ÉL[DE
IJii autre ïelliade, Hégésisliale, élail le plus remarqual)Ie de sa race, d'après le témoignage d'Hérodote'. Il ne se recommandail , en tout cas, ni par ses vertus, ni par son patriotisme. Convaincu de plusieurs crimes, il avait été condamné à une mort cruelle par les Lacédémoniens. Mais ce furieux, ne pouvant briser ses entraves, se coupa l'extrémité du pied qui le retenait enchaîné, perça le mur de sa prison, et, sanglant, mutilé, se traîna jusqu'à Tégée, fuyant pendant la nuit, se cachant le jour, pour échapper aux poursuites des Lacédémoniens. A Tégée, il se fit guérir et ajuster un pied de bois, jurant aux Lacédémoniens une haine irréconciliable. Pour la satisfaire, il prêta à Mardonius, qui, du reste, le payait fort cher =*, le secours de son art, et servit de devin aux Perses à la bataille de Platées. Après leur défaite, il se réfugia à Zacynthe, banni du Péloponèse par le mépris et l'exécration générale. Mais sa destinée était d'avoir tôt ou tard les Lacédémoniens pour bourreaux. Pris par eux dans son dernier asile, il fut mis à mort.
Il est vraisemblable qu'un tel personnage ne contribua pas peu à jeter dans le discrédit la Camille à laquelle il appartenait.
' AoyiacoxaTO; TsÀAiaoÉcov. (Hérod.^ IX, 37.) ' Mefjuffôcoixî'vo; où/. okiyo\j. [Ihid.)
LA CITI:: OLYMIMQLIi. 283
Les CIvliades comptaient jjarmi leuis ancélres Amytiinon, Mélampiis, Amphiaraùs, loi et devin, Aicméon , son fils, Clytus, son petit-fils, dont ils poitaienl le nom. Clytns, après la mort d'Alcméon, abandonna Thèbes, ne pouvant supporter la présence de ses oncles, assassins de son père. Il passa en Elide, et y fut accueilli avec les plus ii;rands honneurs. Sa voix , que l'on croyait jnspirée des dieux, était écoutée à l'égal d'un oracle. Il transmit à ses descendants, avec le sang d'Amphiaraùs, l'autoiifé religieuse que révérait sa nouvelle patrie.
Deux Clytiades seulement nous sont connus : Tliéogonus et son fils Epéiastus ', dont on voyait la statue à Olympie. Une inscription rappelait qu'il avait été vainqueur à la course armée: car le caractère sacré des devins ne semblait point compromis lorsqu'ils prenaient part aux luttes glorieuses du stade ou aux batailles plus sanglantes. On remarf|uait ces deux vers à la fin de l'inscription :
Tôiv upoYÀio'îcrojv KÀuTiSâv yevoç euyouai eîvat, MotvTi; (XTr' îaoOî'iov aiaa iMsAotaTTOûiûav.
La famille des lanridcs était de boaucouj) la plus illustre: c'est celle dont le nom est le plus
' Pans., /://</., 1, r. Wll.
28i KLIDE.
soiiveiil cilt' j)ai' riiisloire ; elle a inspiré à Pin- (lare, qui a inimorlalisé ses origines, d'admirables vers \
Évadné, v la jeune fille aux cheveux plus bi uns que la violette ', » était née sur les boids de l'Eulotas, des amours de Neptune et de Pitana. Confiée par sa mère à Epytus, roi des Arcadiens, elle fut élevée à Phésana près de l'Alphée. « C'est là, « qu'aimée d'Apollon, elle goûta pour la première « fois les douces amours. »
Epytus, plein de courioux, j)art pour consulter l'oracle de Delphes. Pendant son absence, un jour (pi'Évadné puisait de l'eau à l'Alphée, « elle « dépose sa ceinlure de pourpre, son vase d'ar- « gent, et, sous les ombrages azurés comme les flots, cf met au monde un fds qui lira dans les secrels « du ciel. Le dieu à la blonde chevelure a envové <( près d'elle Ilithyie, qui adoucit les souffrances, « et les Parques, L'enfant de ses entrailles et de « ses chères douleurs, lamus, paraît aussitôt à la « lumière. Le cœur déchiré, elle le laisse à terre; « mais, par l'ordre des dieux', deux serpents aux « yeux verts veillent sur lui et le nouirissenl du
• Olymp., VI , V. 32-72.
^ llaîo' loêoffxpu/ov. Cette épithète n'est qu'une première allusion au nom d'Iamus , que Pindare fait dériver d'iov, violette.
LA CITÉ OLYMPKJUE. 285
0 suc abondant des abedies. Ils l'ont caclié dans « des joncs et des buissons impénctiables; son « coips délicat baigne dans les layons dorés des .< violettes éclatantes. C'est pourquoi sa mère lui « donna le nom d'Iamus... »
« Quand la brillanlejeunesse l'eut couronné de « ses doux fruits, il descendit sur les boids de « l'Alpliée, et invoqua son aïeul, INeplune qui sou- « lève les vastes mers, et le dieu qui protège de « son aie l'immobile Délos. Il leur demande pour « son front une bandelette révérée des peuples. « C'était la nuit : aussitôt la voix de son père lui « répond et l'appelle : «Viens, mon fils, suis-moi « dans une contrée où s'assembleia la Gièce ence tièie; la gloire t'y précède. — Ils arrivent aux « rocbers escarpés du mont Rionius. Là, Apol- « Ion donne à son fils un double trésor de science « piopliéti(|ue. Seul, il entendra sa voix qui ne K sait point mentii-; et plus tard, (juand Tauguste " rejeton des Alcides, l'invincible Hercule, insti- « tuera en l'honneur de son père la fête où se a pressent les peuples^ et les plus célèbres de tous « les jeux, c'est lui encore qui piédira l'avenir sur « le grand autel de Jupiter.
«D'Iamiis descend la famille des lamides, il- « lustre ()ai'mi les Grecs ^ ••>
' "K; ou TToÀuxAEiTOv xaO' "liÀXavoti; y-'^o; laaioav.
286 KLIDE.
Ce ningiiifujue récil, clans lequel la liadilion' doit tant au génie du poêle, fui composé en Thonneur d'Atjesias, vaincjueur aux jeux Olympiques. Il comptait parmi ses ancélres un devin lamide ([u'Archias le Corinlhien avait amené avec lui en Sicile, lorsqu'il y vint fonder Syracuse. C'est probablement à celle branche sicilienne qu'appartenait Callias^, lamide qui vivait en Italie au commencement du cinquième siècle. Il avait d'abord exercé son art aupiès de Télys, loi des Sybarites. Un jour, ce prince offrail un sacrifice : au moment d'enlrei- en campagne conlre les Croloniales, Callias déclara que les auspices n'étaient pas favorables. Contraint de s'enfuir pour se dérobei" à la colèie de Télys, il se réfugia à Crotone et reçut des terres considérables, que ses descendants possédaient encore au temps d'Hérodote,
Vers la même époque, d'autres lauîides étaient appelés d'Élide {)ar les Spartiates. Ils recevaient dans celte ville, si boslile aux étrangers, des honneuis inouïs : le titre de citoyen et un tombeau public.
* Pausanias cite les vers de l*indaie comme une autorité :
01 0£ 'lajjLioai xaÀoûaivoi jjlixvtsk; yEYÔvaciv ù-ko 'laixou. Tôv
oÈ eîvat TTcttoa 'AttoÀXojvoç xai Xotêîîv [jLC<vTix-/iv cpr,Giv èv âaix'x-zi
nîvootpo;.
[Élid., II, c. II.)
=■ Hérod., V, 44, 45.
LA CITÉ OLYMPIQIK. 2K7
Les dieux avaient promis à Tisainène ' (|iril serait vainqueur dans cinq mémorables tondjats ^. Sa pensée se poila nalurellemenl vers les jeux olympiques et leurs pacifiques victoires, les plus glorieuses qu'un homme put rêver. Il disputa le prix du pentathie, dont les cin(| épieuves semblaient désignées par la prédiction divine. Vain- (jueur dans les quatre piemières, il fut vaincu à la lutte. Ses espéiances, déçues de ce côlé, se repoitèrent sur des combats plus sanglants, et il attendit (ju'une armée le piît pour chef, résolu de mettre un haut |)iix à ses services. Les l,acédémoniens, superstitieux par ambition, s'empressèrent de lui faire les offres les plus avantageuses; mais il exigea, avant tout, le titre de citoyen deSparte, prétention exorbitante, (|ue les lois de Lycurgue défendaient de satisfaire. Aussi les Lacédémoniens avaient-ils d'abord renoncé au bénéfice de l'oracle; mais, à rajjproche des Perses, la crainte fut |>lus forte (pie le respect des lois: ils cédèrent. Tisamène, en habile honnne, profita de leur faiblesse pour devenir plus exigeant, et il fallut accorder la même faveur à son
' Il ('tait fils du devin Agelochus. C'est par une erreur et une confusion évidente; (|u'Hcrodote le fait à la fois ( lytiacle et lamide : ysvEo; x&û 'la,a'.0£i<)V KXuTiaÔr.v.
' Hérod., IX, 3H à iS. — Paus., Lacoii.^ II.
frère Agias. « Ce sont les seuls hommes, » ajoute Hérodote, «([ui aient jamais été admis au nombre «< des citoyens de Sparte ^ »
Du reste, un si grand sacrifice ne l'ut point inutile : l'oîade fut justifié de point en point. Les cinq grandes victoires que Sparte dut à ïisamène furent Platées, où, par une singulière rencontre, deux devins éléens suivaient chacune des armées, Tisamène celle des Grecs, Hégésistrate celle des Perses; — Tégée; — Dipéa, contre tous les Arcadiens confédérés; — Ithome; — enfin Tanagre , contie les Atliéniens et les Argiens.
Quand Tisamène mourut, entouré d'honneurs par la reconnaissance publique, ses descendants héritèrent de son crédit. Son fils Agélochus, puis son pelit-fils Agias, présidèrent aux sacrifices et aux armées. Agias procura même aux Lacédémoniens le plus précieux de leurs tri()mj)hes. Ce fut lui qui piédit à Lysandre* qu'il s'emparerait de la flotte athénienne près d'^gos-Potamos, à l'exception de dix galères, qui, en effet, se réfugièrent à Chypre. Dans leur joie, les Lacédémoniens lui élevèrent une statue de bronze, sur la place publique. Ils avaient également consacié un tombeau commun à la famille de Tisamène. Il était situé à Tex-
' Motivoi 0£ TtàvTwv àvOpwTTcov iysvo'JTo ouTOt ]STrapTi'/i~9iat cruaTToXi^tai.
' Paus., Lacon., \l et XII.
LA Cni: OLYMI'IQUK. '28!)
Irémité de la rue Apliélaïs '. On dirait que ce sont les Lacédémoiiiens qui, pour justifier l'admission des lamides dans leur cité, avaient inventé la tradition chantée par Pindare, et fait naître la nnère d'Iamus sur les bords de l'Eurotas.
Les Taniides, du reste, ne se croyaient nullement enchaînés par cette fabuleuse paretité, et n'en prêtaient pas moins leurs services aux peuples ennemis de Sparte contre Sparte elle-même, notamment aux Messéniens et aux Arcadiens.
Cresphonte, un des princes héraclides, en venant prendre possession de la Messénie, avait amené avec lui un devin de cette famille, Eumantis=*. Fendant son séjour en Arcadie, où le retint son mariage avec Mérope, il avait apprécié le talent des devins éléens. Les descendants d'Eumantis restèrent auprès des descendants de Cresphonte, et furent fidèles à leur nouvelle patrie jusqu'à son dernier jour-. Théoclus, le seul qui soit nonuné par l'histoire, exerçait son art auprès d'Aristou)ène. Ce fut lui, on se le rappelle^, qui reconnut le premier que la ruine d'Ira approchait , et (jue l'oracle d'Apollon alliul s'accomplir.
Dans leur guerre contre Sparte, lesINhintiiiéens,
' Pans., Laron., XII.
' Pitus., Mess.,\\\.
^ Vor. plus haul, p. i5/|.
290 KLIDK.
déjà membres de la W^ue achéeinie, avaient aussi à Iciif tète un Inniide, Thrasybule \ fils d'innée, qui contribua à la victoire par sa valeur autant que par ses prédictions '.
Le rôle de tous ces devins était plutôt politique (|ue religieux, et demandait plus d'habileté que d'inspiration. Appelés parles rois et les généraux pour donner à leurs projets une sanction divine, ils devenaient leurs confidents et leurs complices; ils les aidaient à conduire les peuples, à la victoire par l'enthousiasme, à la soumission par la crédulité. Il est fort indifférent de savoir jus- (ju'à quel point la conviction était compatible avec ces fonctions, et si l'art s'accommodait aux nécessités politiques par ses règles vagues et obscures, ou par sa complaisance. Ceux-là étaient, sinon les plus sincères, au moins les plus habiles, qui sauvaient aux yeux des chefs eux-mêmes la dignité de la religion, et commandaient à leur foi tout en servant leurs espérances.
Du reste, ce n'était pas seulement à l'autel et devant les entrailles palpitantes des victimes, que la voix des devins illustres était toute-puissante: elle était écoutée dans les conseils; après avoir
' Paus., Arcad.^ X.
Nl'xriV TE TOÎÇ MaVTlV£ÏÏ(7l TrpOY)YOp£Uff£ Xat aùxo'ç CTC&tTtV TOÛ EpYOU [X£T£(îyeV.
LA CITÉ OLYiM PIQUE. ^ -291
parlé au nom des dieux, ils avaient encore de rautorilé quand ils parlaient en leur propre nom. Tantôl, comme Tellias, ils invenlaient des stratagèmes que les généraux leur enviaient; tantôt, comme Tisamène, ils exhortaient les vain(|ueurs à la modération et à de sages concessions. Ce fut, en effet, par l'avis de Tisamène (jue les Lacédémoniens permirent aux Messéniens révoltés de se retirer où ils voudraient, au lieu de les réduire à un dangereux désespoir. Théoclus était le conseiller d'Aristomène, Agias celui de Lysandre, dont l'ambition bâtissait une royauté sur un faux oracle. L'ascendant (|u'ils exerçaient sur la foule par leur caractère sacré, les devins le conquéraient sui' les chefs les moins crédules par leur habileté, leurs lumièies et l'autorité de leurs services.
On comprend que des fonctions aussi importantes ne pouvaient pas être confiées au premier venu, et qu'il ne suffisait pas de savoir mettre à nu les entrailles des victimes pour être placé à la tête des armées et des républiques. C'était le privilège de certaines familles, dont l'ilinslralion remontait si haut^ (pi'elles pouvaient rattacher leur origine à un dieu. Elles prophétisaient de droit divin ; la foule ne doutait pas qu'avec un sang révéré ne se transmit le don fatidique. En même temps, l'éducation avait préparé leurs
•292 KIJDi:.
iiieinhres les plus intelligents au lôle cju'ils pouvaient être appelés à jouer, et ils attendaient Toccasion, prêts à briller, dans les conseils pai- leur sagesse, dans les combats par leur courage. Ce n'était pas seulement en Elide (|ue l'iiérédité religieuse était consacrée. A Eleusis, les Eumolpides et les CérYces; à Athènes, les Eléobutades; à Thèbes, les /Egides; à Sparte, à Sicyone, à Cyiène, les prêtr-es d'Apollon Carnien; à Delphes, les descendants de Deucalion^ étaient en possession des mystères, du sacerdoce, des oracles. Vraisemblablement, si les ténèbres et les fables n'entouraient pas le berceau de leur- lace , on trouverait que la plupart de ces familles, comme les Eumolpides, remontaient à d'anciennes théocraties qui furent peu à peu dépouillées de leur pouvoir temporel.
Mais, attachées à un temple, à une ville, elles n'avaient toutes qu'un crédit local, et ne voyaient pas, comme les Clytiades et les lamides, leurs représentants les plus habiles appelés par les peuples étrangers, comblés de biens et d'honneurs. Il semble qu'Olympie communiquât à ses devins son caractère national, et qu'ils fussent de droit les devins de toute la Grèce, de même qu'Olympie en était le commun territoire.
Du reste, pendant que quelques-uns cherchaient au dehors la richesse et la puissance, la
famille n'avait pas moins son centre, sa résidence à Olympia. A répocpie qni nous occupe, la race des Telliades s'était éleinle; mais les Clvliades et les lamides étaient encore, après treize siècles, en possession des autels. La prédichon de Pindare ' s'était réalisée. La voix d'Apollon leur révélait toujours l'avenir, soit qu'ils le consultassent sur les intérêts de leur pairie, .soit qu'ils l'interrogeassent au nom des particuliers, îlléens ou étrangers, qui venaient toujours admirer le sanctuaire d'Olympie et sacrifier à ses divinités.
C'était dans les entiaiiles des chevreaux ^ et des agneaux qu'ils cherchaient l'avenir. Mais quelques esprits, désireux d'attirer l'attention publique par des nouveautés, s'écartaient volontiers de la tradition. C'est ainsi que le devin Trasybule, lamide, s'était ciéé un genre parliculiei' de divi-
' 'loijji.ov. . . . Ttepi ôv/jTwv S' EdSffôat jjlcxvtiv Ètti^Ôovi'ok; "Eqo^^ov, oiiSé ttot' exXEi<|/£iv yaveav.
(0//w/A,VI, V. 5a.) ' MavTtxi^ 0£ \ (jt,àv epicpwv xai àpvwv te xai [jLoa)(wv ex TraÀaioS SilXr, xaOeaTwffà ic-.vi àvôpoiTTOiç.
(Paus., Elid.^ II, cil.) MîTEp w ypuffoatecpàvojv aéôXojv OùXufxTTi'a AeaTTOiv' àXaôei'a:;, tva aàvxis; avSps; 'EfxitûpOK; TcXjjLOttpdjXEvot TrapaTTEtpwvxai Aïo; àpyixepauvou.
Piiifl., OlMiip., Mil , i" stinphe.)
nation, en choisissant des cliiens poui- viclimes. C'est par là sans doute qu'il gagna la confiance des Manlinéens et devint illustre parmi ses concitoyens; car la statue ' qui lui fut élevée à Olyinpie le représentait avec un lézard sui- l'épaule droite, et l'on voyait auprès de lui un chien qu'il venait d'offrir en saciifice : le corps était séparé pai- le milieu, et le foie mis à nu. Ces innovations avaient dû se multiplier avec les siècles. A une époque où le paganisme penchait vers sa ruine, il fallait bien rajeunir la curiosité et la supeistition , pour suppléer aux croyances qui s'affaiblissaient.
Une des fonctions des devins était de travailler à l'entretien, ou plutôt à l'accroissement tlu Grand autel de Jupitei-. Quand les cuisses de la victime avaient été brûlées sur la partie supérieure de l'autel, les cendres étaient emportées au Prytanée et conservées soigneusement. Chaque année, le le 19 du mois élaphion, les devins les enlevaient, les délayaient avec l'eau de l'Alphée, et en enduisaient le grand autel. Ce singulier mode de construction, pratiqué pendant tant de siècles, avait fini par donner à l'autel des proportions gigantesques. Au temps de Pausanias ^, il avait cent
' Pans., Elcd., Il, c. II.
> Pans., Elid., \, c. Xlli.
LA CITÉ OLYiVfPIQUE. i!).")
vinjit-cinc| pieds de circonférence et vit*gl-deu\ pieds de haut.
Ligne, i 3^ : Sogcio; Sxecpavo;. — Les quatre lettres 2o(j(7. ne peuvent évidejnnu'ntapj)artenirà un nom grec : leur position , la ponctuation du mot interrompu , l'usage dont cette inscription et toutes celles de l'époque lomaine fournissent mille exemples, tout porte à penseï- qu'elles sont le commencement d'un nom romain. On trouve à Konie une famille consulaiie, du nom de Sosius, nom {[ue Plutarque écrit en grec Sogcioç
Li<j:ue \b^. — 4>au(7T£ivtavoç est le nom latin Faustinianus, dont on trouve de nombreux exemples et qui est régulièrement dérivé. Faustus, Fausliims, Faustinianus, comme Justus, Juslinus, Justinianus; Valens, Valenlinus, Yalenliiiianus, etc.
Ligne iG*^. — On voit que le nom de Tisamène s'était religieusement conservé dans la famille des la m ides.
Lignes l'-j-io: E^viyyiTat. — Il y avait des exégètes ' dans tous les teuiples considéiables de la Grèce. C'étaient les gaidiens des traditions et des coutumes sacrées, les instructeurs des jeunes prêtres et des sacrificateurs novices, les grands maîtres des cérémonies. Quelquefois même les exégètes étaient, en même lemps, les interprètes
' 'K;riYr,Trî;- îSîox; 6 =;r,YOuy.£voi; toc Upît. (Suida;».)
296 KLIUE.
des lois civiles, tels que l'étaient les Eiipatiides ' à Athènes. Mais, comme les Eléens avaient d'autres niagistiats chargés d'enseigner aux Hellanodices et les lois du pays et les usages des jeux Olympiques', le rôle des exégètes était purement religieux. Ils habitaient Olympie. Après avoir fornïé les ministres nouvellement élus, ils assistaient à tous les sacrifices ^, veillant à ce qu'on ne violât aucune règle, à ce qu'on n'omît aucune formalité.
Lorsqu'un étranger visitait le temple, l'exégète lui montrait les choses dignes d'attention, lui racontait les traditions et les fables, récitait les oracles, les vers, les inscriptions, expliquait le sujet des statues et des tableaux, nommait les artistes, etc.; en un mot il dey ena'it cicérone ^j et ne différait en rien des exégètes civils ^, qui mon- 1 raient les curiosités de la ville et du pays. Ils avaient même, comme eux et comme les guides
' EùiraTpioôiv vojjlcov SiSaffXocÂout; sivai xai ôaîwv xat
îepwv eçyjYïiTa;. (Plut., Fie de Thésée.)
' Les Nou.ocpuXax£ç. (Pans., É7/V/., c. Il, XXIV.)
3 MsXst oÈ xà Iç 6ut7t'«ç TÔi ôaoxôXto t£ xal eçr,Yvir7)
{Elid., I , c. XV.)
* f'oy. Paus., Jtt., XXXIV; Corinth., XXXI ; Mess., XXXIII ; i^//oc., XXVIII.
^ 'E;r,Yr,Tr,; T(ov ÊTriytooîcov. — Fny, Paus., Att., XXXIII,
XXXV, Xi.l, XI.II; Co/yW/., IX, XXIII; ^r//.,VI; Béoc, III.
de tous les temps, cette impitoyable mémoire qui met à de si rudes ('preuves la patience du voyageur. [)ans un dialogue de Plularque , des étrangers qui ont visité le tem[)le de Delphes se plaignent de laproiixité desexégètes et de la conscience qu'ils mettent à réciter leur leçon. « Leurs expli- « cations, >ï disent-ils, «allaient leur train ordi- « naire, et ils se souciaient fort peu de nos ins- « tances, quand nous les suppliions d'abréger «c leurs récits, et de nous faire grâce de la plupart '( des inscriptions '. j>
Selon les principes éternels de cette profession, ils débitaient aussi parfois d'innocents mensonges et s'amusaient de la crédulité des gens. C'est ainsi qu'Aristarque, exégète d'Olympie, racontait à Pausanias ^ qu'on avait trouvé dans la charpente du temple de Junon le corps d'un guerrier éléen, blessé pendant le combat que s'étaient livré, cinq^ i'/<?67e^" auparavant , les Éléens et les Lacédémoniens; il s'était traîné jusqu'au sommet du temple, s'était glissé sous les tuiles, et y avait lendu l'àme. Son coips s'était admirableinenl conseivé,
' 'Eirépaivov o't Trepiriy/iTal toi (TuvTeTaY[ji.£va, (xr,S£v rjuLÔiv cppov- Tt'ffavxeç osTiOÉvTtDv e7riT£t/.£Îv xà; hr^ai.^^ xai xa TroXÀa xojv em- Ypa.utu-axwv. (Plut., De Pythiœ Oruc, eu.)
' EUd., I , c. XXVt.
^ Sous le règne (l'Agis , fils d'Archidaiiuis , après la guerre «lu Pi'Iopoiièse.
-ii)8 ÉLIDE
à l'abri du froid pendant l'hiver, du chaud pendant l'été, et on ne l'avait découvert que du temps d'Arislarque. Comment douter d'un fait attesté par un témoin oculaire? Aussi Pausanias a-t-il grand soin de le noter sur ses tablettes '. Au reste, son ouvrage offre cent exemples de ce genre, où l'on ne sait ce qu'on doit le plus admirer, de sa crédulité ou de l'audace des exégètes qu'il écoute. Que dire, entre autres, de celui de Clilor, en Arcadie, qui le faisait leslei- sur les bords du fleuve jusqu'au coucher du soleil, pour entendre chanter ^ les poissons? L'imagination des Grecs, qui a créé un monde si riche de fables religieuses et poétiques, se plaisait à ces myslilications. C'était un jeu pour leur esprit railleur, un besoin pour leur nature fine et ingénieuse, qui aimait à embellir la réalité jusqu'au mensonge.
Mais il ne faut pas tenii- un compte trop rigoureux de ces écarts. Après tout, la relation de Pausanias, si précieuse pour les modernes, où l'on retrouve l'antiquité vivante, ses villes et ses temples debout, ses cioyances dans toutes les âmes, ses traditions dans toutes les bouches, à qui la devons-nous, si ce n'est aux exégètes de tous les pays qu'il a parcourus? Pausanias est un
' Arcad., \XI.
voyageur comme tant d'autres, qui juge peu, s'émeut encore moins, et n'a pour lui que deux qualités : la crédulité et la conscience. Sa crédulité accueille tous les renseignements; sa conscience en tient note avec la plus minutieuse exactitude. Il voyageait avec les oreilles plutôt qu'avec les yeux, compilait plus encore qu'il ne décrivait. Je ne puis me le figurer autrement que ses tablettes à la main, écrivant sans cesse sous la dictée de ses guides. Ses deux livres sur Olympie, par exemple, ce trésor où l'on ne se lasse pas de puiser, et pour la connaissance de ces jeux sj célèbres, et pour l'histoire de Tait, ne sont le plus souvent , en donnant à ces deux mots le sens le plus élevé, qu'un manuel de cérémonies et qu'un livret de musée. Tous ces détails sur les fêles olympiques, sur leurs vicissitudes, sur les rites sacrés et les règles des combats, toutes ces particularités sur les vainqueurs fet les vaincus de neuf siècles, leur nom, leur patrie, leurs exploits, leurs chutes, leurs intrigues, de (jui les tenait-il? Des exégèles. Les innond)rables statues qu'il cite, (jui lui a dit à (pielle époque, dans quelles circonstances elles avaient été élevées, quels peisonnages elles représentaient , quels artistes les avaient sculptées? Les exégètes. Les inscriptions, de quekpie secours (pi'elles (ussenl^ ne j)()uvaient contenir de sicouq)l('ls rcDseignciiients, cl Pausa-
nias lui-même, en nommant de temps en temps lesexegèles ', quand il craint que son témoignage n'ait pas assez d'autorité, nous rappelle ainsi (ju'il sont toujours à ses côtés.
Si le volume de Pausanias sui- Olympie n'est, coumie il est vraisemblable, qu'un résumé de la science des exégètes , s'ils aimaient à dérouler devant les voyageurs toutes les richesses de leur mémoire, on comprend les plaintes quelque peu railleuses de Plutarque. Mais les modernes, pour qui ces longs récits ont un bien autre intérêt, ne doivent que de la reconnaissance à ces archives vivantes, qui, sous le nom de Pausanias, ont passé à la postérité, el lui servent encore de
guides.
Lignes 20-24: V-^oGirov^ocpopoi.. — Je suis réduit à ne présenter que des conjectures sur les fonctions d'Hypospondophore. Non-seulement les textes anciens ne donnent aucun éclaircissement sur ce sujet, mais le mot lui-même n'est pas une seule fois cité par les lexiques. Sa composition est claire; le sens peut être interprété de deux manières difféientes.
' 0\ Se 'HXei'ojv I^YiYYiTai eXeyov — ô £v 'OXu[i.Tti'a I^yiyvjTïh; eïKffxev — X£Y£Tai a-r\ ■/.m si; àu-cpOTepa utto twv s^yiy'/Itiov — tou; Twv 'HXsiwv >iX-/i6£v £;r,Yr,Td;. — Ces phrases sont familières à Paiisani.is.
Ou bien c'étaietil des spontlopliores eu second (ÛTTo), des suppléants qui lemplissaient les fonctions des grands spondophores, pendant que ceux-ci parcouraient la Grèce et annonçaient la trêve sacrée.
Ou bien (et cette inlerprélation est peut-être préférable) c'étaient des jeunes gens, des enfants qui poitaient ' la coupe et le vin destinés aux libations, assistaient simplement les prêtres, leur présentaient l'encens et les vases sacrés; en un mot, ils faisaient le service des autels, comme les cdmiUes à Bome.
Les spondopbores avaient acquis en Élide une importance religieuse et politique qui ne pouvait plus s'allier avec ces liumbles attributions. 11 est croyable qu'on les avait détachées et confiées à des spondophores subalternes ^ (pie l'on choisissait, ainsi que le montrent les trois noms de cette inscription, parmi les plus jeunes fils des trois théocoles. C.omme les aînés étaient spondophores, les fonctions, quoique divisées, ne sortaient jioinl de la famille. Si les théocoles étaient des vieillards, on noumiail hypospondophoies leurs jietits-fils, les fils des spondojjhores ^.
Sur les autres tables sacrées, le ujot Otcogttov-
' T'est le sens primitif de CTrovSocpôpo;. ^ f <\y. plus lias la Iroisicnir inscriplion.
àooopoi esl leni place par bizocizov^o^yrinrcà et stti- (7T:ovfîop'/^vi(îTai. Ces mois coniposés in(li(|uenl la difficulté que l'on trouvait à distinguer par un litre difféient deux charges primitivement réunies. Elles nous apprennent, de plus, que les liypospondoplioies^/rt/z.m/e/^/ ^ pendant les sacrifices, et probablement aussi chantaient ces hymnes dont Pausanias fait mention ^. Je suppose encore que c'était un d'entie eux qui était chargé de couper avec un couteau d'or les branches de l'oliviei' aux belles couronnes^, destinées à couronner les vainqueurs.
Ces fils et ces petits-fils des théocoles, qui grandissent à l'ombre des autels et s'initient dès l'enfance au recueillement et à la piété, rappellent la tragédie d'Euripide 4, et ce jeune enfant, Ion, élevé dans le temple de Delphes, qui n'a d'autres joies que d'orner de guirlandes l'entrée du tenjple, d'en balayer le sol avec des branches de lauiier, de puiser de l'eau à la fontaine Castalie , et de
• De même, à Délos, les sacrifices étaient accompagnés de danses et de chants :
Daictov "/opoi (tuveXÔÔvte; oi [xÈv e}(^op£uov, uTrojpyoïïvxo os oî
àpiCTOl.
( Luc, Snft , § i6.) ^ E/icL, I,c. XV.
3 KaXXiCTE'^avoi;. ^ Ion, V. loo.
r.A CITÉ OLYMPIQUE. 30:J
chasser à coups de flèche les oiseaux du Parnasse, avant (ju'ils ne profanent les offrandes.
Lignes a/j-sS : S-jrovfWulai. — C'étaient les musiciens qui jouaient de la double flûte avant les libations et pendant les sacrifices. Ils accompagnaient IcvS chœurs et les danses. On voit, dans le tableau du Musée de Naples qu'on désigne sous le nom de Sacrifice a Isis^, un crov^auV/;; assis piès de l'autel et jouant de la flûte, pendant que le piètre et la foule semblent chanter un chœur ou réciter des prières communes. Le cirov^auV/:; ^, que Pausanias appelle aùV/iTYi';, était tenu d'assistei à toutes les cérémonies^ avec le théocole. Ce n'était donc pas seulement aux jours de fête qu'il contribuait à l'éclat du culte; il habitait Olvmpie, et, comme les autres ministres, voyait revenir avec chaque journée une série non interrompue de devoirs.
Quant au mot Aidç, sa position ne permet pas de supposer (jue ce soit un nominatif; ce ne j)eut être que le génitif de Zsu;. -\ ce sujet, M. Le Bas, mon savant maîhe, veut bien me communiquer une conjecture. Les Grecs, lors({u'ils affranchissaient un esclave, avaient coutume de le ven-
• Hercalamim et Potnpéi , C(]a. Firm. Didot, t. Il , p. 904.
* On disait encore yopaôXri;, upaûXr,;.
^ l>.ms., ^//r/., I, f. W.
die à un dieu. Aïoç ne serail-il pas iiii lilre donne à un esclave arfrancl)i,au lieu du nom palronvmique qui lui manque nécessairement? Le musicien ne rappelait-il pas l'origine de sa liberté?
Lignes aS-So : Su}.euç. — On appelait ainsi un des seiviteurs' du dieu chargé de fournir, tant aux villes qu'aux particuliers, le bois nécessaire aux sacrifices. Ce bois était du peuplier blanc, le seul qu'on pût brûler sur les autels de Jupiter Olympien ^. 11 était en si grand honneur parce qu'Hercule Tavait apporté le premier de la Thespiotieet planté sur les bords de l'Alphée. Le prix était fixé par un tarifa, piobablemenl assez élevé; car il est clair que les piofits de cette vente entraient dans le trésor sacré, L'affluence des pieux visiteurs'^, qui avait donné lieu à celte spéculation, devait la rendre fort pioductive. Que devaitce êlieà l'époque de la célébration des jeux?
Le fournisseur de bois était en même temps ministre du temple: on le retrouve dans le per-
» "EffTi 0£ ô ^uÀeùç ex xwv oÎxexwv tou Aiôi;^ epyov oè auTw TtpôxEiTai xà eç xàç Ôocriaç ^uXa xExayfJLSvou Xv^u-uiaxoç xat ttoXsgi TrapÉ)j^£'.v xai àvSpl tSioiXT). (Pans., Elid., I, c. XIII.)
la û£ À£uxv)ç uovY)<; çuAa xat aÂAou oevopou £Gxtv ouoîvoç.
{Ihid., XIV.) ^ TâxaYjJiÉvou Xv^auiaxo;.
4 0u£X3ti 0£ xifi Alt xat àvsu ^rj; Travriyupso); utto X£ îSto)X(7)v xat àvà TTÔtffav r,jjL£pav uttÔ 'HXtt'ojv. ,Paus., Elid., L <'• XIII.]
LA CITÉ OLYMPIOIE. 305
soiiiiel ' (les sacrifices, dont la paitie nialericlle lui était vraisemhlablement confiée. Alltuner le bois sur l'autel, entretenir la flamme, était son rôle naturel. Dans le tableau du Musée deNaples que j'ai déjà cité, on voit un des sacrificateurs activer la flamme avec un éventail : tel l'on peut se représenter le xyleus pendant la cérémonie. C'était encore à lui (|ue revenait, ce me semble, le droit d'entretenir jour et nuit le feu sacré dans le Prvtanée. Il était, de plus, en possession d'un privilège assez équivoque.
Chaque année, les magistrats venaient offrii- un sacrifice solennel à Pélops, héros national, (|ue les Eléens estimaient supérieur aux autres demidieux, autant que Jupiter l'est à toutes les divinités^. On immolait un bélier noir, dont personne ne pouvait manger, pas même le devin, sous peine de se voir- interdire l'entrée du temple de Jupiter. Seul, le xyleus recevait une part de la victime : il est vrai que c'était uniquement le cou ^.
Cet usage, qui remontait très-loin , Pausanias n'en donne pas la moindre explication. Il lui pa-
' MÉXei oÈ Ta Iç Ouffia; tw ÔeoxoXw -£ xa't tÔ) Ç'jÀeî.
» 'Hptotrtv TÔiv £v 'OXituiiria TOdoÛTOV TCpoTeTi(xyiix£vo; oaov Zïù; ^EÔJv TÔiv aXXwv. [Ibid.]
•* Tpa/'i^Aov 0£ [xo'vov 5îooa0ai xotOÉTT/iXE TÔi 6vou.aÇojjL£V(.) l\j\s,l.
{Jbiil.)
laissait [XMit-élie (oit clair, .reiilencls, à la lia^ueur, c|ue le sacrifice n'était qu'un symbole; il lepresentait le festiti de Tantale. Le bélier était f*élops; l'abstinence des assistants rappelait celle des dieux; l'entrée du temple interdite, c'était le couiroux de Juj)iler contre ceux qui inangeiaient de son petit-fils. Précisément par crainte de ce courroux, personne n'avait voulu se charger du lôle de Cérès; on l'avait imposé d'office au plus infime des serviteurs du dieu. Jusqu'ici, les rapprochements se font sans trop d'effort et de subtilité. Mais pourquoi était-ce le cou, et non pas l'épaule du bélier, qui était destiné au repas du wleus? Voilà ce que l'exégèle d'Olympie aurait pu exphcjuer à Pausanias.
/Jgne 3o : rpa|j.[i,aTeu!;. — Je n'ai trouvé aucun renseignement sur le grej^er (.VO\ymp\e. Comme Pausanias n'en parle pas lorsqu'il énun)èie les différents ministres des autels, on peut croire que ses fonctions n'avaient aucun caractère sacerdotal; mais elles n'eu avaient pas pour cela moins d'importance, si toutefois elles étaient aussi étendues que leur nom permet de le supposer. C'était lui qui tenait les registres sacrés, où étaient consignés les olympiades et les noms des vainqueurs, les événements et les particularités dignes de lemarque (pii avaient acconq)agné la célébration i des jeux.
Pendant quelques jours c'était un historiof^raphe.Mn lenqjs ordinaire, il rédigeait et conservait les délibérations et décrets du sénat olympique, tenait les comptes de l'argent qui entrait dans le trésor sacré (offrandes des villes et des particuliers, amendes auxquelles avaient été condamnés par les hellanodices les athlètes qui avaient enfreint les règlements, réconqDenses des complaisantes explications données aux étrangers par les exégètes, prix du bois vendu par le xyleus, etc.) : c'était alors le trésorier ^ xoL\).ia.c, tcov Uptov yp7i[J!.aTa)v, dont parle Aristote ^.
• Polit., I. VI,c. 8.
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