Avîi'xTiTo
3o , . rpauuaTeli; 'Kpu^;.
•270 ÉLlhK.
Ligne i""*". — La j)artie ,su[)érieiire de la pierre a élé brisée; de sotte que la coiiionne olympique et les bandelettes ont dis|)aru, et, des huit lettres qui doivent former le titre, les îrois premières, ^lo, sont seules restées.
La restitution de Aïoç ispa, ou plutôt Aïop ispa (sacrifices, culte de Jupiter) n'a rien de hasardé : je copie simplement ces mots sui' la troisième inscription que j'ai vue à l'Olympie. Quand je la citerai plus loin, l'explication du p substitué au n trouvera mieux sa place.
Ligne a*'. — Le mot i/.iyn^o'j (pour i-z-éiH^ov, que nous retrouverons aussi dans une autre inscription ) n'est employé par aucun des auteurs anciens qui nous sont parvenus, du moins dans le sens d'i/csysipia, trêve, suspension (Vdrmes ^ Selon Hésvchius, il était synonyme d'àpyupiov ^, argent. Mais cette interprétation semble avoir été inspirée par mi jeu de mois tl'Aristophane, pris au sé-
rieux ^.
Chez les Eléens, le mot ly-sysipia n'avait pas seulement le sens (jue lui donnaient les autres Grecs; c'était, de plus, le nom d'une divinité, la Trêve sacrée. Iphitus avait établi le culte à' Ekéchiria.
• 'Atïo toû £/£iv xàç /zlo^q.
' Lu Poix ^ vers goS.
LA CITE OLYMPIOIK. 07 1
En entiaiit dans le lemple de Jupiter pat les portes de bronze, on apercevait à droile, devant une colonne, un groupe représentant Ipliilus couronné par une femme '■ : c'était la déesse Ekéchiria.
H était donc naturel qu'au moyen d'une terminaison différente, les Eléens distinguassent /a chose et la divinité. Il se pourrait, de plus, que le neutre fût une forme arcliaïcpje, (|ui ne s'était conservée qu'en Élide et sur les tables sacrées.
Les conditions de la trêve olympif|ue avaient été réglées par Ipliilus, de concert avec Lycui-gue, et gravées sur un disque gardé religieusement dans le temple ^. Il serait à désiier que Pausanias, qui nous apprend que l'inscri|)lion était de forme ciiculaire ^, en eût ra[)pe]é en même temps les principaux articles.
Les seules conditions qui nous soient connues d'autre part sont : i°la nécessité pour tout corps de troupes étrangères de déposer ses armes en entrant sur le territoire éléen ; 2° la suspension des hostilités, obligatoire pour tous les peuples
' "li'.To? Otto yuva'.xô? TTSiotvoûasvo; 'KxEyeioîaç.
Paii.s.,^//V/.. 1, r. \ et \XM.^ * ïbuL, IV.
O 0£ Toîi IoÎtcu o;g/co; tTiV £xe/£'.pic(v où/, i; to sùOli
E^Et Y£Yp*H'-î^-^'''i^5 aÀAa £C xu/./ou n frM.rt. 77tp(îi'7'.v Ta ypifx'j.y.z'/.
[Ihul., \X.
•272 KLIDK.
du Péloponèse, aussitôt (jue les ambassadeurs éléeiis leur avaient annoncé le connuencenient du mois sacré '.
Du reste, celte loi bienfaisante fut unanimement repoussée dans le principe par les Péloponésiens; il fallut une peste, avertissement des dieux, et la voix toute-puissante de l'oracle de Delphes, pour qu'ils consentissent à s'y soumetlie^. Lvcurgue, en l'établissant, n'avait pas été inspiré seulement par l'égoïsme national et le désir d'assurer à son peuple une paix favorable à l'alfei ujissement des nouvelles lois. Il cbercha en même temps à mellie aux guerres qui déchiraient la Grèce, non |)as un terme, mais des limites. Il espérait, en désarmant les bras pour (|uel(pies jouis, en réunissant tous les peuples dans une grande fête nationale, que les haines s'adouciraient, (|ue les préjugés tondjeraienl, que le plaisir et la joie conduiraient insensiblement les cœurs vers la concorde et la paix, qu'ils se dégoûteraient de la victoire sanglante, à force d'applaudir à Olympic la victoire pacifique. Ce fut lui qui Ht parler l'oracle de Delphes, complice assuré des législateurs et des sages. Lui-même,
' 'I £ pour, V l'a.
» Plilég. (le Trallrs , Fm^^miiit sur les Olr/)ij>if/ues , dnns Groiiovius.
LA CITÉ OLYMPIQUE. iT.S
suivant Aiistote ', traça les lois de la suspension d'aiines, vérilable trêve de Dieu , cjui devançait le cliiislianisme, mais (|ui n'eut pas les heureux résultats qu'on pouvait en attendre : l'Iiistoire ne le prouve que trop.
Quant au sens de la préposition asTa, le génitif qu'elle régit n'en permet qu'un seul, celui de coïncidence, de simultanéité. On disait [xeô' -Àfyipaç. avec le jour, à l'arrivée du jour^, au point du join-; de même u.ct è/.eyeîpou signifie, je crois, avec la trêve, // rarrivée de la trêve. I^'ellipse de l'article surprend assurément; mais le mot iyjyzi^ov ne se trouve que chez les Eléens et désignait uniquement la trêve sacrée, la trêve olvmpique. De même, les ministres chargés d'aller annoncer celte trêve à toute la Grèce s'appelaient ix.c/cioo- (popoi.
Il était naturel qu'on choisît les fêtes qui servaient de date à toute la Grèce, la dernière heure et la plus mémorable du sacerdoce, pour en conserver le souvenir. Ce qui semblerait prouver que ces deux mots ne sont qu'iuie formule et ne s'ap[)li(|uent qu'au moment où l'insciiption a été gravée, c'est ([u'ils sont jetés en tête et séparés par un trait. Ensuite, la premièie ligne précise le
' Aiistote cité par Pltitarquc , T'ir de l.}>\, I. ^ f o) ., lliiiii K^licniii' ad mot asToi.
temps pendant le(|uel les rninislies ont exercé lenis fondions.
Ligne 3*^ : tw Trpo ttjç o' v ^ ohj\j.T:iy.^ aq , dans le temps, dans rinteivalle qui a piécédé la 267^ olympiade.
Si quelques-unes des cliaiges sacrées étaient temporaires, comme on le verra tout à l'heure, leui' durée se trouvait naturellement fixée par l'intervalle de deux olympiades. Les nouveaux ministres étaient nommés, je suppose, immédiatement après la célébration des jeux, pour se préparer par une longue pratique aux solennités de l'olympiade suivante. Après avoir exercé silencieusement leurs fonctions pendant quatre années, ils les remplissaient une dernière fois au milieu des pompes les plus magnifiques, en présence de la Grèce entière assemblée, et emportaient, en rentrant dans la vie privée, ce glorieux souvenir.
Ce fut donc pendant les quatre années qui précédèrent la 207^ olympiade (de l'an i[\'6 après J. C. à l'an 262), que les personnages nommés dans l'inscription furent attachés au culte de Jupiter. Trois empereurs se succédaient à Rome pendant ce temps : M. Jalius Philippus , sous lequel on célébra les jeux séculaires, l'an 1000 de la fondation de Rome, C. Messins Quint us Trajanus IJecius et C. Vibius Trehonius Gai lus, qui ré-
LA CITÉ OLY.MIMOIJE. -270
giiait encore lorsque comiriença la ■25']''' olvtnpiade.
Lignes 4-8: 0£oy.oXoi oX'jp-77i/.o'-. — F.es ihéocoles étaient les grands prêtres d'Olympie. Oeox.oXo; on 0£Yi>toXoç était un des noms si variés^ (|ue les Grecs donnaient aux ministres des autels. Adopté à Olympie, on le retrouve dans les pavs voisins, par exemple à Dymé ', ville d'Achaïe tpii touchait à l'Élide.
Les premiers tliéocoles f'inent les cinq Curèles du mont Ida qui apportèrent de Crète Jupiter enfant, Hercule, Pceonseus, Épimédès, Jasius, Idas. Ils avaient su faire accepter la nouvelle religion aux Eléens; les jeux qu'ils avaient célébrés à Olympie n'avaient pas peu contribué à la rendre aimable et populaire, et à la répandre dans l'ouest du Péloponèse.
A Delphes, les grands piètres étaient choisis parmi les descendants de Deucalion. On ne peut dire si, de même, à Olympie les petits-fils des Grélois étaient restés en possession des autels. Mais celte dignité était temporaire; Archélaûs lui-même en est la pi'euve. Il était , dit la première table sacrée, théocole pour la troisième fois pendant la ^56^ olympiade. On verra plus loin, sur la se-
' 'lepeù; , Ôuôtixoo;, ôûr/ip, ocjio;, opvstov, lEpoTroidi;, Oeoxopo; ,
ÔEOTTOÀO;, /.. T. )..
'' liœckli., C. l. L,'., !. il , |). 712.
coude lable, que la 261*^ olynijjiade le Mou va lliéocole pour la qualiièuiefois. Il y eut doue seize. années d'intervalle entre son tioisième et son quatrième sacerdoce. Maintenant l'élection avaitelle pour arbitre le sénat olympique ou le sort? L'élection avait quelque chose de plus flatteur; l'on conçoit que les inscriptions rappelassent cet honneur répété. Mais comment le sénat eiit-il failli quatre olympiades de suite à nommer Archélaùs, le bienfaiteur des Eléens, celui à qui il votait une statue? En outre, je ne sais si les idées religieuses remettaient volontiers le choix des ministres saints au caprice des mortels. Le sort semblait préférable et inanisfestait directement la volonté des dieux. A. Delphes, c'était le sort qui désignait les grands prêtres.
Il y avait trois théocoles qui habitaient dans l'enceinte, sacrée, dans l'Altis. Un édifice spécial, le Théocolion , leur était réservé ^ . Chacun d'eux était de service à toui- de rôle pendant un mois ^, soit pour qu'ils pussent revenir de temps en temps à Élis, au miheu de leur famille et de leurs concitoyens, soit pour qu'ils se reposassent des fatigues de leurs fonctions, singulièrement actives.
' Paus., Elid., I , c. XV.
* MêXst Se Tx È; 6u(Jia; xw ôeoxo'Xio 8; Itcc [jl/,vi IxoIiîtw Tr|V Tiur,v t'ft^- [Ihid.)
LA CITÉ OLYMPIQUK. 577
« Tous les mois, » dit Pausanias % « les Kléens «f saciifient une fois sur chacun des autels que « j'ai énuniéiés. » Or Pausanias en nomme, si j'ai bien compté, soixante-six. «Même en temps «ordinaire, il n'est pas de jour où les Éléens, «sans compter les sacrifices parliculiers, ne sa- « crifient à Jupiter. Ils oTHenl des liliations, non- « seulement aux dieux de la Grèce, mais à ceux « de la Libye, à Junon Ammonienne et à Païam- «mon, en outre aux demi-dieux et à leurs fern- « mes , tant à ceux de l'Elide qu'à ceux de V\i- « tolie ^. »
Si l'on ajoute à ces devoirs jou?nalitrs les pèlerinages pieux des étrangers, les vœux (jue l'an venait accomplir, les sacrifices que clia(|ue visiteur offrait à .lupitei- Olvmpien ou à sa divinité protecliice, et pour lestpicls le ministère des tbéocoles était nécessaiie, on comjïrend (|u'après un mois si bien rempli ils eussent besoin de repos.
Les théocoles observaient dans leurs sacrifices un lite particulier-, (jue Pausanias dit être fort ancien^, ils brûlaient de l'encens mêlé à de la farine d'orge ()élrie avec du miel, parfum des plus
• /ùu/., Xm, XV.
' Oxyliis, auquel les Héraclid«'s (IuhihkiiI Ihiicii' , avait amené avec lui un corps d'Étoliens.
^ 'Ap/aîdv Tiva xpoiiov.
^278 ÉLIDK.
équivoques, en effel ; de |)lus, ils ornaienl les aulelsde l)ranches trolivier, et se servaienl de vin poui- les libations.
II paraît (|ue les piièies qu'ils récitaient et les livnines qu'ils cliantaient s'éloignaient égalenient des coulumes généiales de la Grèce; mallieureusement Pausanias ne juge pas à propos de les rapporter.
Aùp-/i")vioç BacriT^sii^r,;, Aùpvî'Xioç louT^iavoç. -^ Sous les empereurs, les Grecs considérables ajoutaient à leur nom des noms romains. Les inscriptions de celte époque en fournissent mille exemples : c'était un privilège acquis avec le titre de citoven : c'était un témoignasse de reconnaissance envers l'empereur ou le personnage puissant qui avait accordé le droit de cité: on prenait son nom de famille, et on le transmettait à ses enfants. Quant aux surnoms, comme Végétus, Niger, Sabinus, ils n'ont d'autre origine que le caprice des parents. C'était une affaire de mode, comme les noms de baptême aujourd'bui.
il n'y a donc rien d'étonnant à ce que le nom d'Aurélius se retrouve si souvent à l'époque qui nous occupe. Dans le siècle qui avait précédé, sept empeieurs l'avaient porté. L. Aurélius Vérus doit être surtout cité, parce qu'il passa une grande partie de son règne en Orient.
Lignes 8 // i o. : STcov^o'popoi — Les spondopbo-
res ' étaient les ministres les plus élevés en dignité après les lliéocoles. En temps ordinaire, ils les assistaient dans les sacrifices et étaient chargés des libations, selon l'nsage des autres pays. Seulement, ils se servaient constanmient de vin, excepté sur les autels des Nymphes, de Cérès et de Proserpine.
iVïais, lorsque Vépocpie des jeux approchait, ils devenaient ambassadeurs, messagers de Jupiter^ et allaient annoncer dans toute la Grèce le commencement du mois sacré ^ et le jour fixé pour les fétes,précaution foil nécessaire, puis(jue les Eléens comptaient les mois et les jours différenniient des autres Grecs. Ils proclamaient surtout la trêve saci'ée, et invitaient tous les peuples à déposer les armes. C'est pourquoi on les nommait aussi Ex,eyeiQOçoooi.
La religion et la nature même de leur mission
• Ov T£ xai xapuxe; wpîv àvs^vcov
Sirovûo'jïopoi KpoviSa Zï)voi; 'AXeîoi.
(Pind., Isthni., Il , v. -ïS.]
' Aiôç âyyzkoi.
^ (".'était un des mois lunaires que les Élcens appelaient y^pollonios et Parthénios. Les jeux se célébraient du onzième au quinzième jour, à l'époque de la pleine lune. Ainsi les joies publiques n'étaient point interrompues, et les délices de la vallée d'Olympie n'étaient point ensevelies dans les ténèbres Les nuits n'éfaieni que des jours plus nKtlIf'nunl cri, mes.
280 KLIDE.
les revêlaient d'un caraclère inviolable. Conniient n'eussent-ils pas trouvé partoul l'accueil le plus hospitalier, eux cpii apportaient la paix et la concorde, eux qui conviaient aux |)laisirs?
Le nombre des spondophores, comme celui des ihéocoles, était de trois. On choisissait de préférence des hommes jeunes, parce qu'ils élaient plus capables de supporter les fatigues du voyage. Ces fonctions revenaient de droit aux fils des grands prêtres, quand les grands prêtres avaient des fils en âge de les reniplir; sinon, je suppose, à leurs plus pioches parents.
Pendant la ^56*^ olympiade, Basilidès seul eut son fils Néoclès pour spondophore. Les enfants d'Archélaûs étaient trop jeunes encore; seize ans plus tard nous les retrouverons.
Lignes ii à 17 : Màvrei; KXuTÎa^r,; 'lafxi^viç. — Les devins éléens étaient célèbres dans toute la Grèce. On les voit en égal honneur à toutes les époques comme chez tous les peuples, en Elide, en Arcadie ', en Messénie^, à Sparte 3, en Phocide^, en Sicile^, en Italie^, jusque dans le camp des
' Pniis.. ElicL, n, c. Il ; Jrcad., X.
^ 1(1., Me.<is.,\y\.
^ llérod., IX, 33 ; Paus., Locon., XII.
4 Pans , PAor., 1 et XIII.
' Pind., 0/r/»/j.. YI.
"• Ilriod., V, 44.
LA CITK OLVMPIOUK. 281
Peises ', aujjtès de Maidonius. Ils uppaiieiiaieiil à trois familles d'origine ancienne et il I usité, où l'on croyait que la faveur des dieux était héréditaire, le génie piopliétique se transmettant avec le sang. C'étaient les Telliades, les Clytiades et les la mi de s.
Les Telliades sont cités rarement dans l'histoire, et ne semhlent pas avoii' eu la destinée la plus brillante, Tellias, l'un d'entre eux, servait de devin aux généraux phocéens dans leur guerre contre la Thessalie. îl tenait ^ auprès d'eux la place la plus considérable; toutes les espérances des Phocéens reposaient sur lui. Son esprit, j)lein de ressources et de ruse, leur inspirait autant de confiance que ces piédictions leur donnaient de courage. Ce fut lui, en effet, qui imagina de blanchir avec du plâtre le corps et les armes de cinq cents Phocéens. Pendant la nuit, au moment où la lune brillait de tout son éclat, ils se j)récipitèrent sui" le camp ennemi. Les Thessaliens crurent à une vision surnaturelle et se laissèrent égorger sans résistance. Pour reconnaître les services du devin, les Phocéens lui élevèrent une statue dans le temple de Delphes.
• H<iro{l.,lX,37.
TeXXîaç ô 'H)v£Îoç , xa'i Èç -rôv TsXXiav xoîç <I>o)X£Îi(Ti tyJç cro)Tr,pîa; ETTÉxeivTO at iX-rri'Seç. (Paus., Phoc, l.)