iôv [jlÈv àp' 'A(A'|(aoc/o<; xal ©dXTtioç yjYyidocaôrjV, Tiov o' 'ApLapuYXci'ÔTjç v^p/e xpatepôç Aiiopr,; , Tôiv 0£ TêxapTOiv ii^yt rioXû^evoi; ÔeoEioVjç, V'.o; 'AYotoSsveo; AÙY^i'âoao ava/.xoç.

(//., Il,v. 620.)

Les Héiaclities, (|ui se soiivenalenl de leur tlé- Taile à l'Isthme cinquante ans auparavant, ne savaient comment pénétrer dans le Péloponèse. L'oracle leur avait conseillé de prend le pour guide de leur entieprise celui qui avait trois /eux. INaturellemenl, leur embarras allait croissant, lorsque le hasaid leur fit rencontrer un homme qui conduisait un mulet borgne. Cet homme, nommé Oxyhis, leur conseilla de lentrer par mer dans le Péloponèse, conduisit leurs vaisseaux de Naupacte à Molycrium, et obtint en récompense le pays des Éléens qu'il avait habité un an et dont il connaissait la feitilité. Mais, craignant que les Doiiens , s'ils voyaient l'Elide, ne voulussent plus la lui donner, Oxylus les conduisit à travers les montagnes de l'Arcadie. Après leur établissement en Messénie, en Laconie, en Argolide, il alla prendre possession de ses États à la tête d'un corps d'Etoliens, convint avec Dius d'éviter une bataille générale et de choisir de chaque côté un combattant qui déciderait de leurs droits. Son champion fut vainqueur, et il monta sans obstacle sur le trône. Il eut l'esprit de respecter les coutumes du pays '

' Quant aux généalogies qui rattachaient à la fois Oxylus aux Héraclides, ses protecteurs, et aux Atlandides, premiers souveiaius du pays, c'est une de ces flatteries que les courtisans prodiguent .1UX rois, dans les temps civilisés, et que les

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et de combler Hius d'hoiiiieurs; la \ille J'Elis, accrue par les Étoliens qui l'avaient suivi, par les habitants des bourgs qu'il eut l'art d'attirei- dans ses murs, devint bientôt peuplée et florissante.

Parmi les descendants d'Oxylus, le seul Iphitus mérited'être nommé. Contemporain de Lycurgue, il remit en vigueur, d'après ses conseils, les jeu.x Olympiques. Un siècle après, en 780, nous trouvons la dignité royale abolie chez lesÉléens, sans que riiistoire explique cette révolution. Ils choisirent deux magistrats suprêmes ', qui étaient en même temps présidenis des jeux : c'est pourquoi on leur donna le nom d' Hellanodicrs. Il y en eut d'abord deux, ensuite dix, un par tribu. Ce nombre varia encore, suivant les changements que subit la division en tribus. On élut aussi un sénat composé de quatre-vingt-dix membres, dont les fonctions étaient à vie ; Aristole en fait mention.

L'histoire des Éléens ne devint celle de toute l'Élide qu'après la destruction de Pise. La rivalité des deux villes est célèbre, et, pour la suivre, il faut remonter plusieurs siècles.

OEnomaus est le premier- roi de Pise qui nous soit connu. Il était contemporain d'Épéus, roi des

conquérants ménagent à leurs peuples, dans les temps primitifs où le pouvoir a besoin de prestijje. • Paus.,f://r/., I, c. IX.

filéens. Tout le monde sait comment Pélops con- (|uit sa fille el son trône; mais ce qu'il Tant remarquer surloul, c'est que Pélops, fils de Tantale, chassé de la Lydie par (lus, était venu en Gièce avec de grandes richesses pour lever des troupes et reconquérir ses États '. 11 avait réuni une armée d'Achéens en Thessalie , puis était passé dans le Péloponèse poui- augmenter ses forces. Mais, trouvant un royaume tout piét, il oublia sa patrie et ses projets, et s'élablit en Élide avec les Achéens qui l'avaient suivi. Par conséquent, il est probable que l'hostilité de race, autant que le désir de présider aux jeux Olympiques, rendit plus acharnée la lutte des deux villes.

Les enfants de Pélops, grâce aux richesses de leur père, trouvèrent des trônes dans le Péloponèse : ainsi Pitthée, Trœzen, Atrée, Thyeste; mais on ne sait pas quel fut son successeur dans le petit royaume de Pise, qui pendant plusieurs siècles resta enseveli dans l'oubli.

Pausanias cite un certain Pantaléon ^ qui, dans la 34^ olympiade, s'empara de la tyrannie et la transmit à ses fils Démophon et Pyrrhus. Sous ce dernier, Pise fut vaincue et détruite, et il semble (ju'elle ait tout fail pour s'attirer ce désastre, en

• Thucyd., 1. 1 , § 9.

» Pans., Elid., II,c. XXÏ.

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