‹ Études sur le PéloponèseChapitre 51 sur 66 · L'ACILMi · texte numérisé non relu

L'ACILMi

lait dans son distiict sept à liuil l)(>nri>s lièspeuplés. Il était donc naturel (|u'elles envoyassent toutes autant de députés à l'assemblée générale qui se tenait à Hélice, et, après la destruction d'Hélice, à -^giuin , au centre de l'Achaïe. Réunie au milieu du printemps, l'assemblée réglait les alfiiires extérieures, en petit nombre, du reste, votait les lois nécessaires, lois uniformes pour toutes les villes, puiscju'elles avaient déjà les mêmes mœurs et les mêmes magistratures, nommail des délégués pour faire exécuter les lois, puis se séparait. S'il sinvenait une guerre ou une circonstance grave, ces délégués, pouvoir exécutif central, convoquaient les députés. Mais de telles occasions étaient fort rares. Les Éléens et les Arcadiens qui entouraient l'Acbaïe étaient des voisins bienveillants et pacifi(|ues; les Sicyoniens, plus remuants, étaient trop faibles pour causer de sérieuses inquiétudes. Toute l'attention de l'assemblée était concentrée sur le bien-être intérieur du pays.

Dans cliaque ville aussi se retrouvait l'égalité entre les citoyens. Adonnés à l'agriculture, j)auvres dans un pays peu fertile, sans commerce et presque sans industrie, ils ne voyaient au-dessus d'eux aucune de ces fortunes qui font naître Tambition; de même que la rareté des guerres empêcbait de se produire ces gloires ledoiilables

L'ACIIAiK. :5:{«»

(|ui s'érigent en tyrannies. L'harmonie réiinail entre les citoyens comme entre les douze \illes.

Les Acbéens étaient souvent invités par les Giecs à se mêler aux guerres cjui les unissaient contre l'étranger ou les déchiiaient entre eux. Mais, satisfaits de leur obscure et heureuse condition, ils excellaient à trouver de beaux prétextes à leurs refus. Ainsi, ils ne prirent point part aux guerres médiques, paice qu'ils ne voulaient pas obéir à un Doiien de Sparte, eux qui avaient commandé l'armée des Giecs sous les nuns de Troie ' !

La njéme raison fut alléguée, (juand les Lacédémoniens voulurent les entraîner dans la guerre du Péloponèse. Mais, comme pai' rancune conlie les Doriens cjui les avaient chassés jadis d'Argos et de Lacédémone, ils ténioignèrent à Athènes, puissance éloignée, puissance maritime, une bienveillance qui ne les exposait pas à de grafids sacrifices. Ils les laissaient descendre et caniper au promontoire Hhiu/n , cpiand leur flotte arrivait jusqu'au golfe de Corinlhe '-*. Un joui-, cependant, les Athéniens embar(pièient avec eux un corps d'Achéens \ Aussi, plus tard, les Acbéens se lais-

Paus., Jch., VI.

* Tluicyd., Il, (• ,S'..

^ hl., I. .• m.

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sèrent-ils cotiliaindre de Irès-l^oniic grâce par

Lacédémone à renoncer à celte alliance '.

Je ne sais comment ils se trouvèrent à la bataille de Chéronée ^. Peut-être l'ambition des Macédoniens les alarmait-elle sérieusement. Mais celle défaite leur servit de leçon pour se renfermer plus soigneusement que jamais chez eux, et d'excuse pour repousser les nouvelles avances des Grecs lors de la guerre Lamiaque. « Ils n'étaient pas encore remis de leurs pertes à Chéronée ^. »

Enfin , dans la guerre de Thèbes contre Sparte, ils ne consentirent à intervenir que comme arbitres, lorsqu'ils en furent priés ^'.

Ainsi, grâce à leur isolement, à leur sagesse, j'ajouterai à leur égoïsme, les Âchéens jouirent pendant six à sept siècles de la paix et d\ine médiocrité préférable aux plus brillantes destinées. A. l'époque où les grandes villes, Athènes, Lacédémone, Thèbes, retombèrent épuisées, corrompues, prêtes à la servitude, ce peuple obscur avait conservé sa jeunesse, sa sève, ses vertus; les autres Grecs, en se serrant autour de lui, crurent par ce contact se retremper et se régé-

' Ibid., c. 1 15.

' Paus., ^t//., \'l.

^ Jbid.

4 Strab., I. Mil, |). 384.

LACllAlE. ;jil

iiérer eux-mêmes. C'est ainsi f|u'il paiviiit à son loui' à l'hégémonie, el le nom achéen , lanl de siècles éclipsé, servit de nouveau de lalliemeni et de non) conmiun à la dernière confédéiation des Hellènes.

Mais, poui' prépaiei' ce nouveau rôle, une hansformation était nécessaire. Il fallait (jue la vieille constitution achéenne, moule trop élioit, fût brisée; il (allait que le danger réveillât de son égoïsme celte nation assoupie; il fallait, qu'opprimés à leur tour, ils apprissent à reconquérir et à défendre leui- patrie, et à ne plus la séparer de la patrie commune. Les intrigues des rois de JNIacédoine commencèrent cette œuvre, en semant la discorde parmi les villes de l'Acliaïe ^ Une fois divisées, elles offrirent à Démétrius, à Cassandre, à Antigone (Tonalas, une proie facile. Soumises les unes après les autres, elles reçurent les unes après les autres une garnison macédonienne el un tyran.

Mais, chez un tel peuple, la servitude ne pouvait être longue, ni le repentir tardif. Dymé, Patra- , Tritéa, Pliarae, revinrent les premières à leui' ancienne alliance^. Bientôt /Egium et Bura les imitèrent. Knfin, au knq)s de l'expédition de Pyr-

■ Polvl.., Il ... 41.

' Suai)., 1. VIN . p. ^8/,.

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