LA VALLÉE DE L'ALPHÉE
ne trouva plus (ju'uu teiiîuii planté de vignes', et c'est à peine sidn put lui dire: là fut Pise. Au reste, le nom de Pise n'en a pas moins vécu, glorieux et chanté des poêles; Pindare confond toujours, dans ses vers, Pise et Olympie, comme pour lui assuier l'immortalité.
Aujoiwd'liui , on interroge en vain les Iiauleurs qui bordent TAlpliée, et sur Tune desquelles la ville était située, entre deux montagnes qui s'appelaient VOlympe et XOssa ', réminiscence de la Tliessalie, dont la source est évidemment doi ienne. On ne sait même s'il faut cbeiclier sur la live dioile ou sur la rive gauche du fleuve l'acropole d'où elle doiuinait cette belle vallée, ce fleuve poétique, ce leligieux ibéûtre, pour lesquels elle a voulu péiir.
En remonlant la rive droite tie rAlphée, (U) voit la vallée se rétrécir; bientôt il ne lesle (jue le large lit du fleuve. Tantôt on siiil ses bords et des sentiers ond)rag(s; tantôt il faut descendie sur les sables feitiles que l'Alpbée laisse à nu dès le printemps. Sur les boids de certains fleuves de l'Américpie, il y a différents étages de végétation, suivant les couches différentes du terrain. Il en est tIe mèu)e de celle partie de lAlphce: ou
' Paus., £//V/., 11. .. Wll.
* Stniboii , Mil, 1». ;i5;).
y remarque trois zones de verdure dislincles. Sur la rive, dans les îles et dans les prairies que forme le fleuve, poussent les lauriers, les myrtes, les agnus-caslus et les immenses platanes, ces arbres des eaux de la Grèce; sui' les flancs déjà pierreux des collines, les lenlisques, les chênes verts, les arbousieis, les lauiiers - tins et tous les aibres à feuillage constant, qui aiment à croître sur la roche. Mais, près de l'AIpliée, leur végétation est plus riche, leur tête plus haute; ils supportent toute une forêt parasite de ronces, de lianes, de vignes sauvages, de plantes grimpantes de toute sorte, foui lé inextricable, dont le feu seul aurait raison. Enfin, au sommet, sur les crêtes des collines battues des vents, de grands pins détachent sur riiorizon leurs dômes étincelanls au soleil.
Ces adieux à l'Elide laissent une |)ure et vive impression. Rarement la natme se trouve en si parfaite harmonie avec les souvenirs. On dirait un théâtre éternel, toujours prêt pour les joies pacifiques, toujours paré poui- les fêtes, et qui, depuis dix-huit siècles, attend ses acteurs qui ont disparu.
LA CIÏK OLY.MPIQIK
CHAPITHK l\
l.\ C.Hl: OI.VMI'Idl'
J);ms l;i valU-e de l'Alphée, ;m pied du riionl Kroiiiusel à peu de dislance du temple de Ju[)ilei- Olyuipieii, on lionvc ui) piédesinl de slalue (renviioi) nn tuèlie de liant. La niarcpie des pieds et des crampons rpii la fixaient est encore visible. Sui- la face de ce piédestal se lit l'inscription suivante :
H n O A I C H T OJ//// HAei(aJNT(t)AABl«'^ APXeAAONTON eAYTHCCY6P
reiHNeKTcoN
264 ËLIUE.
I € P Cl) N T O Y A I 0'///
XPHMATCjJNA
NeCTHCeN
'H TToXtç ri Tw[v] 'H).£Î(»)v T(i'tov) l^XâSl'JV "Ap'/éXaov, Tov
£3(UTÎi; £Ù£p- Y£Tr,V, £X TWV Upôiv TC/U Alo[ç] "y(pYl[xàTO)V à-
vc'cTTYicrev.
QueUiue clairs (|ne soient les termes de celte inscription, elle n'offre (|u'un médiocre intérêt, comme tant d'autres qui assuient l'immortalité à des noms inconims. Qu'était-ce, en effet, que cet Archélaùs avec ses prénoms romains? A (juelle époque vivait-il? Par quels bienfaits avait-il mérité la reconnaissance des Éléens et surtout de Jupiter, dans le tiésor duquel puisait le sénat olympique'?
' C'était probablement le sénat même d'Élis. Ainsi les Hellanodices étaient à la fois les présidents des jeux et les chefs de la répnblitine. A certaines époques, le sénat se déplaçait, et, en changeant de lieu, changeait d'attributions. Lti édifice spécial avait été construit dans l'Âltis pour ses séances. (Paus., Elid., I, c. XXIH et XXIV.) C'était dans le Bonleutérion
LA CITÉ OLYMPIQUK. 265
Mais, sur les deux faces lalérales du piédestal, deux autres inscriptions plus longues satisfont en partie à ces (piestions, et en même temps jettent quelque lumière suf un point beaucoup plus important, sur la Conslitution religieuse de la Cité o/ynipicjue.
Olymjiie n'était pas seulement un théâtre et une terre commune (TTayx'^'''"^^ /wpa) où se réunissaient les Grecs, réconciliés pour (juelques jouis : c'était une ville Ncritahle, ville de temples, d'autels, de statues, entourée de muis, traversée par des lues, Olympe lenestre qu'habitaient toutes les divinités, sous la présidence du grancf Jupiter. Delphes était l'oracle de la religion grecque, Eleusis était le trésor de ses mystères; mais Olynqjie était le grand sanctuaire national où tous les dieux avaient droit de cité, comme tous les Grecs droit d'entrée.
Lois(|ue, les jeux terminés, la foule joveuse s'était écoulée, lorsque les derniers chants de triotnphe avaient fait letentir la vallée de l'Alphée, tout rentrait dans le calme et le silence
(jii'il prononçait, aux grands jours, sur les appels portes à sou tribunal par les athlètes mécontents du jugement des Hellanodices (Pausan. Elid., Il, e. III.), (|uM discutait, dans des séances moins solennelles et plus fréquentes, les intérêts «lu culte, l'administration des revenus sacres, les récompenses méritées par les ministres saints, Irur élection peutêtre.
•im KLIDK.
accoutimiés, mais non pas dans Toubli. J.es leniples de Jiipilei-, de Junon, de Céiès, de Cyhèle, de Vénus, n'étaient point feiméspour une olvinpiade entière; les soixante et quelques autels élevés aux divinités de toute sorte, depuis Saturne, roi déchu du passé, jusqu'aux dieux inconnus^ , secret de l'avenir, ne restaient point exposés aux inteuq)éries des saisons, sans qu'une main pieuse y allumât la flamme de fréquents saciifices. De nombreux ministres lésidaient dans celte sainte solitude, et, loin du tumulte des villes, loin des passions liumaines , se consacraient tout entiers au service des dieux. Cliaque mois-*, chatjue jour^ ramenait un ordre non interronq)u de cérémonies et de prières; l'odeui ai;réable des victimes ne cessait jamais de monter vers le ciel.
Les litres, comme les attributions des serviteuis des dieux, étaient difféients; mais les plus humbles fonctions étaient encore honorées, et le fournisseur de bois voyait son nom insciit à côté de ceux des grands prêtres sui- les Tables sacrées. J'appelle ainsi les listes de tous les ministres du culte; elles étaient dressées à chaque nouvelle
■ ' 'AyvoWTwv 0ÎCOV Boju.0?. (Piiiis. , ii/Zr/., I , c. XIV.!
'• 'KxcxGTOu 0£ a-a; to'u ao'^o; 6'Jou3iv ètti iravtwv 'IIÀsioi -wv /.aTiiÀiYaévojv Sojixwv. (Paus., Elid , 1, c. XV.
' H'jETai oè TÔi Ail xai avs'j xrj; ~avr|YÛo£(o: Orro tî IouotÔjv •/.■x\ àvà TTÔcaav rijxsootv Otto 'HXetojv. [Jhid., \III.)
LA CITÉ OLViM PIQUE. 267
olympiade, et gravées sur la pierie ou le marbre. Les Eléens étaient également jaloux d'inuiiortaiiser ceux de leurs concitoyens qui se vouaient aux autels, et ceux qui avaient remporlé la pahne olympique; les prêtres cpii leur conciliaient la faveur des dieux, el les athlètes (|ui leur attiraient l'admiration et l'envie des autres villes.
Ce sont précisément deux de ces tables sacrées qui se retrouvent copiées sur le côté du piédestal. Arcbélaùs était un des grands piéires d'Olympie ; celte dignité, aussi bien que le trésor dans lequel les Eléens puisèrent poui- lui témoigner leur reconnaissance, indique vaguement de (|uelle nature étaient ces bienfaits qui lui valurent une si éclatante lécompense : (|uel(]ue partie d'Olvmpie embellie ou lestaurée à ses frais, quelque privilège, quelque immunité obtenue, par son ciédit,derempereur ou du proconsul. Arcliélaus avait été élu quatre fois grand prêtre pendant des olympiades différenles : on aurait donc pu copiei- toutes les tables sacrées qui correspondaient à ces saceidoces; mais, comme il n'y avait de place que pour deux copies sur les faces latérales du piédestal, on préféra naturellement les deinières labUs (pii l'appelaient les précédentes et (|ui elaienl les plus honorables pour lui. lilles son! de la iitV' et de la a6i*' olympiade.
On lit sMi' la lace' lah raie de «iauclic ;
ELIDK
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TCOnPOTHCCNZOAYMni AAOC
OeOKOAOlOAYMniKOI AYP.BACIAeiAHC ^
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