LA VALLÉE UE L'ALPHÉE
la porte par laquelle elles entraient. Vn habitant du j)ays, nommé Léonitlas, avait consacré au dieu cet édifice, qui devait être une sorte de palais: car il servait à loger les magistrats romains qui gouvernaient la Grèce.
3" Le Gjrnuasc , où les athlètes s'exerçaient et se préparaient aux luttes olympicjues. A l'orient du gymnase, il y avait un mur au(juel étaient adossées les chambres des athlètes; elles regardaient le vent d'Afrique et le soleil couchant.
4° Du même côté, mais au delà du Cladeus, le tombeau d'OEnoinaiis et les ruines de ses écuries. Tout auprès, le tombeau des Arcadiens tués à l'attaque d'Olympie, dans la io4^ olympiade.
5" Le temple de Cérès Chainyne ^ situé sur un des côtés de l'Hippodrome , à l'extrémité.
6° Le Stade ^ formé de terres rapportées.- Le sommet, c'est-à-dire la courbe du fei- à cheval, commençait au pied du mont Kronius, près du Zanès. Fausanias le place à droite du Zanès, ainsi que l'entrée secrète par la(juelle les combattants et les Hellanodices entraient dans le stade. Du temps de Stiabon , il était au milieu d'un bois d'oliviers sauvages '.
7" Le portique d' Aoiuiptus ^ qui séparait le .Stade de l'Hippodrome.
' Straboii, VIII, p. V>3.
•i5« ÉLIDE.
8" MUippaphésis^ où se leiiaienl les chevaux avant la couise, dans des loges disliibuées par le sort. L'apbésis avait la forme d'une proue de vaisseau, laige près du porticpie d'Agnaplus, étroite à rentrée de l'Hippodrome. Chaque côlé avait quatre cents pieds de long. Quand l'aigle de bronze avait donné le signal en ballant des ailes, les cordes étaient enlevées, les chevaux sortaient des loges et venaient s'aligner à l'extrémité de l'aphésis; puis, la barrière tombée, ils se précipitaient dans l'Hippodrome par XEmbolus. L'inventeur de cet ingénieux svslème se nommait Cléœtas, et il était si fier de son œuvre qu'il écrivit sur une statue (pi'il avait faite à Athènes : « Je suis l'ouvrage de ff décelas, qui imagina le premier l'IIippaphésis (( d'Olympie ^. -»
q"* VHippodromc, qui avait quatre slades de circuit, et probablement le même axe que le Stade et l'Aphésis. Un de ses côtés était plus long (pie l'autre; c'était une terrasse élevée par la main des hommes. Sur cette terrasse et près de la statue, était un autel de forme ronde, qui épouvantait les chevaux sans qu'on put en connaître la cause; on l'appelait, pour cette raison, Tamxippus. Le plus petit côté de l'Hippodrome
LA VALI.KL UK LALPHKK. 'IhM
iliùl une colline peu élevée, à l'extiénulé île ]nc|uelle élait placé le temple de Cérès.
Quant au ihéâlie (|ue M. Leake suppose, d'après un mot de Xénoplion, placé sur le mont Kionius, il n'y en a aucune trace; la forme même de la montagne ne se prête guère à une construction de ce genre. Pausanias n'en parle j)as, du reste, et il serait possible (\ue Xénopbon eût mis un mot pour un autre, et éciit OeaTpov en |)ensanl au Stade ou à lllippodrome.
Toute cette ville de temples, de portiques, de trésors, d'au tels, de statues, que séparaient de petits bois sacrés, des enceintes, des allées, occupait cependant peu de place; et l'on voit par l'exemple des acropoles, notamment de l'acropole d'Atbènes, combien les Grecs savaient entasseï- les monuments sur les terrains sacrés. Je ciois qu'on ne pourrait mieux se figurer l'intérieur de l'Altis, sauf la grandeur- de certains monuments, (pi'en se rappelant les plus beaux (\ini/)i SanliWe rilalie. On aimerait a reconslruiie |)ar la pensée cet admirable sanctuaire de l'art autant (pie de la religion. Malbeureusement les indications de Pausanias sont vagues, sans ordre, et souvent elles manquent comj)létement : si bien rpie l'on peut imaginer, d'après l'étude du texte, plusieurs restaurations différentes et contiadictoires. Ce n'est qu'en remuant le sol et en chercbanl les pierres
enfouies sous douze pieds de limon, (ju'oti pouira reconstruire l'Altis avec certitude. Il est presque sûrquedes fouilles étendues et dispendieuses découvriraient les fondements et les premières assises de la plupart des monuments d'Olympie, comme il est anivé pour le giand lemple de Jupiter, Mais des débiis plus complets, mais des statues, mais des œuvres d'art, on ose à peine en espérer. Les Romains de la décadence ont achevé , par dévotion chrétienne, un pillage que les Romains de l'empire avaient commencé par amour de l'art. La statue de Phidias ellemême, ce colosse que Caligula avait désespéré d'enlever, alla orner Constantinople et périt dans un incendie.
Pendant quinze siècles, la main de chaque génération a ravi un chef-d'œuvre, brisé une idole, emporté une pierre; l'Alphée a complété l'œuvre de destruction, et souvent le laboureur trouve dans le lit que le fleuve abandonne des débris antiques dont il a cessé d'ignorer le prix.
Quelque maltraitée par le temps qu'ait été Olympie, Pise, qui l'avait fondée, a été plus maltraitée encore par les hommes. La haine des Éléens, l'abandon forcé de la ville par tous ses habitants, firent disparaître jusqu'aux traces de son existence, et cela dès l'antiquité. Pausanias